<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-2067179504561435277</id><updated>2012-01-16T08:37:23.498+01:00</updated><category term='Nouvelle'/><category term='récit'/><category term='poème'/><category term='guerre'/><category term='Michel'/><category term='Humour'/><category term='famille'/><category term='recette'/><category term='actualité'/><title type='text'>Mam-O-graphie</title><subtitle type='html'></subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2067179504561435277/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>MamLéa</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02196433866169076329</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/SaAd3eDymRI/AAAAAAAABGo/0JbYP67Rv_0/S220/Moi+1951.jpg'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>30</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2067179504561435277.post-2307630372248257489</id><published>2011-12-18T21:26:00.010+01:00</published><updated>2011-12-18T22:19:44.704+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='actualité'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='récit'/><title type='text'>Une journée avec Joachim</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Jeudi, 23 heures&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mon gros chat tigré dort sur le lit. Une tempête est annoncée pour la nuit et pour demain, et demain, nous devons impérativement aller à Nancy. On verra bien !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vendredi, 7 heures&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le chat réclame ses coquettes avec des miaulements désespérés. La nuit a été plutôt calme, mais il a beaucoup plu comme l'atteste la grosse flaque d'eau en bas de la descente du garage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vendredi, 9 heures&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le chat s'est installé derrière la fenêtre. Il regarde les nuages qui passent très vite dans le ciel, quelques feuilles qui volent dans le jardin...&lt;br /&gt;Je fais le chauffeur de monsieur que quelque vilaine douleur empêche de conduire, mais qui doit donner une conférence à Brabois aux élèves infirmiers.&lt;br /&gt;J'en profiterai pour descendre en ville. J'ai quelques courses à y faire pour Noël, un dernier cadeau à trouver.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vendredi, entre 9 heures et 9 heures 30&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A la sortie du village, nous longeons une Moselle très sale, haute et houleuse. Plus loin, la petite route passe dans la forêt. Elle est jonchée de brindilles et de faînes. Je dois éviter quelques branches un peu plus grosses. Des employés de la DDE creusent une rigole dans le bas-côté pour évacuer l'eau qui s'accumule dans un virage. Une petite pluie fine tombe irrégulièrement.&lt;br /&gt;Arrivés à Nancy, le gardien du CHU lève la barrière pour me laisser entrer. Je me faufile dans le dédale du centre hospitalier, trop juste en places de parkings. Il ya des voitures stationnées partout, rendant les croisements difficiles sur les voies trop étroites.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vendredi, 9 heures 30&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je débarque monsieur devant l'école d'infirmiers puis retrouve la sortie je ne sais par quel miracle Je mets plus d'une demi-heure à gagner le centre ville encombré. Le vent a fait tomber toutes les gousses des catalpa de l'avenue Foch dont la chaussée est jonchée.&lt;br /&gt;Comme il se doit, c'est la pagaille aux abords du pont Foch. Aussi, je rejoins le cours Léopold par le boulevard Albert 1er, ose me garer sous les arbres, choisissant néanmoins par précaution un individu jeune et bien portant : on ne sait jamais !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vendredi, de 10 heures à 11 heures 30&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je traverse sereine la place Carnot, évitant les flaques et les ruisseaux d'eau que le sable ne parvient à absorber et qui s'engouffrent... dans l'accès piétons du parking souterrain.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/-aKs3BgsEcv8/Tu5Mupv9kiI/AAAAAAAAL34/BcYuTNyCqVs/s1600/Rue%2BSaint%2BJean%2Bpluie%2B2.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 300px;" src="http://4.bp.blogspot.com/-aKs3BgsEcv8/Tu5Mupv9kiI/AAAAAAAAL34/BcYuTNyCqVs/s400/Rue%2BSaint%2BJean%2Bpluie%2B2.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5687567743780229666" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La ville est calme et la pluie légère. Rue Saint Dizier, rue des 4 églises, marché couvert : jusqu'ici, tout va bien ! Je ne révèlerai pas les magasins où je suis entrée pour ne pas dévoiler la nature de mes cadeaux, mais dans chacun, il est question de tempête et du courage qu'il fallait pour sortir par ce temps ! Au moment de traverser la place-Mengin-future-place-Charles III en chantier, il tombe des trombes d'eau ! Je me résigne à ouvrir le mini parapluie qui somnolait jusqu'ici dans mon sac. L'eau ruissèle de partout : plus difficile ici d'éviter les flaques !&lt;br /&gt;Le centre Saint Sébastien me permet de faire mon dernier achat et de joindre à pied sec la rue Saint Jean. Entre temps, les éléments se sont un peu excités. La pluie a redoublé d'intensité et le vent a forci, mettant à mal mon minable parapluie à trois sous. Sur la place Maginot, les chalets du marché de Noël sont fermés et les grilles soigneusement arrimées en empêchent l'accès. Je sens bientôt l'humidité monter dans mes chaussettes. Quant à mon bas de pantalon, il est à tordre !&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/-oybqzsg52Y0/Tu5MvC6FzqI/AAAAAAAAL4A/S4i8j6NpuiM/s1600/Rue%2BSaint%2BJean%2Bpluie.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 300px;" src="http://2.bp.blogspot.com/-oybqzsg52Y0/Tu5MvC6FzqI/AAAAAAAAL4A/S4i8j6NpuiM/s400/Rue%2BSaint%2BJean%2Bpluie.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5687567750533598882" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Vendredi, 11 heures 30 à 13 heures&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La pluie se fait plus soutenue. A Villers, sur le boulevard de Baudricourt, un pompier juché tout en haut d'une grande échelle qui obstrue la moitié de la rue, tente de mettre hors d'état de nuire une antenne TV en fâcheuse position. J'arrive néanmoins sans encombre au CHU, luttant difficilement contre la buée qui se forme sur le pare-brise, vu que j'ai mis la ventilation sur mes pieds pour les réchauffer à défaut de parvenir à les sécher. Il est midi pile quand le portier lève sa barrière pour me laisser entrer.&lt;br /&gt;Pas de place sur le parking... tant pis, je prends la place réservée au président de machin chose (sigle inconnu) jugeant peu probable qu'il arrive à cette heure-ci. La place est sous deux pins qui se tordent, mais pas de rire ! Désembuage avant de manœuvrer pour m'extraire de ma place, sans emboutir la camionnette blanche mal garée derrière moi.&lt;br /&gt;La petite route dans la forêt n'est pas moins jonchée de brindilles et de faînes qu'à l'aller, mais les employés de la DDE ont déblayé les branches les plus grosses. Un magnifique brocard me salue d'assez près avant de s'engouffrer dans un fourré. Ma petite voiture reste imperturbable sous les rafales de vent. Je suis soulagée d'arriver à bon port après ces moments de tension.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vendredi, 13 heures&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le chat affamé nous attend en haut des escaliers.&lt;br /&gt;Cette matinée m'a ouvert l'appétit. Des vêtements secs sont les bienvenus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vendredi après-midi&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le chat, excité par les rafales de vent, sort précipitamment par la chatière pour courir après les feuilles mortes qui traversent la terrasse, mais il revient vite se réfugier à l'abri sur le pas de la porte-fenêtre... avant de se réfugier définitivement à l'intérieur de la maison.&lt;br /&gt;Le vent qui tourné à l'ouest, s'engouffre maintenant dans la vallée qu'il avait jusqu'ici épargnée. Je commence à regarder avec crainte les arbres remuer dangereusement et même le poteau électrique qui alimente la maison vaciller très nettement. Le grand cyprès du jardin agite ses frondaisons dans tous les sens en signe de protestation... résistera t-il à cette tempête-ci ?&lt;br /&gt;Une mésange parvient devant la fenêtre, mais ne se pose pas au bord de la soucoupe pleine de graines de tournesol détrempées par la pluie, ne maitrisant pas son vol, tout autant que craignant le chat, excité à sa vue, derrière la vitre.&lt;br /&gt;L'après-midi passe ainsi, agitée, mais le vent finit par s'affaiblir.&lt;br /&gt;Tiens, où l'autre chat, la grisette, a t'elle donc passé tout ce temps ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vendredi, 23 heures 30&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le chat dort tranquillement sur le lit en nous attendant !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Samedi matin&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le chat a repris son poste d'observation derrière la fenêtre.&lt;br /&gt;Joachim, c'est comme cela que s'appelle cette tempête, s'en et allé ou plutôt se comble, nous envoyant par le fait des retours d'air venant du nord, plus calmes mais plus froid. La météo annonçait la possibilité de quelques flocons. Il n'en est rien et le ciel s'est même offert le luxe de nous montrer qu'il était bleu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Samedi, 14 heures&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La Moselle roule des eaux couleur café au lait, avec la mousse blanche qui va avec. Tourbillonne aux abords du pont. Charrie des troncs d'arbres dont certains de gros calibre. Nous n'aurons pas le loisir de faire le traditionnel coucou aux mariniers et plaisanciers qui ne sont probablement pas autorisés à naviguer, ce qui serait assez kamikaze ! Le Larot, rivière temporaire née d'une résurgence au milieu de la forêt, déverse ses eaux laiteuses dans la rivière. Les berges sont spongieuses, reflétant dans leurs flaques d'eau les aulnes de la rive dont les pieds sont dans l'eau.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/-d31_7bv9GYY/Tu5MuBxcs1I/AAAAAAAAL3c/zOiejgKCEg0/s1600/006.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 267px;" src="http://1.bp.blogspot.com/-d31_7bv9GYY/Tu5MuBxcs1I/AAAAAAAAL3c/zOiejgKCEg0/s400/006.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5687567733049045842" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Dans le ciel bleu, gris, noir, un large vol en V de 200 à 300 grands cormorans remonte la vallée vers l'Est. Ont-ils fui les turbulences de Joachim ?&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/-lQG87omRN8Y/Tu5MuTTjHlI/AAAAAAAAL3o/0YD-8XDD3CQ/s1600/027.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 266px;" src="http://1.bp.blogspot.com/-lQG87omRN8Y/Tu5MuTTjHlI/AAAAAAAAL3o/0YD-8XDD3CQ/s400/027.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5687567737755475538" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Samedi, dans la soirée&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le chat a passé une bonne partie de la journée dehors et rentre tard, ayant dédaigné les coussins tout comme le lit.&lt;br /&gt;Nous nous en sommes sortis sans dégâts et même si ce n'a pas été le cas pour tout le monde, on peut se réjouir que Joachim ait été plus clément que Lothar qui a ravagé le pays le 26 décembre 1999, me laissant une réelle crainte à l'annonce du moindre coup de torchon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: right;"&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;Nancy, Pierre-la-Treiche, 15, 16 et 17 décembre 2011&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2067179504561435277-2307630372248257489?l=mam-o-graphie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/feeds/2307630372248257489/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/2011/12/une-journee-avec-joachim.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2067179504561435277/posts/default/2307630372248257489'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2067179504561435277/posts/default/2307630372248257489'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/2011/12/une-journee-avec-joachim.html' title='Une journée avec Joachim'/><author><name>MamLéa</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02196433866169076329</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/SaAd3eDymRI/AAAAAAAABGo/0JbYP67Rv_0/S220/Moi+1951.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-aKs3BgsEcv8/Tu5Mupv9kiI/AAAAAAAAL34/BcYuTNyCqVs/s72-c/Rue%2BSaint%2BJean%2Bpluie%2B2.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2067179504561435277.post-8596540876571411264</id><published>2011-10-12T23:08:00.004+02:00</published><updated>2011-10-13T14:36:06.650+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='récit'/><title type='text'>Et c'est ainsi que les vaches sont entrées dans ma vie !</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/-Rd5vUFbG2YI/TpYCBZ0VlfI/AAAAAAAAKf8/DrKHY0AoUDM/s1600/Ourches%2Bvaches.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 266px;" src="http://3.bp.blogspot.com/-Rd5vUFbG2YI/TpYCBZ0VlfI/AAAAAAAAKf8/DrKHY0AoUDM/s400/Ourches%2Bvaches.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5662715804598506994" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-family:arial;font-size:85%;"  &gt;Ourches(55)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic; font-family:arial;font-size:85%;"  &gt;Été 2011&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Parisienne pendant les six premières années de ma vie, ma petite enfance n'était pas familière des animaux. Bien sûr, je fais exception de Dicko, le chien de mon grand-père et des quelques poules et lapins qu'il élevait dans son pavillon de banlieue parisienne… car le Milou lui, c'était un homme de la campagne, né au plus profond du Périgord. J'avais peut-être aussi eu l'occasion de voir quelques grosses bêtes au zoo de Vincennes et à la foire du Trône, mais de vache, point !&lt;br /&gt;C'est ainsi qu'en arrivant à Buzy, petit patelin en Meuse de quelques cinq cents âmes, je fis connaissance avec les vaches.&lt;br /&gt;Au village où nous fumes parachutés au beau milieu des années 50, beaucoup de foyers étaient agriculteurs. Les fermiers possédaient de petits troupeaux de dix à vingt vaches laitières et quelques hectares de prés et cultures où ils devaient produire, sur la glaise collante de Woëvre, de quoi nourrir les bêtes et faire vivre chichement leurs familles. Les caprices de la météo étaient alors dramatiques. "Tes sous, Papa, ils sont dans l'eau !" disait une fillette observant, l'année de ma naissance, les pluies de juillet rendant impossible les moissons.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les bêtes, c'étaient des Frisonnes. Enfin, à cette époque, on disait cela comme cela parce que de nos jours, on préfère les appeler Holstein ou Prim'Holstein, ou encore FFPN (française frisonne pie noir). Ce sont pratiquement les mêmes bêtes mais ça fait plus chic. Originaires de Hollande, et plus précisément de Frise comme leur nom ne l'indique plus. Le hasard faisait qu'à Buzy, plusieurs fermiers non parents entre eux, portaient le nom de Frizon, mais cette homonymie était pure coïncidence. Pour ma part, je ne connaissais de ce nom que notre lointain cousin Roger Frison-Roche originaire de Beaufort où il n'y a pas de vaches frisonnes mais de belles Tarines brunes. Ces vaches, qu'on les appelle Frisonnes, Holstein ou Prim'Holstein, elles ont toutes les caractéristiques correspondant à leur qualité de bonnes laitières : fesses maigres et osseuses inaptes à donner de bons beefsteaks, grosse bedaine pour digérer beaucoup d'herbe, pis rose dodu et veiné. A cette époque, elles avaient encore toutes leurs cornes dont on n'avait pas encore eu l'idée de les amputer. J'allais oublier de dire que leur robe est noire et blanche (on dit "pie noire") et que la variabilité de ces taches permettait de distinguer la Marguerite de la Gertrude ou de l'Hortense, car, on l'aura compris, chacune était affublée d'un prénom vieillot ; il est évident qu'on n'aurait pas eu l'idée de leur donner le nom de la fermière et encore moins celui de sa fille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La traite se faisait encore à la main. J'étais admirative de voir une amie âgée d'à peine 2 ou 3 ans de plus que moi qui n'en avais que six, extraire des ses vaches un liquide blanc et mousseux à l'odeur que je trouvais écœurante. Assise sur une sorte de tabouret inconfortable à une seule patte attaché à sa taille par une sangle de cuir, elle triturait alternativement deux par deux les pis roses de ses bêtes, faisant sortir le lait qui atterrissait par giclées sonores dans un seau en fer blanc placé entre ses genoux. Nous défiant d'y parvenir. Certaines bêtes étaient dociles, d'autres moins. Quant au lait "frais", c'est-à-dire tiède, je n'ai jamais aimé son odeur et son goût doucereux. Cependant, je n'ai jamais retrouvé l'arome et la délicieuse onctuosité de ce même lait bien refroidi et cru que nous allions chercher ma sœur et moi dans la ferme la plus proche. Nous guettions depuis nos fenêtres la sortie des vaches dans la cour de la ferme, certaines qu'alors la traite était terminée. Parfois, nous devions attendre que le lait soit filtré dans les grands bidons d'aluminium avant que la Paulette emplisse notre pot émaillé du litre quotidien qui était nécessaires et notre consommation. Pendant ce temps, déjà incorrigible pipelette, je lui faisais la causette sans jamais me départir de mon éternel et légendaire sourire. Si nous tardions à venir à la ferme, il fallait renoncer au lait car le laitier passait assez tôt pour la collecte. Le camion n'était pas comme maintenant équipé d'une rutilante citerne en inox réfrigérée. On y échangeait simplement deux fois par jour les bidons pleins de la traite contre des bidons vides, les cabossant dans le feu de l'action. Il ne fallait pas perdre de temps, surtout quand le ciel était à l'orage.&lt;br /&gt;Sitôt arrivées à la maison, Maman mettait, à mon grand dam, le lait à bouillir dans la casserole en aluminium réservé à cet usage. Il ne fallait pas le quitter des yeux  car il débordait très vite après que l'anti-monte lait ait commencé à grelotter dans le fond du récipient. Le lait prenait alors un vilain goût de cuit, et le nettoyage de la casserole et de la cuisinière devenait une véritable corvée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les trayeuses électriques ont fait rapidement leur apparition dans les écuries. La traite avait lieu deux fois par jour, au petit matin et en fin d'après-midi. En hiver, les vaches étaient sur place, dans l'étable que nous appelions "l'écurie". Elle hébergeait aussi un ou deux cochons ; le cheval de labour ; le chien. Cette écurie au puissant parfum âcre communiquait avec la cuisine par une simple porte. Conformément au système de l'habitat lorrain, elle constituait une travée complète, entre la façade et le jardin, le long de l'habitation composée d'une cuisine et d'une chambre, avec parfois une salle à manger entre les deux. La chaleur animale produite dans l'écurie fournissait un chauffage rustique mais économique, seule la cuisine étant chauffée par une cuisinière à bois installée dans l'ancienne cheminée et décrire laquelle il y avait parfois des poussins en couvaison artificielle. L'écurie servait aussi de lieux d'aisances en hiver quand le froid dissuadait d'aller dans cabane au fond du jardin. Il fallait bien regarder où on mettait les pieds, de chaque côté de la rigole de récupération du purin, avant de baisser culotte et nos petits derrières roses si possible pas trop près d'une vache… et nous boucher le nez ! Une bête meuglait, une autre lui répondait en écho, bruit de chaine, de sabot dans la paille, de foin avalé par un museau avide, flop d'une bouse, cascade d'urine chaude. Il faisait sombre. Pas question de s'attarder à la lecture de quelque Sylvain et Sylvette !&lt;br /&gt;À la belle saison, c'est-à-dire quand l'herbe avait commencé à verdir et qu'on ne craignait plus la neige, les vaches étaient aux prés. De ce fait, les troupeaux devaient traverser quatre fois par jour le village, laissant au passage quelques bouses qui éclaboussaient les rues, pour se rendre à la traite dans leurs écuries qui s'équipaient rapidement de trayeuses électrique. Va et vient biquotidien qui faisait le grand désespoir de Papa, car si elles s'étaient attardées un peu trop près de l'escalier de son bureau de poste, les clients indélicats ne manquaient pas de ramener sous leurs bottes ou leurs godillots quelques parcelles de l'excrément verdâtre qui laissait sur le plancher de la salle d'attente des taches tenaces et, dans tout le bureau, une odeur bien paysanne !&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/-V0g7lGcP9B0/TpYCCSYkLkI/AAAAAAAAKgk/PheoRQGDuTM/s1600/Buzy%2Bcarte%2Bf%25C3%25A9v2009.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 245px;" src="http://2.bp.blogspot.com/-V0g7lGcP9B0/TpYCCSYkLkI/AAAAAAAAKgk/PheoRQGDuTM/s400/Buzy%2Bcarte%2Bf%25C3%25A9v2009.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5662715819782843970" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-style: italic; font-family:arial;" &gt;Notre maison, à droite, était une ancienne école. On entrevoit au loin la ferme du Camille. La maison à gauche était devenue une boucherie.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Pour nous, les enfants, "aller aux vaches" avec la Claudine dans l'après-midi était une grande joie ! En effet, parfois, pendant les vacances, afin d'alléger le travail de ses parents, notre amie était parfois chargée d'aller chercher les bêtes au parc. C'était alors toute une bande de gosses qui l'accompagnait. Parfois, le chien, un teigneux qui s'accrochait à la queue des vaches pour les faire obéir, était de l'expédition. Cela facilitait la tâche quand les bêtes étaient parquées sur "la côte", de l'autre côté de l'Orne, parce qu'elles avaient alors la fâcheuse idée d'aller prendre le frais dans la rivière, au niveau du pont. Il nous était alors très difficile de les faire sortir de l'eau et des rives boueuses où leurs grosses pattes creusaient des trous profonds car nous ne pouvions nous y aventurer au risque d'y laisser nos bottes. Sinon, il fallait être patient et crier "allez, allez !" pour les convaincre de prendre le bon chemin et de passer sur le pont pour rejoindre la ferme.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/-7hOELGeLJjE/TpYCCL1v7JI/AAAAAAAAKgU/TPw82kWgnKM/s1600/Buzy%2BOrne.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 253px;" src="http://4.bp.blogspot.com/-7hOELGeLJjE/TpYCCL1v7JI/AAAAAAAAKgU/TPw82kWgnKM/s400/Buzy%2BOrne.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5662715818026200210" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family:arial;font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le fameux pont sur l'Orne. Comme sur cette carte, il y avait souvent des roulottes de "camps-volants - on disait "caramougnats"- qui s'installaient au bord de la rivière. Les célèbres "Fourneaux" étaient du lot. On craignait alors pour les poules du village.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il m'est arrivé, assez rarement, de passer quelques après midi "au pâquis de la Bulle" avec ma copine Nadette, d'une autre ferme, pour y garder les vaches. La ferme de son père n'était pas très prospère et son petit cheptel était souvent conduit au pâquis communal. L'endroit n'était pas clos. Il fallait avoir l'œil sur quatre ou cinq vaches paisibles qui broutaient les joncs de cette mauvaise prairie humide et marécageuse. Même si les bêtes demandaient peu d'attention, nous ne nous ennuyions pas... la prairie était un riche sujet d'inspiration pour nos jeux enfantins.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center; font-weight: bold;"&gt;Mais aussi les chevaux...&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Et les chevaux ? Bien sûr, chaque cultivateur en avait un  pour le labour, pour tirer l'antique moissonneuse-lieuse ou le lourd chariot de bois chargé de foin. Quand nous sommes arrivés en 1956, seul le Joseph avait un tracteur. Un engin Massey Ferguson gris qui faisait envie aux autres. Puis chaque ferme s'équipa l'une après l'autre, très rapidement. Et les chevaux ont quitté le paysage. Le Camille conserva sa jument, la Louise, pour qui il avait une réelle amitié. Elle finit sa vie paisiblement, l'été dans une verte prairie derrière la ferme, l'hiver, dans son boxe à l'entrée de l'écurie.&lt;br /&gt;J'ignorais en arrivant que l'animal puisse être dangereux et je n'oublierai jamais ce jour où je courrais inconsciente à côté de la Louise qui galopait dans le pré derrière "le Château". Je ne compris pas de suite pourquoi le Camille m'avait attrapée au vol et éloignée de l'animal en me saisissant dans ses bras tout en me gondant... j'ai retenu la leçon et je garde une certaine crainte des chevaux. Mais quand, lors d'une nuit de Noël, la Louise a mis au monde son petit poulain, la joie et l'émotion furent grandes et la veillée inoubliable. Nous avons peu dormi, ébahis par le spectacle de ce petit, debout, maladroit sur ses pattes mal coordonnées, qui tétait déjà tandis que sa mère léchait son poil encore humide. C'est nous, les enfants, qui ont eu l'honneur de lui donner le nom peu original de "Louison".&lt;br /&gt;Etonnamment naïve, du haut de mes six ou sept ans, je ne fis pas le lien entre cette naissance et celle des bébés ! Pas plus que quand les vaches se grimpaient l'une sur l'autre, je ne comprenais pas ce que cela voulait dire quand on disait qu'elles "allaient au taureau", et ne posais pas de question. Certains sujets étaient tabous malgré l'exemple que nous fournissait quotidiennement la nature !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puis, un jour, nous avons dû quitter Buzy. La promotion de Papa impliquait qu'il prenne en charge un bureau des PTT plus important. Nous avons ainsi migré pour trois interminables années dans la Thiérache aux vertes prairies et riches "vachers". Je n'y avais pas d'amies de famille d'éleveurs et j'ai pris mes distances avec les vaches qui ne redevinrent pas particulièrement nos voisines quand nous avons réintégré la Lorraine Mosellane. Mais je garde pour ces grosses bêtes bien sympathiques une grande tendresse et je leur rends souvent hommage avec mon appareil photo en leur tirant le portrait...  parce qu'elles le valent bien.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/-Oc7muouXL0Y/TpYCBhmI60I/AAAAAAAAKgI/viPMVoE5ddo/s1600/Moyenvic%2Bvache%2Bholstein%2B3.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 266px;" src="http://3.bp.blogspot.com/-Oc7muouXL0Y/TpYCBhmI60I/AAAAAAAAKgI/viPMVoE5ddo/s400/Moyenvic%2Bvache%2Bholstein%2B3.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5662715806686440258" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-style: italic; font-family:arial;font-size:85%;"  &gt;Holstein à Vic-sur-seille (57)&lt;br /&gt;Été 2011&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2067179504561435277-8596540876571411264?l=mam-o-graphie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/feeds/8596540876571411264/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/2011/10/et-cest-ainsi-que-les-vaches-sont.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2067179504561435277/posts/default/8596540876571411264'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2067179504561435277/posts/default/8596540876571411264'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/2011/10/et-cest-ainsi-que-les-vaches-sont.html' title='Et c&apos;est ainsi que les vaches sont entrées dans ma vie !'/><author><name>MamLéa</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02196433866169076329</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/SaAd3eDymRI/AAAAAAAABGo/0JbYP67Rv_0/S220/Moi+1951.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/-Rd5vUFbG2YI/TpYCBZ0VlfI/AAAAAAAAKf8/DrKHY0AoUDM/s72-c/Ourches%2Bvaches.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2067179504561435277.post-4341494406176556384</id><published>2011-09-01T19:41:00.010+02:00</published><updated>2011-09-01T21:51:57.873+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='récit'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='famille'/><title type='text'>Moyenvic, village du Saulnois (57)</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Une belle journée de fin d'été. Même si le ciel est peuplé d'un grand troupeau de moutons blancs, la chaleur est bien celle d'un après-midi d'août. Le dernier du mois.&lt;br /&gt;Dans les prairies qui longent la Seille, nous cherchons une salicorne particulière qui devrait se distinguer par sa teinte orangé. L'herbe bien verte et l'humidité de la moindre dépression témoignent d'un été qui fut capricieux. Quelques vaches noires et blanches aux fesses osseuses pâturent les prairies salées.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/-fMUFnWIj0Xc/Tl_EQjhuiMI/AAAAAAAAJ4M/aPAAkSqkT5s/s1600/Moyenvic%2Bvache%2Bholstein%2B2.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 320px; height: 214px;" src="http://2.bp.blogspot.com/-fMUFnWIj0Xc/Tl_EQjhuiMI/AAAAAAAAJ4M/aPAAkSqkT5s/s320/Moyenvic%2Bvache%2Bholstein%2B2.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5647448246439545026" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le fond de la vallée est bien plat, mal drainé par la Seille. Les traces des exploitations de sel qui firent la richesse des salines de la vallée dont les salines royales de Moyenvic sont très discrètes, voire invisibles au promeneur non averti. De l'autre côté du sentier  herbeux, les champs ont déjà été semés en colza à peine germé. Le profil de ces cultures délicatement bombé et rougeâtre se détache sur le ciel un peu trop blanc. Je me plais à imaginer que les nombreux tessons de tuiles y sont des résidus de briquetage.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/-MsCHbqDXwL4/Tl-7cug3gTI/AAAAAAAAJ4A/3VdeDzCtjL4/s1600/Moyenvic.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 182px;" src="http://3.bp.blogspot.com/-MsCHbqDXwL4/Tl-7cug3gTI/AAAAAAAAJ4A/3VdeDzCtjL4/s400/Moyenvic.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5647438559942508850" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Non loin, le village de Moyenvic s'étire le long de la route de Strasbourg. Exhibe ses maisons indécentes de laideur. Le clocher bizarre et troué  de sa vilaine église en béton tranche sur les Vosges, horizon bleuté dans le lointain, où le Donon émerge en forme de chapeau ou d'un serpent qui aurait dévoré un éléphant, telle une image volée au Petit Prince !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au nord, les pentes ensoleillées de la côte conservent quelques pieds de vigne dont le petit vin de Vic qui faisait tourner les têtes a gagné une belle reconnaissance grâce au label AOC obtenu cette année, conjointement aux "vins de Moselle". Papa, soldat à Morhange, qui en eu la tête toute chamboulée un jour de permission chez sa cousine de Vic, en serait tout étonné !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Soudain m'apparait l'image de mon aïeul Charles Paté à qui je dois mes maigres origines lorraines. Grand-père qui est "arrière", il a passé entre Vic et Moyenvic les vingt premières années de sa vie. Il fut orphelin de mère, Madeleine, la repasseuse moyenvicoise étant décédée alors qu'il n'avait pas terminé sa première année. Le décès des mères m'apparait comme une malédiction familiale qui a sévi sur plusieurs générations. Suite à la défaite en 1871, ces confins de Meurthe vont devenir confins de Moselle. Moyenvic sera juste à la frontière. Charles ne le sait pas encore. Je l'imagine comptant fleurette à quelque cousine de Vic-sur-Seille à qui il a donné rendez-vous sous les saules au feuillage argenté. Sans doute aimait-il aussi conter fleurette derrière l'église aux donzelles du village un peu godiches ou aux &lt;span style="font-style: italic;"&gt;pinéguettes&lt;/span&gt; délurées. Je l'imagine joli cœur. La guerre le conduira très probablement à combattre les Prussiens : à vingt ans en 1870, il a tout juste l'âge d'endosser l'uniforme !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qui étais-tu, Charles, fils de cordonnier, toi qui n'es jamais revenu vivre au village devenu Medewich pour de longues années d'annexion ? Toi qui abandonnas ta fille, ma grand-mère, à ta sœur après le décès de ta seconde épouse sarthoise pour vivre près de Bruxelles avec une troisième épouse, puis finiras tes jours concierge à Paris au lendemain de la première guerre mondiale ?&lt;br /&gt;Ta fille la petite Charlotte dont la tante "de Versailles" se débarrassera bien vite, gardera une grosse amertume à ton égard, et la famille t'octroiera à tort ou à raison une réputation de "chaud-lapin" qui colle à ta mémoire !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le village où je passe trop rapidement, la saline royale dont Charles fut probablement témoin de la déchéance, a disparu. Il n'en reste qu'une porte peu mise en valeur qui échappe régulièrement à mon objectif à cause d'un camion dont c'est, juste devant, le parking dominical. Les fortifications ne sont qu'un lointain souvenir, gravure conservée sur quelques parchemins, dans de vieux livres et dans les musées. Quant au village, il a disparu en 1944 sous les bombes de la Libération. Pour ce qui est de sa reconstruction et de celle de l'église, je crois que Charles serait très surpris du résultat !&lt;br /&gt;Et moi, j'imagine quelque cousinage lointain, peut-être bâtard, parmi les enfants qui jouent sur la place et m'adressent un "bonjour !" innocent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Moyenvic d'autrefois existe encore sous forme de cartes postales anciennes, émouvantes. La plupart d'entre elles a été éditée pendant l'annexion et laisse une impression bizarre avec les inscriptions en Allemand sur les commerces et des soldats en uniforme, comme si on en avait volé les souvenirs.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/-gXeSE9sw8bM/Tl_EjnVoitI/AAAAAAAAJ4c/D_yDA-uqIH8/s1600/Moyenvic%2Bannex%25C3%25A9.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 243px;" src="http://4.bp.blogspot.com/-gXeSE9sw8bM/Tl_EjnVoitI/AAAAAAAAJ4c/D_yDA-uqIH8/s400/Moyenvic%2Bannex%25C3%25A9.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5647448573880077010" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Un site internet "grain de sel" regorge de photos et de documents précieux, telle une photo de classe de 1914 où, dans une mise en scène sans faille, on voit les petites filles avec un joli col en dentelle blanche impeccable, un &lt;span style="font-style: italic;"&gt;flot &lt;/span&gt;clair dans les cheveux bien peignés  et les petits garçons coiffés du casque à pointe ou d'une casquette très militaire !&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Extrait de la &lt;/span&gt;&lt;a style="font-weight: bold;" href="http://paul.montagne.free.fr/Genealogie/heredis/accueil.htm"&gt;généalogie&lt;/a&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt; : &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Charles Joseph PATÉ (Moyenvic, 1850-Paris, 1921), fils de Charles, cordonnier, né à Vic-sur-Seille et de Madeleine Penin, repasseuse, née à Moyenvic.&lt;br /&gt;Épouses : Victoire Coquet,  puis Clémence-Émilie le Baillif (Sainte Suzanne, 1859-Paris 15ème-1899), puis Amandine Chauvin. La première lui a donné un fils, Albert et la seconde une fille, Charlotte, mon arrière-grand-mère.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Moyenvic sur &lt;a href="http://grain.de.sel.1.free.fr/spip.php?rubrique63&amp;amp;debut_articles=30#pagination_articles"&gt;"Grain de sel"&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://grain.de.sel.1.free.fr/IMG/jpg/classe_1914.jpg"&gt;L'étonnante photo de classe.&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2067179504561435277-4341494406176556384?l=mam-o-graphie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/feeds/4341494406176556384/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/2011/09/moyenvic-village-du-saulnois-57.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2067179504561435277/posts/default/4341494406176556384'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2067179504561435277/posts/default/4341494406176556384'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/2011/09/moyenvic-village-du-saulnois-57.html' title='Moyenvic, village du Saulnois (57)'/><author><name>MamLéa</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02196433866169076329</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/SaAd3eDymRI/AAAAAAAABGo/0JbYP67Rv_0/S220/Moi+1951.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-fMUFnWIj0Xc/Tl_EQjhuiMI/AAAAAAAAJ4M/aPAAkSqkT5s/s72-c/Moyenvic%2Bvache%2Bholstein%2B2.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2067179504561435277.post-8618497225693243137</id><published>2011-06-17T23:02:00.001+02:00</published><updated>2011-06-17T23:05:16.197+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='poème'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Humour'/><title type='text'>La Fouine et le chat</title><content type='html'>Le jardin de MamLéa&lt;br /&gt;Dame fouine un beau matin&lt;br /&gt;Traversa ; c'est une effrontée !&lt;br /&gt;Mamléa étant absente, ce fut sans difficultés&lt;br /&gt;Qu'elle put contourner &lt;br /&gt;La chouette petite maison &lt;br /&gt;D'Hector le hérisson &lt;br /&gt;Parti manger des limaçons.&lt;br /&gt;Elle voulait fourrer son nez&lt;br /&gt;Dans les fleurs en pleine éclosion&lt;br /&gt;Du jardin d'à côté depuis longtemps abandonné.&lt;br /&gt;Au coin d'un vieux lilas, croisa soudain le chat&lt;br /&gt;Et sa course net stoppa.&lt;br /&gt;Les bestioles se trouvant nez à nez&lt;br /&gt;Chacun l'autre toisa :&lt;br /&gt;- Ô, que vous avez de belles moustaches !&lt;br /&gt;Dit la fouine&lt;br /&gt;- Ô, quelle jolie queue en panache !&lt;br /&gt;Miaula le chat de la voisine.&lt;br /&gt;Sortant de derrière ma clématite&lt;br /&gt;Lupa provoqua la fuite&lt;br /&gt;Dos à dos du chat et de la fouine&lt;br /&gt;Le chat vers ma glycine&lt;br /&gt;La fouine vers un vieux mur &lt;br /&gt;Près duquel plus aucune culture&lt;br /&gt;Ne vient nourrir ma vieille voisine&lt;br /&gt;Partie se nourrir dans une autre cantine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Moralité : &lt;br /&gt;Quand Mamléa &lt;br /&gt;N'est pas au jardin&lt;br /&gt;C'est Lupa&lt;br /&gt;Qui chasse les gredins !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2067179504561435277-8618497225693243137?l=mam-o-graphie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/feeds/8618497225693243137/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/2011/06/la-fouine-et-le-chat.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2067179504561435277/posts/default/8618497225693243137'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2067179504561435277/posts/default/8618497225693243137'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/2011/06/la-fouine-et-le-chat.html' title='La Fouine et le chat'/><author><name>MamLéa</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02196433866169076329</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/SaAd3eDymRI/AAAAAAAABGo/0JbYP67Rv_0/S220/Moi+1951.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2067179504561435277.post-8102004087910508548</id><published>2011-03-17T18:17:00.002+01:00</published><updated>2011-03-17T18:23:17.026+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='actualité'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='poème'/><title type='text'>La terre a tremblé !</title><content type='html'>La terre a tremblé…&lt;br /&gt;Il s'est levé tôt ce matin, comme de coutume ; sur son radio réveil, le journaliste égrenait les nouvelles du jour&lt;br /&gt;La terre a tremblé…&lt;br /&gt;Il a pris son petit déjeuner, comme d'habitude, tout en lisant son journal quotidien&lt;br /&gt;La terre a tremblé…&lt;br /&gt;Puis d'un pas tranquille, il est sorti dans la rue, accompagné de son vieux chien&lt;br /&gt;La terre a tremblé…&lt;br /&gt;Bonjour, Jules ! Bonjour madame Germaine !&lt;br /&gt;Ha oui ! La terre a tremblé…&lt;br /&gt;Il est entré au café du coin, a commandé son habituel petit crème&lt;br /&gt;Salut, Louis !&lt;br /&gt;T'as vu ? La terre a tremblé…&lt;br /&gt;La journée s'est écoulée, tranquille, égrenant ses habitudes immuables&lt;br /&gt;La baguette à la boulangerie du coin&lt;br /&gt;La sieste au fond du canapé&lt;br /&gt;Le loto au tabac du quartier&lt;br /&gt;L'autre promenade du chien&lt;br /&gt;Le soir, il a allumé son téléviseur&lt;br /&gt;Regardé les images qui tournaient en boucle&lt;br /&gt;La terre a tremblé…&lt;br /&gt;Là-bas, de l'autre côté de la terre !&lt;br /&gt;Il s'est couché de bonne heure, comme d'habitude&lt;br /&gt;Et dans ses insomnies nocturnes, il a pensé au chien, au petit crème, à Germaine, au loto&lt;br /&gt;La terre a tremblé…&lt;br /&gt;Tout là-bas, au Japon ! &lt;br /&gt;C'est loin le Japon…&lt;br /&gt;De l'autre côté de la terre&lt;br /&gt;Où la terre a tremblé…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/-aUNWew5TIWE/TYJDYwnYoYI/AAAAAAAAH78/yMX6y6i2M1w/s1600/Homme%2Bchien.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 186px;" src="http://4.bp.blogspot.com/-aUNWew5TIWE/TYJDYwnYoYI/AAAAAAAAH78/yMX6y6i2M1w/s400/Homme%2Bchien.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5585100580538851714" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2067179504561435277-8102004087910508548?l=mam-o-graphie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/feeds/8102004087910508548/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/2011/03/la-terre-tremble.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2067179504561435277/posts/default/8102004087910508548'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2067179504561435277/posts/default/8102004087910508548'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/2011/03/la-terre-tremble.html' title='La terre a tremblé !'/><author><name>MamLéa</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02196433866169076329</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/SaAd3eDymRI/AAAAAAAABGo/0JbYP67Rv_0/S220/Moi+1951.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-aUNWew5TIWE/TYJDYwnYoYI/AAAAAAAAH78/yMX6y6i2M1w/s72-c/Homme%2Bchien.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2067179504561435277.post-7332913339485954746</id><published>2011-03-13T23:20:00.006+01:00</published><updated>2011-03-14T20:25:19.541+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='récit'/><title type='text'>Verdun (3/3 - Back home)</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Retour à la réalité et à l'air frais après une rapide visite à la bibliothèque du mémorial. Nous y avons retrouvé nos amis avec qui nous avons un peu bavardé devant les canons. Ils étaient étudiants à Paris I (Sorbonne) en relations internationales. Ils venaient de Shanghai et étaient donc chinois. Le garçon était en France depuis 3 ans et préparait un master et la fille, qui  maitrisait à peine moins bien le français que lui, n'était en France que depuis 2 ans. Elle avait d'abord passé un an à Clermont-Ferrand, "ville au calme propice à se concentrer sur ses études" !&lt;br /&gt;Le jeune homme a souhaité immortaliser notre rencontre par une dernière photo prise sur le parvis… Lorsqu'ensuite ils nous ont demandé ce qu'il y avait à voir d'intéressant dans le coin, nous avons été assez  embarrassés ! Que conseiller aux alentours de Verdun à deux étrangers à pied voulant prolonger leur séjour d'une journée ? J'ai pensé à l'Argonne, mais la forêt, en cette saison… au musée de la faïencerie de Rarécourt et au village de Beaulieu... Nous n'étions pas plus convaincus qu'eux.&lt;br /&gt;- Pourquoi pas Metz, juste un peu plus loin…&lt;br /&gt;- mais comment y aller depuis Verdun ?...&lt;br /&gt;- Sommes-nous bêtes : pourquoi pas Nancy ? Toul où l'on va n'est pas très loin, on peut vous y conduire ! Proposition acceptée. Nous ferons la route en leur compagnie, témoins de leurs étonnements tout au long du trajet. La nuit épaisse n'est éclairée que par les pâles lumières de quelques villages dispersés en Woëvre.&lt;br /&gt;- C'est très rural ! De quoi vit-on ici ? Qu'y cultive-t-on ? Y a-t-il des commerces ? Comment les habitants s'approvisionnent-ils ? Y a-t-il des écoles ?&lt;br /&gt;En échange, nous avons un peu parlé de leur pays, dont le revenu moyen de quelques 300 euros mensuels (à Shangaï) ne suffit pas à un loyer d'étudiant à Paris… Ils ne paraissaient pas être issus de milieu trop défavorisé, mais ils devaient travailler pour compenser l'absence de bourse d'études. Le garçon avait enseigné en banlieue parisienne, trouvé l'accueil de ses collègues français pas très cordial, les parisiens pas toujours très sympathiques, le métro à peine moins désagréable qu'en Chine avec les mêmes bousculades, les mêmes gens pressés, indifférents les uns aux autres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il était un peu plus de 19 heures quand nous les avons déposés devant la gare de Nancy où ils souhaitaient échanger leur billet de train. Nous leur avons simplement indiqué la place Stanislas et les quartiers à visiter, les endroits où se restaurer, du plus gastronomique au plus modeste et ils ont ri sur mon évocation du restau U. Les spécialités lorraines semblaient les intéresser et ils ont pu vérifier sur leur mini ordinateur à quoi ressemblait une quiche Lorraine ! Sur la possibilité éventuelle de visiter un musée, nous leur avons conseillé le musée Lorrain : ce qui a valu leur approbation. J'ai supposé que pendant le trajet, ils avaient fait quelques recherches sur leur iPhone car ils ne nous ont pas posé plus de questions. Il faut reconnaitre qu'avec la technologie actuelle, ce genre d'expédition est bien moins hasardeuse qu'elle ne l'aurait été il y a quelques années. Je me demande s'ils n'ont pas diné à l'Excelsior : leur admiration bien que discrète lorsque nous avons fait le tour de la place Thiers pouvant le laisser supposer !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Peut-être que si notre séjour à Paris avait été prévu moins bref, nous aurions eu l'occasion de les y revoir ! Nous nous sommes excusés, ils n'ont pas insisté !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dawei et Xiaolei ont inscrit leurs noms et signé la page de garde de "Orages d'Acier" acheté à l'ossuaire…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/-wC1KQ8VyiC4/TX1EUPKazII/AAAAAAAAH4U/Op91psPEI6o/s1600/Orages%2Bd%2527acier.jpg"&gt;&lt;img style="display: block; margin: 0px auto 10px; text-align: center; cursor: pointer; width: 247px; height: 400px;" src="http://2.bp.blogspot.com/-wC1KQ8VyiC4/TX1EUPKazII/AAAAAAAAH4U/Op91psPEI6o/s400/Orages%2Bd%2527acier.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5583694227467586690" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2067179504561435277-7332913339485954746?l=mam-o-graphie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/feeds/7332913339485954746/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/2011/03/verdun-33-back-home.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2067179504561435277/posts/default/7332913339485954746'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2067179504561435277/posts/default/7332913339485954746'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/2011/03/verdun-33-back-home.html' title='Verdun (3/3 - Back home)'/><author><name>MamLéa</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02196433866169076329</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/SaAd3eDymRI/AAAAAAAABGo/0JbYP67Rv_0/S220/Moi+1951.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-wC1KQ8VyiC4/TX1EUPKazII/AAAAAAAAH4U/Op91psPEI6o/s72-c/Orages%2Bd%2527acier.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2067179504561435277.post-7496706755499736308</id><published>2011-03-06T11:40:00.003+01:00</published><updated>2011-03-06T11:53:28.336+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='récit'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='guerre'/><title type='text'>Verdun (2/3 - Wood cross, iron cross)</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J'avais cru que la forêt de Verdun ne serait que forêt et que je retrouverais celle, familière, plaisante même parfois, que j'avais arpentée carte en mains pour le compte de l'ONF il y a près de quarante ans. Je l'avais aussi tant de fois fréquentée dans mon enfance, quand, débarqués dans un village de Meuse, nous emmenions famille et amis parisiens visiter ces hauts lieux historiques. Nous y allions parfois même ramasser des escargots ou des champignons.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n'en fut rien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Premier arrêt au carrefour de la chapelle Sainte Fine ; le lion de Souville y a moins fière allure que son cousin de Belfort. Quelques cyclistes sont passés sur la route, avant de disparaitre dans la brume, s'interpellant joyeusement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/-u0x0seqrwrE/TXNlN1xwT6I/AAAAAAAAH0E/zGyxOLf8oH8/s1600/Fleury.jpg"&gt;&lt;img style="display: block; margin: 0px auto 10px; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 267px;" src="http://1.bp.blogspot.com/-u0x0seqrwrE/TXNlN1xwT6I/AAAAAAAAH0E/zGyxOLf8oH8/s400/Fleury.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5580915651690647458" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Second arrêt à Fleury-devant-Douaumont, un des villages "mort pour la France". Nième visite. Aussi émouvante que si c'était la première. Difficile de ne pas imaginer les nombreuses fermes avec leur lot de poules et de canards en liberté picorant la boue des usoirs ; l'école avec ses écoliers turbulents regardant la neige tomber à gros flocons derrière les hautes fenêtres ; le curé sonnant l'angélus de midi en tirant sur la grosse corde… Toutes ces images se sont évanouies dans la froidure du vent, ne laissant à notre vue qu'une assez vilaine chapelle au milieu de ruelles fantômes, cabossées, herbeuses, hérissées de vieux épicéas et de quelques arbres fruitiers encore dénudés. À l'exception de quelques pierres éparses, les panonceaux "EXPLOITATION AGRICOLE-BAUERHOF-FARM", "BOULANGER- BÄCKER-BAKER", "TISSERAND-WEBER-WEAVER", "PLOMBIER, KLEMPER-PLUMBER", "ÉCOLE-SCHULE-SCHOOL" y sont les seuls témoins du passé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Douaumont ensuite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/-XV4Mmrzx9hY/TXNlNon1_JI/AAAAAAAAHz8/mXeWsTJyqV8/s1600/Douaumont.jpg"&gt;&lt;img style="display: block; margin: 0px auto 10px; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 267px;" src="http://1.bp.blogspot.com/-XV4Mmrzx9hY/TXNlNon1_JI/AAAAAAAAHz8/mXeWsTJyqV8/s400/Douaumont.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5580915648159415442" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Toutes ces croix blanches et bien alignées ont rapidement éveillé la vision du champ de bataille dont il reste encore les trous d'obus emplis d'eau, les tranchées qui serpentent mollement entre les épicéas ou les pins, le sol bosselé hérissé çà et là de vieilles ferrailles ou jonché de barbelés rouillés. J'ai alors entrevu l'image de tous ces hommes jeunes dont tout espoir a été stoppé net dans une tranchée boueuse, dans un fort glacial, dans une sape torride, dans un assaut aussi désespéré que fou…&lt;br /&gt;Douaumont n'a pas trop changé depuis mon enfance. Un nouveau monument en hommage aux combattants musulmans a poussé en symétrie du monument à la mémoire des soldats juifs et devant la nécropole, une nouvelle plaque commémore la présence de Mitterrand et Helmut Kohl main dans la main en signe d'une ultime réconciliation, espérée, souhaitée, théâtrale mais néanmoins sincère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bref, des pensées confuses tournaient dans ma tête tandis que nous traversions le cimetière pour nous rendre à l'ossuaire. C'est alors que nous avons été interpelés par deux jeunes personnes dans lesquelles nous avons reconnu les deux touristes asiatiques du matin. Ils étaient à pied et voulaient voir un village détruit. Après une brève incursion dans l'ossuaire en travaux où j'ai fait l'acquisition du livre Orages d'acier d'Ernst Jünger qui manquait gravement à ma culture, nous avons conduit jusqu'à Fleury les deux jeunes gens à qui nous avions fixé rendez-vous sur le parking. Ils devaient prendre à la gare de Verdun un train pour Paris. Nous avions largement le temps de visiter le mémorial avant de les y conduire ; n'étions-nous pas venus dans ce but ? J'en avais les quelques souvenirs lointains d'une première visite il y a une vingtaine d'années pour avoir, en tant que parent d'élève, accompagné les enfants de mon village lors d'une sortie scolaire. A* faisait partie du lot. Je m'étais promis de revenir car à l'époque, il était plutôt question de surveiller les gosses que de contempler le contenu des vitrines. Je les découvrais quasiment donc. La reconstitution d'un champ de bataille au centre du musée m'avait alors étonnée. Ce fut aussi le cas pour les gamins. Cette fois, elle m'a paru artificielle et décevante, tout comme la présence trop obscure des deux avions. Quant aux vitrines, alignées sur deux nivaux, elles présentent une juxtaposition émouvante d'objets français et allemands placés côte à côte dans une cohabitation définitive et pacifiste. L'exposition temporaire présentait des œuvres d'écrivains et de poètes soldats en 14/18 dont certains sont morts au combat. Nous avons enfin assisté à la projection du film "In Mémoriam" où se mêlent documents d'archives et images contemporaines dans une évocation bouleversante et bien faite avec illustration sonore de documents d'archives et de la marche funèbre d'une quelconque symphonie familière mais dont le nom du compositeur refuse de quitter le bout de ma langue. En lieu et place de générique défile un bilan sinistre de chiffres, dates, blessés, morts, villages détruits… Seule la lourde extrapolation aux conflits contemporains dans laquelle la France est encore engagée m'a parue autant hors sujet que partisane !&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2067179504561435277-7496706755499736308?l=mam-o-graphie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/feeds/7496706755499736308/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/2011/03/verdun-23-wood-cross-iron-cross.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2067179504561435277/posts/default/7496706755499736308'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2067179504561435277/posts/default/7496706755499736308'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/2011/03/verdun-23-wood-cross-iron-cross.html' title='Verdun (2/3 - Wood cross, iron cross)'/><author><name>MamLéa</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02196433866169076329</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/SaAd3eDymRI/AAAAAAAABGo/0JbYP67Rv_0/S220/Moi+1951.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-u0x0seqrwrE/TXNlN1xwT6I/AAAAAAAAH0E/zGyxOLf8oH8/s72-c/Fleury.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2067179504561435277.post-4858806863307948359</id><published>2011-02-22T22:34:00.016+01:00</published><updated>2011-03-06T11:53:15.201+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='récit'/><title type='text'>Verdun (1/3 - Downtown )</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;C'est l'acquisition providentielle de billets d'entrée gratuits au mémorial expirant fin février qui ont conduit nos pas, ou plutôt nos roues, à Verdun ce jeudi 17 février.&lt;br /&gt;Il faisait plutôt frisquet et la sensation de froid était aggravée par un petit vent du nord qui longeait perfidement la Meuse et par le manteau un peu trop léger que j'avais enfilé à la hâte en partant. J'avais cru naïvement que le lendemain d'un si printanier mercredi serait aussi doux que la veille !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La ville somnolait dans une torpeur grise et brumeuse que quelques passants pressés, emmitouflés dans des manteaux noirs, animèrent sur le coup de midi. Nous aurions été visiblement les seuls touristes sans ce couple aux yeux d'Asie qui prenait des photos du fleuve depuis le pont Fernand Legay ! Engoncée dans mes préjugés, j'imaginais que ce ne pouvait être que des touristes Japonais !&lt;br /&gt;J'eus au passage une pensée émue pour le pont provisoire que j'avais connu avant celui-ci dans le milieu des années 50 et de l'inauguration en grande pompe du pont tout neuf, avec les vibrations produites par les soldats marchant au pas qui avaient résonné intensément dans ma jeune poitrine.&lt;br /&gt;Je tendais presque l'oreille pour entendre au loin le canon dont un grondement lointain n'eut pas paru si anachronique ! À quelques jours près c'était l'anniversaire de la première offensive allemande. Mais non, Verdun était bien paisible. Entre la porte Chaussée et le marché couvert, le tour du centre ville fut vite fait.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/-v6bE6IWu7Ug/TWQs60r5gHI/AAAAAAAAHyA/woXlQ84TXVk/s1600/Rue%2BMazelle%2B1.jpg"&gt;&lt;img style="display: block; margin: 0px auto 10px; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 266px;" src="http://3.bp.blogspot.com/-v6bE6IWu7Ug/TWQs60r5gHI/AAAAAAAAHyA/woXlQ84TXVk/s400/Rue%2BMazelle%2B1.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5576631627678318706" border="0" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;span style="font-size:85%;"&gt;(Rue Mazelle)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le Saint Hubert, restaurant ouvrier de la rue des Gros Degrés que je fréquentais dans les années 73/74 et dont je conservais un bon souvenir n'existant plus, il y avait encore le choix pour déjeuner. Snobant la table du Coq Hardi, l'heure n'étant pas à la gastronomie, nous sommes rentrés dans un petit restaurant du quai de Londres qui nous a paru bien agréable avec ses nappes à carreaux rouges et ses grappes d'ail et d'oignons pendues au plafond. Quelques habitués et le couple aux cheveux couleur d'ébène ne remplissaient pas vraiment la salle. Le café avalé, renonçant à une promenade en ville Haute, nous avons regagné la voiture qui nous attendait rue Saint Sauveur, presqu'en face de l'ancienne entrée du lycée Margueritte, tout en empruntant le chemin des écoliers. Je garde un souvenir confus de ce vieux quartier du temps où les promenades d'internat du jeudi et du dimanche n'ont laissé dans ma mémoire que les images sombres des fortifications et celles plus chaleureuses de la boulangerie dont parfois les "pionnes" nous autorisaient l'accès, seul agrément de ces après-midi bien moroses.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/-sXh_0f7UAJo/TWQvvioUHeI/AAAAAAAAHzU/d0JirFIIaKE/s1600/Lyc%25C3%25A9e%2BMargueritte-%2Bcour.jpg"&gt;&lt;img style="display: block; margin: 0px auto 10px; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 266px;" src="http://1.bp.blogspot.com/-sXh_0f7UAJo/TWQvvioUHeI/AAAAAAAAHzU/d0JirFIIaKE/s400/Lyc%25C3%25A9e%2BMargueritte-%2Bcour.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5576634732387769826" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Contournant le pâté de maisons, j'ai retrouvé le portail métallique de l'entrée des externes par lequel je pénétrais dans la cour du lycée le lundi matin ; le dimanche soir, c'était par l'entrée d'honneur. J'avais onze ans. Tout à côté, des canards s'ébattaient en toute liberté sur le canal Saint Airy dédaignant un tapis qui séchait sur un parapet.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Puis nous sommes "montés" en forêt en passant par le Faubourg Pavé dont je n'ai reconnu en passant que le cimetière militaire, débarrassé de son environnement de casernes et de bars à soldats américains des bases de l'OTAN qui avaient succédé aux "Sammies".&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2067179504561435277-4858806863307948359?l=mam-o-graphie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/feeds/4858806863307948359/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/2011/02/verdun-downtown.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2067179504561435277/posts/default/4858806863307948359'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2067179504561435277/posts/default/4858806863307948359'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/2011/02/verdun-downtown.html' title='Verdun (1/3 - Downtown )'/><author><name>MamLéa</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02196433866169076329</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/SaAd3eDymRI/AAAAAAAABGo/0JbYP67Rv_0/S220/Moi+1951.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/-v6bE6IWu7Ug/TWQs60r5gHI/AAAAAAAAHyA/woXlQ84TXVk/s72-c/Rue%2BMazelle%2B1.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2067179504561435277.post-8869882200417130707</id><published>2011-01-19T22:36:00.006+01:00</published><updated>2011-01-22T12:46:49.101+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='recette'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='récit'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Humour'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='famille'/><title type='text'>La charlotte de Noël</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Et si on innovait ? a dit A*, proposant comme dessert de Noël une charlotte plutôt qu'une traditionnelle bûche de Noël ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Pourquoi-pas ? lui répondis-je avec enthousiasme et après examen de la recette d'une "Charlotte rose aux fruits rouges" ***** du journal des femmes, sur l'internaute.com.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Coup d'œil rapide sur la recette :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Les groseilles, j'ai : la récolte de l'année ayant été intégralement congelée.&lt;br /&gt;- Les framboises, j'ai : les surgelées de Cora sont très bonnes.&lt;br /&gt;- Je peux même ajouter quelques cassis : j'ai encore la récolte de l'année au congélateur.&lt;br /&gt;- Sucre, crème, citron : ce n'est pas un problème.&lt;br /&gt;- Suffit d'acheter la gélatine et les biscuits roses de Reims. J'ajoute ces 2 éléments à ma liste de commissions.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Préparation 20 minutes ; repos 720 minutes (pourraient pas dire 12 heures, comme tout le monde) : en faisant la charlotte le matin, ça devrait être bon !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Courses à Cora quelques jours à l'avance pour éviter la foule, avec l'aide (pas toujours éclairée) de monsieur.&lt;br /&gt;- Je ne trouve pas la gélatine !&lt;br /&gt;- A quoi ça ressemble ?&lt;br /&gt;- Ben, à des feuilles de papier transparent !&lt;br /&gt;Exploration du rayon "aide à la pâtisserie", Vahiné c'est gonflé et Alsa vous gonfle. Finalement, on trouve de la gélatine en poudre ! Tant pis : ça doit bien faire le même effet ? Le poids correspond aux besoins, va pour les 12 g de gélatine en poudre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne trouve pas de biscuits roses de Reims, pas plus que de blancs non plus.&lt;br /&gt;Je dédaigne les vulgaires boudoirs (les rose-cochenille comme les blancs) et me rabat sur des biscuits à la cuillère premium. Il en faut 20, donc la boite de 30 convient parfaitement.&lt;br /&gt;Suit une grosse discussion philoso-gastronomique avec monsieur sur la différence entre les boudoirs, les biscuits à la cuillère, les biscuits à Champagne, les biscuits de Reims (les roses comme les blancs !) : nous ne tombons pas d'accord.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Suite des courses quelques jours plus tard au Grand Frais de Dommartin : je trouve de la gélatine en feuille. J'achète : la poudre pourra toujours servir à autre chose.&lt;br /&gt;Pas plus de biscuits de Reims roses que de blancs.&lt;br /&gt;Désespoir d'A* qui m'envoie la photo1 prise sur son téléphone depuis le Monop en face de chez lui où il y en a.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/TTrCs1b0rYI/AAAAAAAAHck/XxDbz9QxAgY/s1600/Biscuits%2Broses.JPG"&gt;&lt;img style="display: block; margin: 0px auto 10px; text-align: center; cursor: pointer; width: 320px; height: 239px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/TTrCs1b0rYI/AAAAAAAAHck/XxDbz9QxAgY/s320/Biscuits%2Broses.JPG" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5564974365083479426" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Et photo2 de biscuits à la cuillère sur lesquels on peut se rabattre !&lt;br /&gt;Texto à A* pour lui signifier :- C'est bon, A*, j'ai des vrais biscuits à la cuillère-pas-boudoirs-t'encombre-pas-de-biscuits-de-Reims, sauf si ça risque de gâter ton réveillon.&lt;br /&gt;Je le sens pas convaincu et un peu dépité !&lt;br /&gt;Courses dernière minute à Toul : pas des biscuits de Reims au Casino ! Le Proxy de la place du marché est définitivement fermé. Finalement, je passe chez Laroppe pour le cadeau de monsieur… blablabla avec Vincent :&lt;br /&gt;-Il n'y a plus que Casino comme commerce alimentaire à Toul ?&lt;br /&gt;Blablabla…&lt;br /&gt;-Parce que je cherche des biscuits roses de Reims !&lt;br /&gt;- Mais j'en ai !&lt;br /&gt;- Haaaaaaaaaaaaaaaaaa ?!&lt;br /&gt;- Oui, on essaye d'avoir tout ce qu'on ne trouve pas ailleurs.&lt;br /&gt;Je jubile !&lt;br /&gt;- Sauf qu'on est en rupture de stock : je n'ai que des petits !&lt;br /&gt;Je dé-jubile.&lt;br /&gt;- C'est pour faire une charlotte !&lt;br /&gt;Mais çà marche très bien aussi, les petits !&lt;br /&gt;Je quitte le magasin de la rue Jeanne d'Arc encombrée du (lourd) cadeau pour monsieur, de deux grandes bouteilles de bière "Chaouette" brassée artisanalement à Saizerais (qu'on ne boira même pas !) et du précieux paquet de petits biscuits roses de Reims, des vrais, qui pourront toujours servir…&lt;br /&gt;SMS à A* : G D roZ !&lt;br /&gt;Réponse : Me v'la soulagé !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jour J pour faire la charlotte, on n'est pas trop de 3 !&lt;br /&gt;A* s'occupe des fruits : décongélation, moulinage, passage au tamis (avec quoi ? Chinois ? Moulinette ?).&lt;br /&gt;- Moi, je n'aurais pas filtré…&lt;br /&gt;La pâte est assez visqueuse et épaisse… mais en insistant bien, ça passe dans le chinois.&lt;br /&gt;L* s'occupe de la gélatine avec dextérité. Moi, je pèse, prépare le sirop, monte la crème en Chantilly, prépare les biscuits.&lt;br /&gt;Nous nous mettons à trois pour chemiser le moule… mais quel moule ? Il y a le choix entre 3 ou 4 récipients dont un que j'ai acheté tout exprès ! Opération découpage du papier sulfurisé, avec le secours de monsieur, parce qu'il faut refaire le rond du fond que j'ai malencontreusement mis à la poubelle et que ça urge parce que la gélatine doit être à point ! Quatre mains et quelques pinces à linge sont nécessaires pour soutenir le chemisage tandis que je trempe (rapidement, dit L*) les biscuits dans le sirop. Les petits nous ayant laissés dubitatifs sur la solidité finale de l'édifice, nous avons opté pour une solution batarde : des petits biscuits roses de Reims dans le fond, des biscuits à la cuillère pour le tour.&lt;br /&gt;Deux heures, environs, plus tard (qui avait dit 20 minutes de préparation !) la charlotte est engouffrée dans le frigo pour 12 heures de repos bien mérité. Quant à nous, on s'attaque à l'abondante vaisselle et rangeons le bric-à-brac des ingrédients, appareils et autres accessoires ayant servi à la confection du précieux dessert.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sub-12 heures plus tard : démoulage parfait ! La charlotte est solide et ne s'écroule pas. On passera sur son petit défaut : la crème qui est un peu passée entre les biscuits, et ça ne ressemble pas du tout à celle de la photo. (Non contractuelle : c'était une suggestion de présentation ! D'ailleurs, ce n'est pas possible qu'il y ait 30 biscuits dans celle présentée.)&lt;br /&gt;- Mam', t'as de la menthe ?&lt;br /&gt;Zut, j'avais zappé qu'il fallait de la menthe… Celle du jardin est sous la neige, celle que j'ai desséchée n'est pas engageante, et je n'ai pas pensé à en acheter.&lt;br /&gt;Mine déconfite d'A* ! Tant pis, y aura pas la pointe de verdure qui fait que c'est plus joli et dont le goût s'assortit bien avec celui des fruits rouges !&lt;br /&gt;Ben sinon, la charlotte, elle était très jolie avec les fruits qu'on a mis dessus et qui cachaient les biscuits roses de Reims ! Elle fut même délicieuse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La prochaine fois, j'm'y prendrai plus tôt pour acheter les biscuits idoines ; on aura l'expérience pour manier la gélatine, j'achèterai de la menthe fraiche et on ne mettra peut-être qu'une heure pour la préparation !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au fait, sur la recette, c'était écrit : "Une charlotte idéale en été, pour un anniversaire", recette difficile !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si ça vous tente, la recette est &lt;a href="http://www.linternaute.com/femmes/cuisine/recette/306722/1169252741/charlotte-rose-aux-fruits-rouges.shtml"&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2067179504561435277-8869882200417130707?l=mam-o-graphie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/feeds/8869882200417130707/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/2011/01/la-charlotte-de-noel.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2067179504561435277/posts/default/8869882200417130707'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2067179504561435277/posts/default/8869882200417130707'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/2011/01/la-charlotte-de-noel.html' title='La charlotte de Noël'/><author><name>MamLéa</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02196433866169076329</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/SaAd3eDymRI/AAAAAAAABGo/0JbYP67Rv_0/S220/Moi+1951.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/TTrCs1b0rYI/AAAAAAAAHck/XxDbz9QxAgY/s72-c/Biscuits%2Broses.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2067179504561435277.post-4137476850949479364</id><published>2011-01-07T18:55:00.005+01:00</published><updated>2011-01-07T21:25:10.387+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='récit'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='famille'/><title type='text'>(Sa)pin de Noël</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Lupa et moi ayant été habitués depuis notre plus tendre enfance à la présence d'un sapin de Noël, ce symbole forestier, dont l'origine se perd dans la  nuit des temps, a tenu au fil des années une place incontestable dans chaque mois de décembre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le premier de notre vie de couple fut symbolisé par des branches de noisetier peintes en blanc et garnies de quelques boules que notre maigre bourse d'études avait permis d'acheter. Le tout fut placé sur le buffet dans mon unique vase. Pourtant cette année-là, nous n'avons pas passé Noël dans le F2 meublé que nous louions au CROUS au dixième étage du bloc "les Pélicans" à Vandœuvre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/TSdyGHLMBDI/AAAAAAAAHTA/wnhrv4wjpOA/s1600/No%25C3%25ABl%2B74%2BNB.jpg"&gt;&lt;img style="float: left; margin: 0pt 10px 10px 0pt; cursor: pointer; width: 237px; height: 320px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/TSdyGHLMBDI/AAAAAAAAHTA/wnhrv4wjpOA/s320/No%25C3%25ABl%2B74%2BNB.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5559537714342921266" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Puis l'arbre se fit épicéa, laissant malencontreusement et irrémédiablement quelques aiguilles dans la moquette. Il y eu une ou deux années de suite un sapin pectiné, sommes toutes assez malingre, prélevé dans des semis naturels d'une forêt près de Lunéville où j'avais cartographié.&lt;br /&gt;Petit à petit, le stock de boules, guirlandes et autres ornements s'est mis à croître, passant d'une boite à chaussure à un carton plus volumineux.&lt;br /&gt;Il n'y en eut pas l'année de notre emménagement à Pierre ! Celui-ci ayant eu lieu le 22 ou 23 décembre 1981, il n'en fut même pas question ! Pourtant, l'humidité de la maison toute neuve et chauffée seulement depuis quelques heures aurait convenu au plus vulgaire épicéa ! Quelques guirlandes furent malgré tout accrochées aux cartons "Démeco" empilés que nous n'avions pas encore déballés. La poutre de cheminée accueillit l'inévitable crèche en bois et tissu made in P&amp;amp;M et qui est encore récurrente après une ou deux tentatives plus artistiques. Point de feu possible : la cheminée était trop fraîche pour le supporter. Nous oserons cependant vaincre l'interdiction en brulant tout doucement les emballages des cadeaux.&lt;br /&gt;Les années qui ont suivi, le territoire de Pierre la Treiche nous fournit en pins, noir ou sylvestre, coupés au Chanot mais dont la source s'est trop vite tarie pour cause de croissance exubérante. Il y a même eu une tentative "genévrier de Noël", non renouvelée à cause du caractère risqué d'une cueillette dont on ne se sort pas indemne de toute égratignure.&lt;br /&gt;Tout ça sentait bien bon, mais séchait trop vite, malgré le bac de sable humide de GSM où on plaçait l'arbre. C'était d'ailleurs toute une expédition et une installation auxquelles les enfants aimaient participer !&lt;br /&gt;Je n'ai pas renouvelé l'opération sapin de Douglas en motte, coûteuse et décevante : mon unique acquisition prit en effet bien vite de jolies teintes rousses automnales laissant présager l'échec inévitable de toute tentative de plantation au jardin.&lt;br /&gt;Bref, le sapin de Noël c'était une histoire bien compliquée. A* ne le trouvait jamais assez grand à son goût. Il s'en faisait d'ailleurs un personnel dans sa chambre, décoré sur ses fonds propres !&lt;br /&gt;Les thématiques changeant parfois, la quantité de babioles destinées au décor a vite augmenté… tous ne servant pas chaque année. Quelques éléments originaux (mais très certainement déjà made in China) furent achetés au marché de Noël de Strasbourg où nous sommes allés à deux reprises, affrontant une fois un grand froid, une autre une pluie diluvienne, météos mémorables l'une comme l'autre… A* se souvient sans doute des chaussures qu'on qualifia ensuite "de location", achetées quelques jours plus tôt (à la Halle aux chaussures pour ne pas leur faire de pub !), et qui ne résistèrent pas à l'expédition… Elles furent remboursées sans discussion par le marchand qui n'ignorait pas la faiblesse du modèle. Quant à la pluie, elle nous valu l'achat d'un méga parapluie aux couleurs de l'Europe, lequel a encore ses pénates dans le coffre de la voiture "au cas où", mais n'a pas dû beaucoup servir depuis.&lt;br /&gt;LEA ayant quitté le nid, je rechigne et me fais chaque année réprimander devant mon faible "sapinenthousiasme " !&lt;br /&gt;L'arrivée de Bidule a été catastrophique pour l'arbre : c'est si amusant, tous ces trucs qui pendouillent et qui scintillent… et c'est si rigolo pour un chat facétieux de mordiller le bout des branches... Du coup, les deux années qui ont suivi, j'ai opté pour un astucieux Sapinus suspendux : stratagème fait en réelles branches d'épicéa la première année. Il a fallu installer un gros crochet au plafond, réutilisé l'année suivante pour un ersatz… en branches peintes en blanc : retour aux origines !&lt;br /&gt;Le crochet ayant servi entre temps à suspendre trois avions biplans que je ne souhaitais pas enlever et vu que les pitchounes ne venaient pas cette année, je me serais volontiers abstenue au risque de sévères réprimandes… ou adaptée à toute idée originale que ni A* ni L* ne m'ont proposée malgré ma requête !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/TSdydhNlQkI/AAAAAAAAHTI/cq8ojbc7YMU/s1600/Carri%25C3%25A8re.JPG"&gt;&lt;img style="display: block; margin: 0px auto 10px; text-align: center; cursor: pointer; width: 320px; height: 214px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/TSdydhNlQkI/AAAAAAAAHTI/cq8ojbc7YMU/s320/Carri%25C3%25A8re.JPG" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5559538116469277250" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Finalement (crainte de représailles et de déceptions ?), nous avons affronté la neige et le froid pour aller couper un "petit itsi bitsi tini ouini, tout petit" (sa)pini dans la carrière au dessus du Chanot. Néanmoins élégant. Je lui ai épargné les guirlandes électriques (dont la plupart des lampes sont HS) inadéquates à sa frêle ramure. Il a accueilli pas mal de boules et pendouilleries écarlates qui n'ont pas suffit à lui donner un air touffu. Personne n'a remarqué que je ne l'avais pas coiffé de la traditionnelle étoile ! Pffft ! C'est dire si mes gaillards ont pris le temps d'y regarder de près !&lt;br /&gt;Je l'ai démonté mercredi (je n'ai pas eu le temps avant) et j'ai remisé mes deux cartons d'accessoires dans leur placard. Je ne l'ai même pas pris en photo !&lt;br /&gt;(Bonne ?) idée : et si l'an prochain je n'y accrochais que des décors comestibles ? (Papillotes, sucre d'orge, pain d'épices…) avec obligation de tout liquider ? Le démontage serait grandement facilité.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Photos :&lt;br /&gt;Vandoeuvre, janvier 1975&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Carrière du Chanot , juillet 2009)&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(Extrait de la Gazette du 8 janvier n°9)&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2067179504561435277-4137476850949479364?l=mam-o-graphie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/feeds/4137476850949479364/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/2011/01/sapin-de-noel.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2067179504561435277/posts/default/4137476850949479364'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2067179504561435277/posts/default/4137476850949479364'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/2011/01/sapin-de-noel.html' title='(Sa)pin de Noël'/><author><name>MamLéa</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02196433866169076329</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/SaAd3eDymRI/AAAAAAAABGo/0JbYP67Rv_0/S220/Moi+1951.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/TSdyGHLMBDI/AAAAAAAAHTA/wnhrv4wjpOA/s72-c/No%25C3%25ABl%2B74%2BNB.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2067179504561435277.post-7676656508303410579</id><published>2010-12-30T22:54:00.005+01:00</published><updated>2011-01-06T18:21:02.929+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='récit'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='famille'/><title type='text'>Un hiver en aérium</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/TR0AOLtb-iI/AAAAAAAAHPs/mufyHLmuBHQ/s1600/1954-01-24%2BAvant%2Ba%25C3%25A9rium%2B-%2BCopie.jpg"&gt;&lt;img style="float: left; margin: 0pt 10px 10px 0pt; cursor: pointer; width: 242px; height: 320px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/TR0AOLtb-iI/AAAAAAAAHPs/mufyHLmuBHQ/s320/1954-01-24%2BAvant%2Ba%25C3%25A9rium%2B-%2BCopie.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5556597758906595874" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Nous avons essayé nos nouvelles tenues d'hiver et comme j'ai encore les mêmes habits que Nanie on pourra toujours bien voir que je suis sa frangine. Mon premier pantalon est en velours côtelé. L'anorak bleu. Je n'aime pas trop les grosses chaussures en cuir marron : c'est lourd et ça fait garçon, mais je trouve que la casquette en tricot gris qui fait aussi écharpe est très rigolote. Quand on a essayé ces vêtements, papa a dit qu'on avait l'air de vrais montagnards, et pour immortaliser l'événement dans un environnement adéquat, on a été en forêt de Meudon pour faire des photos. C'est très joli la forêt de Meudon. On y va à pied depuis chez Pépé et Mémé qui habitent à Clamart. Il y a du sable par terre comme sur la plage de Trégastel mais on ne peut pas faire de château avec. Il y a aussi de la bruyère avec de jolies petites fleurs mauves. Bref, dans le bois, ça ressemblait juste un peu plus à la montagne que les quais de la Seine.&lt;br /&gt;En fait, pour une fois qu'on n'a pas des manteaux que nous ont cousus Papa et Maman c'est parce qu'il nous fallait des vraies tenues pour partir à la montagne. Et que si je vais à la montagne, c'est parce que le docteur m'envoie dans un aérium. Un aérium, c'est un truc un peu comme une colonie de vacances, mais ce n'est pas les vacances car on va à l'école… sauf quand c'est vraiment les vacances, comme quand on est à Paris et que l'école triste de la rue Titon est fermée parce que les maitresses sont fatiguées. Notre médecin, c'est  le docteur Swhartz. Moi je crois qu'il est vieux parce qu'il a des cheveux blancs, des lunettes dorées et un gros sac en cuir dans lequel il apporte son appareil tout froid avec lequel il peut m'écouter tousser. Il me connait bien parce qu'il vient souvent à la maison et moi je l'aime bien et je lui raconte plein de trucs et c'est pour ça qu'il m'appelle "la Pipelette".  Il a dit à Papa et Maman qu'il me faudrait respirer du bon air, que ça me ferait du bien, que je serais moins souvent malade après. Le docteur, il est gentil, sauf quand il me prescrit des cataplasmes à la farine de moutarde ! Maman fait cuire une espèce de pâte qui sent plutôt bon dans une vieille casserole, puis elle met ça dans un tissu fin et me pose le bazar sur le dos avec une serviette de toilette par dessus. Ça brûle et après, j'ai la peau toute rouge, mais il parait que c'est bon pour mes bronches et mes poumons fragiles. J'ai aussi des fois des "Rigollot" qui ressemblent à des espèces de buvards carrés couleur caca d'oie, que je me demande même si ce n'en est pas !  Cataplasme ou Rigollot, c'est presque pareil pour moi, sauf que pour maman, c'est tout prêt et ensuite à la poubelle ! Pas de truc à cuire ni de linge à laver ! Bref, cataplasmes et Rigollot, ce n'est pas marrant du tout ! Il faut rester au lit un temps qui me parait une éternité, surtout que je dois rester sans bouger. Maman l'enlève seulement quand ma peau est assez rouge et que c'est devenu tout froid.&lt;br /&gt;Enfin, tout ça pour dire que je suis partie dans les Pyrénées pour longtemps  et que Nanie est partie aussi avec moi. Elle n'est pas malade, Nanie, mais Papa et Maman ont eu peur que je m'ennuie toute seule parce que je suis trop petite, et que déjà sans eux, j'allais peut-être pleurer ! Je n'ai pas pleuré pour ça, au contraire, l'idée de partir à la montagne, ça me plaisait bien, même sans Nanie. D'ailleurs, je suis toujours contente quand il faut aller quelque part. En été, j'aime bien quand on va à Ormesson où Mémé Charlotte a une toute petite maison au fond d'un jardin. Faudra que je raconte un jour, comment c'est à Ormesson parce que là, ce n'est pas le moment  et ça rallongerait inutilement mon histoire d'aérium.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On est donc parties pas longtemps après les vacances de Noël. On a pris le train à la gare d'Austerlitz. On était plusieurs enfants dans le compartiment et  une dame est montée avec nous pour nous accompagner pendant le voyage. Il faisait nuit. Le trajet n'a pas été long. Ou alors peut-être que j'ai dormi. Mais on est restés longtemps dans la gare de Bordeaux. Quand on est descendus dans une ville qui s'appelait Pau, il faisait à peine jour. On est tous montés avec nos valises sur le plateau d'une camionnette qui nous attendait et où il y avait déjà plein de paquets. Elle nous  a emmenés dans la montagne par une petite route qui grimpait avec plein de virages. Quand il y a eu beaucoup de neige, on s'est arrêtés pour mettre des chaînes aux roues de la camionnette. On est enfin arrivés à l'aérium, qui était isolé sur un plateau à plus de 1000 m et il où y avait beaucoup de neige. Le village tout à côté s'appelait Osse-en-Aspe. Pour aller d'un bâtiment de l'aérium à un autre, on devait passer par des sortes de couloirs sans toit dont les murs de neige étaient plus hauts que moi. On nous a séparées parce que Nanie, elle allait chez les grands. On m'a montré où était mon lit dans le dortoir des petits. Il y en avait beaucoup d'autres. Le mien était au milieu, à côté d'un pilier. J'ai dû défaire ma valise et ranger mes affaires dans une armoire peinte en rose. Pour reconnaitre la sienne, il y avait des silhouettes d'animaux différents découpées dans la porte : des dauphins, des étoiles de mer ou des isards… C'est amusant de dormir à beaucoup dans une chambre. L'après-midi, les petits font la sieste pendant que les grands sont à l'école et comme il fait jour malgré les rideaux fermés, on se relève quand la surveillante est partie et on bavarde avec nos voisines. Même qu'un jour je me suis fait prendre et que la surveillante, pour me faire peur, elle m'a pris dans ses bras et elle m'a fait croire qu'elle allait me mettre la tête sous le robinet du lavabo. Je me suis débattue et j'ai tant hurlé qu'elle ne l'a pas fait, et elle a rigolé mais je crois aussi que c'est parce qu'elle me trouvait mignonne. C'est vrai que sauf que je suis bavarde, je suis une petite fille très sage. Mais je fais aussi des fois des bêtises, comme toutes les petites filles, et quand je suis à la maison et que je veux faire un truc défendu, je dis à Maman "va dans ta cuisine"…&lt;br /&gt;L'école pour les petits, c'est que le matin. Ce qu'on fait n'est pas difficile et on dessine beaucoup et on fait beaucoup de jeux en groupe. On ne travaille pas beaucoup sur des cahiers ou des livres, mais ce n'est pas grave parce que moi, je sais déjà lire, mais pas encore les lettres et les cartes que papa et Maman m'envoient. Là, c'est Nanie qui me les lit. J'ai du courrier pour moi toute seule et Nanie, du courrier pour elle  toute seule. &lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/TR0AifODjzI/AAAAAAAAHP0/4iWdtAv_cmg/s1600/Carte%2BGermaineBouret%2B1%2B-%2BCopie.jpg"&gt;&lt;img style="float: right; margin: 0pt 0pt 10px 10px; cursor: pointer; width: 200px; height: 134px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/TR0AifODjzI/AAAAAAAAHP0/4iWdtAv_cmg/s200/Carte%2BGermaineBouret%2B1%2B-%2BCopie.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5556598107741065010" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Ce sont souvent des cartes  avec des dessins très drôles d'enfants qui font des trucs comme les grands ! Je les garderai très longtemps ! Quand j'ai eu mes six ans, en avril, j'en ai reçu une encore plus belle pour mon anniversaire. Bien sûr, on écrit aussi des fois à nos parents et comme nous les petits on ne sait pas bien comment il faut faire, la maitresse nous fait un modèle qu'on copie à l'encre violette sur une page de cahier avec juste des grands carreaux dessus et on y fait aussi des dessins.&lt;br /&gt;Les repas à la cantine, c'est dans un réfectoire avec des grandes tables rectangulaires vertes un peu comme celle que Pépé il a faite pour sa cuisine mais en plus grand et où nous sommes par dix filles. Là, je ne suis pas non plus avec Nanie, mais je la vois et je peux lui faire coucou. Je ne sais pas pourquoi on ne mange pas plus souvent des coquillettes au beurre, qui est mon plat préféré ! On a très souvent des turcs comme des lentilles ou des gros haricots blancs que j'ai du mal à avaler et qu'après, j'ai mal au ventre toute la journée ! Pour le dessert, on met nos verres bien alignés sur 2 rangs au bout de la table, et la dame qui passe avec le chariot nous les remplit d'une délicieuse crème avec une louche. Moi, je trouve qu'elle n'en met pas beaucoup. Faudrait lui donner une louche plus grande, car on aime tous bien la crème. Après, on empile nos assiettes et nos verres au bout de la table et on met nos couverts dans la corbeille à pain en dentelle de métal avec des trèfles découpés. Comme ça, c'est plus facile pour la dame quand elle repasse avec son chariot pour débarrasser. Puis on plie nos serviettes d'une façon rigolote comme on nous a appris car on n'a pas de rond comme à la maison et on va la mettre dans notre loge du casier avant de sortir.&lt;br /&gt;Sinon, dans la journée, on s'occupe. On joue dans la neige ou dans une grande salle de jeu quand il ne fait pas assez beau pour être dehors. On va des fois à l'infirmerie où on nous mesure et nous pèse, et où un docteur en blouse blanche écoute ma respiration avec le même appareil que le docteur Schwartz. Je n'aime pas l'infirmerie, pourtant, je crois que je n'ai jamais été malade pendant les 3 mois que j'ai été à la montagne. Mais quand on y va toutes, on est à la queue-leu-leu en culotte et petite chemise, et il y a des filles qui disent pour nous faire peur qu'on va nous faire une piqûre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La neige, elle n'est plus tombée et alors, un jour, il y a un monsieur et une dame qui sont venus nous sortir, Nanie et moi. Le monsieur il a dit qu'il était notre tonton des Pyrénées,  Pierre Bochet,  mais je ne le connaissais pas avant. On est partis dans sa belle grande auto. On a vu une rivière qu'on appelle un gave et où il y a des truites que je n'ai pas vues. Puis il nous a montré un endroit où il y avait une barrière et où on ne pouvait pas aller plus loin. Il a dit que c'était la frontière. Je ne sais pas ce que c'est, mais peut-être que si on ne peut pas aller derrière la grande montagne, c'est parce que c'est le bout du monde et qu'il n'y a rien au-delà ? On a mangé dans un restaurant avec des rideaux à carreaux rouge et blanc, on nous a servi de la truite et c'était drôlement bon ! Je crois bien que c'était la première fois que je mangeais dans un restaurant. Le monsieur et la dame étaient très gentils, mais ils nous ont quand même ramenées à l'aérium, et moi, même si je ne m'ennuie pas, j'aurais bien aimé qu'ils me ramènent à Paris !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un jour, la camionnette est revenue à l'aérium et on est monté dedans avec nos valises. Nanie avait un gros pansement au pied parce qu'elle avait attrapé une ampoule à cause de ses grosses chaussures quand avec les grandes elle avait été voir faire du fromage dans la montagne et qu'après l'ampoule s'était infectée ! A cause de cela, elle n'a pas pu aller visiter le château de Pau avec les autres filles de son âge parce qu'elle ne pouvait pas marcher. On a pris le train mais je ne m'en souviens plus car je crois que j'ai dormi tout le temps.&lt;br /&gt;J'étais drôlement contente de retrouver notre appartement sous les toits dans le 11ème et notre petite chambre avec juste mon lit à barreaux et le divan à cosy de Nanie. Papa avait refait les peintures et le papier peint. Papa et Maman nous avaient aussi fait des vestes écossaises avec des franges, parce qu'on ne pouvait pas continuer à porter l'anorak qui était trop chaud à Paris où c'était le printemps. On a aussi abandonné le pantalon et remis des jupes et des chaussettes avec des souliers plus légers. Maman n'était pas contente parce que Nanie était partie pas malade et qu'elle revenait sans pouvoir marcher ! Elle disait que c'était à cause de la dame qui lui avait percé l'ampoule avec des ongles sales. Elle ne pouvait pas savoir si les ongles de la dame étaient sales, puisqu'elle n'était pas là ! Moi, il parait que j'ai grossi et pris de bonnes joues roses ! Ça doit être à cause de tous les haricots et des lentilles que j'ai mangées pendant 3 mois. Quand on a été à Clamart, Mémé Françoise était tout étonnée parce qu'on avait pris de bonnes habitudes comme celle de plier nos habits et faire notre lit toute seule ! Et moi, je lui ai appris à plier sa serviette, parce qu'elle ne savait pas comment il fallait faire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: right; font-style: italic;"&gt;Paris 11ème, Clamart  (92) - 1954&lt;br /&gt;Osse-en Aspe (64) - février, mars, avril 1954&lt;br /&gt;Pierre-la-Treiche - décembre 2010&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Photo Roger Pontet (24 janvier 1954)&lt;br /&gt;Carte Germaine Bouret (1907-1953)&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2067179504561435277-7676656508303410579?l=mam-o-graphie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/feeds/7676656508303410579/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/2010/12/un-hiver-en-aerium.html#comment-form' title='7 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2067179504561435277/posts/default/7676656508303410579'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2067179504561435277/posts/default/7676656508303410579'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/2010/12/un-hiver-en-aerium.html' title='Un hiver en aérium'/><author><name>MamLéa</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02196433866169076329</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/SaAd3eDymRI/AAAAAAAABGo/0JbYP67Rv_0/S220/Moi+1951.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/TR0AOLtb-iI/AAAAAAAAHPs/mufyHLmuBHQ/s72-c/1954-01-24%2BAvant%2Ba%25C3%25A9rium%2B-%2BCopie.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>7</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2067179504561435277.post-7660900703105948684</id><published>2010-12-07T14:23:00.011+01:00</published><updated>2010-12-07T15:47:22.191+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='récit'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='famille'/><title type='text'>Noël Parisien</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;L'autre jour, Papa est rentré tenant délicatement dans sa main un sachet en papier de soie empli de boules multicolores. Malheureusement, alors qu'il refermait la porte derrière lui, l'une d'elle s'est échappée et s'est écrasée au sol. Explosée. Bien sûr, c'était la plus jolie, la seule dont un petit cône argenté permettait de voir l'intérieur ! Maman a aussitôt ramassé les éclats de verre mais nous étions bien tristes !&lt;br /&gt;On a été il y a pas longtemps voir les jolies vitrines des grands magasins. Maman appelle cela faire du "lèche-vitrines" ! Ce n'est pas vrai, je ne lèche pas les vitrines mais quand je regarde de tout près, le nez collé aux vitres ça fait de la buée et je dois frotter avec mes petites mains pour continuer à regarder. Et c'était drôlement beau ! Il y avait des animaux qui bougeaient dans tous les sens, des clowns qui tapaient sur des tambours, des bateaux qui voguaient sur de l'eau en papier. Il y avait aussi plein de nounours dans des petites autos ou dans des maisons, autour d'une table, devant leur bol de chocolat, comme dans l'histoire de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Boucles d'Or&lt;/span&gt;. Peut-être même qu'après on a été voir le grand sapin devant Notre-Dame, mais je ne m'en souviens plus.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/TP41oToXmMI/AAAAAAAAG8c/sS5PbZWEuFE/s1600/1952%2BMicheline%2BParis%2B%2Bvitrine.JPG"&gt;&lt;img style="display: block; margin: 0px auto 10px; text-align: center; cursor: pointer; width: 298px; height: 400px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/TP41oToXmMI/AAAAAAAAG8c/sS5PbZWEuFE/s400/1952%2BMicheline%2BParis%2B%2Bvitrine.JPG" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5547930757547661506" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ce soir c'est Noël ! Je ne sais pas exactement ce que ça veut dire car l'an dernier, j'étais encore petite et je ne me rappelle de rien. Mais je sais qu'on va préparer l'arrivée du père Noël, et que ça, c'est toute une organisation ! Maman nous l'a dit quand on attendait le retour de Papa ce matin.&lt;br /&gt;Cette nuit, Papa ne travaille pas. Peut-être qu'on n'a plus besoin de lui au centre de tri ? Maintenant que le Père Noël a reçu les lettres des petits enfants qui comme moi, ont envoyé leurs dessins, il y a beaucoup moins de courrier à "Paris 11"... Moi, j'ai bien envie d'une poupée ! Une qui pleure et qui soit encore plus belle que celle de ma sœur, même qu'elle ne joue jamais avec !&lt;br /&gt;On a commencé par nettoyer la cheminée de notre chambre. On n'y fait jamais de feu, mais il faut bien enlever la poussière pour ne pas que le père Noël salisse son bel habit rouge. Et on l'a laissée ouverte. C'est mystérieux une cheminée, surtout que celle là est toujours fermée avec une sorte de volet métallique qu'on a passé aussi au produit pour le rendre tout brillant ! Je suis rentrée dedans, à quatre pattes et j'ai regardé en haut, mais je n'ai rien vu : c'était tout noir là dedans et je me demande bien comment le Père Noël il fait pour passer par là !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/TP5DMg2opjI/AAAAAAAAG-s/-VsyzbKfyy4/s1600/1947%2BNo%25C3%25ABl%2BParis%2B3.jpg"&gt;&lt;img style="float: left; margin: 0pt 10px 10px 0pt; cursor: pointer; width: 231px; height: 320px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/TP5DMg2opjI/AAAAAAAAG-s/-VsyzbKfyy4/s320/1947%2BNo%25C3%25ABl%2BParis%2B3.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5547945673223611954" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Papa a installé un sapin dans la salle à manger, sur la table de bridge carrée. On y a accroché des tas de trucs qui dormaient dans une boite à chaussures depuis l'an dernier. Nany a eu le droit de pendre les boules trop fragiles pour mes petites mains maladroites. Moi, j'ai pincé les bougeoirs bien au bout des branches. Puis on a mis des guirlandes dorées et pour finir, tout en haut une étoile avec des paillettes qui scintillent.&lt;br /&gt;On a placé la crèche sur la table, au pied du sapin. Le petit Jésus n'y prendra place que demain, car il n'est pas encore né ! Il  y a un âne et un bœuf, Marie en robe bleue, Joseph avec une grosse barbe, un berger avec des moutons. Sur la crèche en imitation rocher, on a posé l'ange bleu qui est celui de Nany et à côté, le rose qui est le mien. Pour faire plus joli, Papa y a placé la lumière rouge qu'il allume dans laboratoire de photographie. La crèche, je crois que c'est surtout pour ma grand-mère Charlotte qui vient demain midi. Elle ne comprendrait pas qu'on ne fasse pas de crèche à Noël. Moi, je trouve dommage qu'on n'ait pas le droit de jouer avec les personnages ! Je suis sûre qu'ils aimeraient bien changer de place de temps en temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On a enfilé bien vite nos pyjamas qu'on a fait chauffer sur la poignée en porcelaine de la salamandre comme tous les jours. J'aime bien regarder le feu dans la salamandre ! Papa la charge en boulets et bientôt, derrière les micas, on peut voir du feu tout rouge. Ça me fait un peu peur aussi, parce qu'un jour, Nany y avait oublié son pyjama qui s'est mis à roussir et à fumer. Elle s'est fait drôlement disputer ! On a été au lit tout de suite pour ne pas nous faire gronder ! On a bien compris que ce n'était pas le jour pour nous chamailler. On a mis d'abord nos chaussons devant la cheminée qui est à la tête de mon petit lit à barreaux. Papa a sorti son banjo et on a chanté des chansons ; "Petit Papa Noël," bien sûr, mais aussi une chanson où "le rat est entré dans ma chambre" qu'on connait par cœur et plein de chansons à la mode dont les partitions s'empilent dans la bibliothèque. J'aime bien le soir quand on fait la veillée : Papa et Maman s'assoient sur le lit divan de ma sœur, et moi, je suis dans mon petit lit en bois. Papa gratte les cordes avec une espèce d'ongle nacré et maman chante. Quand Papa est au travail, maman nous lit des contes ! J'aime bien "&lt;span style="font-style: italic;"&gt;La Petite Sirène&lt;/span&gt;," "&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Racapéluludiquédon&lt;/span&gt;" ou "&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le Petit Soldat de Plomb&lt;/span&gt;" qui disparait dans l'égout…! Des fois, Nany et moi, on joue aux sept familles tout en restant chacune dans notre lit, mais quand Maman vient éteindre la lumière, il n'est pas question de finir la partie. Alors, on laisse le jeu sur la petite table placée entre nos deux lits avec l'idée de terminer le lendemain et Nany tape au mur pour dire bonsoir à la voisine qui souvent lui répond.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans la nuit, j'ai entendu comme des pleurs de bébé. Maman était là accroupie devant la cheminée. Elle m'a dit de me rendormir bien vite, qu'elle regardait juste ce que le père Noël avait apporté. Que je verrais demain. Le matin, quand nous nous sommes éveillées, il y avait des jouets autour de nos chaussons et c'était joli à voir ! Il y avait une poupée pour moi,  c'est elle qui avait pleuré la nuit quand Maman était venue dans notre chambre, après le passage du Père Noël ! On a mis le petit Jésus dans la crèche entre l'âne et le bœuf. Mémé Charlotte, la maman de Papa, est arrivée pour midi. Il y a eu de bonnes choses à manger et surtout une bûche que maman avait faite et qu'on avait décorée le matin en faisant des traces dans la crème au beurre avec une fourchette pour que ça ressemble à du vrai bois. Je suis gourmande et je mange beaucoup, surtout quand il y a des coquillettes avec du beurre et pourtant, je suis maigre comme un clou, même qu'on voit "ma carcasse" comme dit Nany !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'après-midi, on a été se promener dans Paris. J'aime bien courir sur les trottoirs, mais il faut toujours attendre les parents qui regardent dans les magasins des trucs sans intérêt ! On a laissé Mémé au métro et on est rentrés en passant par le boulevard Voltaire. Je n'aime pas quand on passe devant la Roquette ! Il parait qu'il y a des messieurs en prison derrière les grands murs sales, c'est très triste et je n'ose même plus courir ! En arrivant dans notre rue Jean Macé, j'étais fatiguée, mais il a bien fallu monter quand même les six étages à pied ! On a joué tous ensemble, Papa, Maman, Nany et moi. Au nain jaune où il a fallu m'aider et aussi au jeu de l'oie. Pour le quatre heures, on a eu le droit de manger un des marrons glacés que Mémé avait apportés. Les marrons, c'est encore meilleur que les palmiers, et ce n'est pas peu dire, car les palmiers, c'est mes gâteaux préférés. Mémé, elle a de la chance parce qu'elle travaille chez Rémond, et que Rémond, c'est un fabricant de confiseries. Les marrons, ils sont dans une boite en bois, emballés dans du papier en or. Les boites, on s'en sert quand elles sont vides pour ranger des tas de trucs dedans. Des crayons de couleurs par exemple. On a aussi allumé les bougies sur le sapin, mais pas longtemps, parce que c'est dangereux. Papa et Maman disent que chaque année, il y a des sapins qui s'enflamment et qu'il y a des appartements qui brûlent dans la nuit de Noël. Il faut dire qu'on n'habite pas loin des pompiers, alors quand ils sortent, on entend  bien leur pin-pon et on se dit que quelque part, il y a des gens à sauver. Papa dit que ça lui est arrivé, le sapin qui commence à brûler, et qu'il a eu tout juste de temps de le jeter par la fenêtre. Ça fait très peur et je n'ai pas envie que notre chez nous sous les toits disparaisse dans les flammes ! Après le diner, on a eu le droit de jouer un peu plus longtemps avant d'aller au lit parce que le lendemain, Papa ne travaillait pas. J'ai dormi avec ma poupée en faisant bien attention de ne pas la faire pleurer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;o0o&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Après Noël, Nany et moi, on est allés passer quelques jours à Clamart chez Pépé et Mémé Françoise. Pour aller à Clamart, on doit prendre le métro puis le bus. J'aime bien le bus, surtout quand il est à plateforme. Mais celui qui monte à Clamart, il est moderne et pas à plateforme. On descend au Petit-Clamart, à "Soleil Levant" ; c'est beau, comme nom ! Ensuite, il faut encore marcher avant d'arriver dans la rue Kermen. Chez Pépé et Mémé, il n'y avait pas de sapin ni de jouet pour nous parce que Pépé, il n'aime pas le petit Jésus, mais ça n'a pas d'importance, parce que ce n'est déjà plus Noël et que Pépé, il sait bien gâter autrement sa Nany et sa Chounette. Je crois même que je suis sa préférée ! Mon Pépé, il est menuisier dans le métro, et dans sa cave, il y a un établi et plein d'outils dont Papa se sert pour fabriquer des meubles. On n'a pas le droit d'y aller toutes seules et c'est bien dommage car j'aime bien toucher la sciure et les copeaux de bois en spirale qui sont fragiles et qui sentent bon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand on est rentrées à Paris, on a fêté les rois. On a mis les trois santons devant la crèche, ainsi que le chameau. J'aime bien les rois mages parce qu'ils ont de bien jolis noms : Balthazar, Melchior et Gaspard ; qu'il y en a un qui est tout noir et qu'ils portent des habits qui ressemblent à de grandes robes de chambre. Dans ma tête, j'ai chanté toue la journée :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Balthazar et Melchior&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Revenant d'Afrique&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Revenant d'Afrique&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Balthazar et Melchior&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Revenant d'Afrique&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Et le roi Gaspard !&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mémé Charlotte est venue avec la tante Marthe. La tante Marthe, c'est la sœur du Pépé que je n'ai jamais connu parce qu'il est mort quand Papa était encore un petit  garçon et que du coup, Papa, il était dans un orphelinat avec son petit frère. Bref, la Tante Marthe, c'est une petite dame avec des taches de rousseur, des perles aux oreilles et un gros camée pendu à une chaine en or. Papa et Maman disent que c'est une vieille fille. Moi, je trouve que c'est une dame ! Chez elle, c'est très loin, à Colombes. C'est tout petit et il y a plein de meubles avec plein de bibelots sur des napperons et qu'il ne faut toucher à rien ! Elle ne vient pas souvent nous voir, mais chaque fois, elle apporte un jouet pour nous. Elle n'a pas d'enfants, mais elle est contente car elle a deux neveux et quatre petits-neveux à gâter : mes cousins et nous deux. Je ne sais pas pourquoi elle ne gâte pas aussi mes cousines mais je le saurai un jour.&lt;br /&gt;Au dessert, on a mangé la galette des rois que Mémé avait apportée. C'est moi, comme je suis la plus petite, qui me suis cachée sous la table afin de dire "pour qui ?". On a commencé à manger notre part de galette, tout doucement en regardant bien par-dessous et sur les côtés si on ne voyait pas la fève. À un moment Papa s'est écrié "oh, vous avez vu, là-bas, derrière vous" ! J'ai trouvé cela bizarre, parce qu'il n'y avait rien de spécial à voir. En fait, il avait eu la fève, un petit personnage tout blanc tout raide en porcelaine et il me l'avait mise dans mon jus de pommes pendant que je m'étais retournée. Je ne l'ai compris que quand j'ai voulu finir mon verre et que tout le monde a crié "la reine boit" ! Papa a mis sur ma tête  la couronne en carton doré qui était restée sur le plat vide et a embrassé sa petite reine. Pour la couronne, j'étais fière et je l'ai gardée sur la tête tout le reste de la journée, mais le coup de la fève dans mon verre, ça m'a dégoûtée, je n'aimerai jamais cette coutume et plus tard, quand je serai une maman, celui qui aura la fève choisira son roi ou sa reine sans faire de chichis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand c'était plus Noël ni les vacances, on est retournées dans notre vieille école toute triste de la rue Titon. Moi, je suis encore à la maternelle, chez mademoiselle Meige, et Nany est à la grande école avec ses chipies de copines. On a dû raconter devant toute la classe ce qu'on avait eu à Noël, ce qu'on avait fait pendant les vacances et je me suis fait encore punir parce que je faisais la pipelette alors que la maitresse avait demandé le silence ! Ce n'est pas juste parce que quand je parlais avec ma voisine, je n'ai pas pu entendre qu'elle voulait qu'on se taise !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand on est rentrées à la maison, il n'y avait plus de sapin. C'est drôle, mais je ne m'en suis pas rendue compte tout de suite !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au fait, j'allais oublier de vous dire, ma poupée, je l'ai appelée Catherine. C'est quand même important !&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: right;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Paris - décembre 1953/janvier 1954&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Pierre-la-Treiche - décembre 2010&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center; font-style: italic;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;br /&gt;(Photos Roger Pontet - 1947-1952)&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2067179504561435277-7660900703105948684?l=mam-o-graphie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/feeds/7660900703105948684/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/2010/12/noel-parisien.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2067179504561435277/posts/default/7660900703105948684'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2067179504561435277/posts/default/7660900703105948684'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/2010/12/noel-parisien.html' title='Noël Parisien'/><author><name>MamLéa</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02196433866169076329</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/SaAd3eDymRI/AAAAAAAABGo/0JbYP67Rv_0/S220/Moi+1951.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/TP41oToXmMI/AAAAAAAAG8c/sS5PbZWEuFE/s72-c/1952%2BMicheline%2BParis%2B%2Bvitrine.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2067179504561435277.post-2100535946387010907</id><published>2010-10-16T14:47:00.003+02:00</published><updated>2010-10-16T14:52:56.908+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='récit'/><title type='text'>Brame</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/TLmfURiUrgI/AAAAAAAAGOk/NSlw1J1PSuk/s1600/For%C3%AAt+Vosges.jpg"&gt;&lt;img style="display: block; margin: 0px auto 10px; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 266px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/TLmfURiUrgI/AAAAAAAAGOk/NSlw1J1PSuk/s400/For%C3%AAt+Vosges.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5528625188227558914" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il est des moments de la vie dont l'intensité est telle qu'ils restent marqués à jamais dans notre mémoire. Celui-ci en fait partie. C'était il y a une bonne trentaine d'années et on me pardonnera si les détails se sont estompés. L'ambiance est intacte, à peine romancée !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous sommes fin septembre ou au tout début d'octobre. Nous avons rendez-vous près du Donon avec un agent forestier au nom idyllique de "Paradis" qui doit nous servir de guide.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La nuit a été trop courte car hier, le sommeil a été long à venir tant l'excitation et le désir de s'endormir vite m'a empêchée de trouver le sommeil. Les heures ont défilé lentement les unes après les autres au cadran de la pendule tandis que je me suis tournée et retournée dans le lit. Quand soudain la sonnerie du réveille-matin s'est mise à résonner dans la nuit, c'est comme si je n'avais pas dormi. Encore enveloppée de la chaleur du lit, je m'habille mollement et avale avec lenteur le café serré et trop chaud que monsieur a préparé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les yeux encore pleins de sommeil je prends place à ses côtés dans notre petite voiture glacée et vite embuée.&lt;br /&gt;La nuit coule lentement et les villages que nous traversons sont encore silencieux et plongés dans le noir. Nous croisons de rares voitures dont les phares jaunes balayent l'asphalte rapiécé. Je dois m'être assoupie un moment, m'éveille quand la route se fait de plus en plus tortueuse et prend doucement de l'altitude.&lt;br /&gt;Nous parvenons au point de rendez-vous après une bonne heure de trajet et n'avons pas besoin d'attendre longtemps l'arrivée de notre guide vosgien, précédée par le teuf-teuf d'abord lointain puis de plus en plus proche de sa vieille 2CV brinquebalante et poussive.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rapide bonjour.&lt;br /&gt;On s'entasse dans la guimbarde au milieu d'un bazar exhalant des arômes composés d'un mélange d'humus et de champignon, de crasse froide et d'essence. La Deuche emprunte une route forestière tortueuse, mal carrossée d'un gravier rouge autochtone. Parfois, nous devons ralentir pour franchir une rigole qui endigue tant bien que mal entre ses deux rails métalliques les eaux rouges du fossé habituées à traverser en cet endroit la chaussée caillouteuse et grossière, fragile cependant. Ici une flaque d'eau explose à notre passage, là, nous devons éviter un bloc de grès ayant fraîchement dévalé du bas-côté.&lt;br /&gt;La vieille auto grise s'immobilise enfin quelques virages plus loin et mon estomac se remet immédiatement en place, aidé en cela par la fraîcheur de l'air du dehors.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfourne mes pieds gelés dans mes bottes.&lt;br /&gt;Enfonce mon bonnet jusqu'aux oreilles et mon menton dans trois tours d'une écharpe de grosse laine.&lt;br /&gt;Les gants rendant difficile le réglage des jumelles seront bientôt relégués au fond d'une poche de ma parka sombre, entre le mouchoir humide à force d'éponger ma goutte au nez et le gâteau sec emporté par précaution.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le silence nous enveloppe, pas un seul chant oiseau, pas le moindre souffle de vent dans les sapins noirs. Nos yeux s'habituent vite à l'obscurité et notre errance commence.&lt;br /&gt;Nous franchissons des ruisseaux et des talus, allons de chemin en chemin, traversons des parcelles envahies tantôt de fougères et de luzule poilue, tantôt de myrtilles dénudées et de callunes en fleurs. Escaladons le tronc d'un chablis entravant notre sente, contournons un enchevêtrement de branches entassées lors de la dernière coupe. Nous cheminons sans bruit mais d'un pas sûr, l'un derrière l'autre, l'oreille tendue. Notre haleine fumante trahit notre présence. Un brouillard cotonneux et léger s'évapore du fond des talwegs. J'ai perdu le fil de notre itinéraire sinueux et ne sais plus où je suis, qui je suis, ni ce que je fais là !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Notre guide a l'oreille tendue. Il sait à peu près où sont les bêtes. Mais il faut contourner le vallon pour arriver sur place contre le vent, sans quoi, elles nous devineraient et s'éloigneraient en silence sans que nous ayons pu soupçonner leur présence. La nuit bleuit insensiblement tout au bout de la forêt, le temps nous est compté !&lt;br /&gt;Les animaux que nous traquons sont là : nous le sentons à un je ne sais quoi d'indicible.&lt;br /&gt;Un brame dans le lointain, meuglement rauque, résonne tel un appel sauvage et pathétique. Un autre lui répond, plus lointain encore.&lt;br /&gt;Soudain un animal détalle devant nous. C'était un jeune cerf qui broutait paisiblement et que nous avons surpris. Je n'ai pas même eu le temps de voir ses bois. Nous redoublons de précautions. Les autres ne doivent pas être loin !&lt;br /&gt;Brusquement, notre guide s'immobilise et d'un signe discret de la main nous fait signe de nous arrêter. Nous désigne d'un lent et discret mouvement du menton le bas du vallon.&lt;br /&gt;Notre trio n'est plus qu'un souffle immobile, écarquillant les yeux dans la direction désignée.&lt;br /&gt;Nous découvrons le troupeau : une vieille femelle au pelage brun regarde dans notre direction, aux aguets, tandis que les autres femelles insouciantes avancent doucement, broutant çà et là quelque carex assaisonné de rosée, impavides, suivies de quelques daguets et jeunes biches encore immatures. Nous n'osons plus respirer, ni ajuster nos jumelles, le moindre geste risquerait de nous trahir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Regarder ! Graver cette image, inconsciemment, dans nos cervelles d'humains intrus, de voyeurs !&lt;br /&gt;Le troupeau se déplace lentement. Nous traversons le ruisseau derrière lui, les seules traces de leur passage sont un chapelet de crottes noires, une vague odeur d'urine, des empreintes diffuses dans la mousse humide.&lt;br /&gt;Les mâles ne sont probablement pas loin !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous n'aurons pas la chance d'assister à l'affrontement. Au loin, l'éclat d'un combat nous fait presser un peu le pas. Des bois qui s'entrechoquent à quelques coudées dans un bruit mat et sec, concert éphémère dont nous ne serons que les lointains témoins. Un beau mâle aperçu trop rapidement. Seul, fier, dressant ses bois majestueux, un vainqueur ? Celui-là aura probablement le droit de saillir quelques jeunes femelles vigoureuses. Le perdant n'aura pas même la possibilité de monter une femelle moins aguichante. Les vaincus devront attendre la saison prochaine pour tenter à nouveau leur chance !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le jour blanchit et la forêt s'éveille lentement. Les mésanges s'échangent de branche en branche un bonjour mélodieux, un geai lance son cri sonore pour signaler notre présence.&lt;br /&gt;Bien que notre discrétion ne soit plus utile, notre retour est muet, sans commentaire. Le soleil se lève lentement et ses rayons filtrent la lumière au travers des sapins en d'éblouissants contre-jours tandis que le paysage prend rapidement des couleurs. La 2 CV refait en sens inverse son trajet poussif, nous montons au Donon où nous prendrons à l'auberge du col un petit déjeuner bienvenu. Le monde des hommes s'éveille à peine. L'aubergiste descend les chaises de sur les tables qu'elle nettoie d'un geste prompt avec un chiffon humide. Elle est habituée à des clients tels que nous et connaît bien Paradis. Nos langues se délient. Vous avez vu… On aurait dû… On aurait pu…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une journée comme les autres commence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme les autres ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;(Octobre 2008)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2067179504561435277-2100535946387010907?l=mam-o-graphie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/feeds/2100535946387010907/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/2010/10/brame.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2067179504561435277/posts/default/2100535946387010907'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2067179504561435277/posts/default/2100535946387010907'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/2010/10/brame.html' title='Brame'/><author><name>MamLéa</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02196433866169076329</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/SaAd3eDymRI/AAAAAAAABGo/0JbYP67Rv_0/S220/Moi+1951.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/TLmfURiUrgI/AAAAAAAAGOk/NSlw1J1PSuk/s72-c/For%C3%AAt+Vosges.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2067179504561435277.post-4424100710254441787</id><published>2010-09-24T17:36:00.007+02:00</published><updated>2010-09-29T22:42:19.409+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='récit'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='famille'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Michel'/><title type='text'>Croix de Groix</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;"Qui voit Groix voit sa croix !"&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avril 1969.&lt;br /&gt;Un vingtaine d'étudiants nancéiens testent leurs marteaux de géologues tout neufs sur les granites du sud de la Bretagne.&lt;br /&gt;Premier stage, premières (més)aventures, premières prises de tête ! Dormir dans une auberge de jeunesse crasseuse à Lorient ou dans un bus sur un parking de Rennes laisse de bons souvenirs et soude les liens ; enfin, si cela est bien encore nécessaire : les géologues sont solidaires et bons vivants !&lt;br /&gt;Le hasard du tirage au sort nous octroie un secteur sur l'île de Groix… de quoi rêver sauf quand au dernier moment, on apprend que l'auberge de jeunesse de l'île est définitivement fermée et que pour le camping, ce n'est pas encore la saison ! Nous embarquons quand même une tente car nous sommes des sans-le-sou et on ne sait jamais.&lt;br /&gt;Seuls passagers sur la banquette d'une coursive au ras de l'eau, engoncés dans nos K-way, nous essuyons quelques embruns, tout en savourant l'impression de partir à l'aventure vers une terre inconnue, une île de Robinson. Le navire courrier "Île de Groix", joli rafiot à coque noire et cabine blanche, accoste sur l'ile noire (comme son glaucophane) et rouge (comme ses grenats et ses sables) après une traversée de moins d'une heure, gentiment houleuse.&lt;br /&gt;Heureusement le tourisme, encore embryonnaire, nous permet de trouver une location "de vacances" dont nous négocions âprement le tarif. &lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/TJzHba2nYQI/AAAAAAAAF6Q/48piKbjgycc/s1600/Michel+moi.jpg"&gt;&lt;img style="float: left; margin: 0pt 10px 10px 0pt; cursor: pointer; width: 200px; height: 152px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/TJzHba2nYQI/AAAAAAAAF6Q/48piKbjgycc/s200/Michel+moi.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5520506517128175874" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Michel, Evelyne et moi échouons à Locmaria, les vosgiens Pierre et Odile ont le privilège de rester au bourg. Quant à Annie et son binôme, elles se retrouvent isolées à Kervédan pour un secteur aux falaises parfaitement inadaptées à leur vertige maladif !&lt;br /&gt;Je rôde mes godillot bien graissés mais au cuir encore raide sur un magnifique littoral aux schistes luisants. Quant à mon vertige acquis quelques jours plus tôt sur la côte près du Pouldu, il ne sera ni révélé, ni mis à l'épreuve : nous avons eu la chance de tomber sur la partie la plus basse de l'île, celle où "les Chats" sont des écueils fatals aux navigateurs imprudents. Beaucoup en ont fait les frais. "Qui voit Groix voit sa croix" ! Il y a encore quelques tôles du cargo grec Sanaga, un des derniers naufragés du XXème siècle, qui finissent de rouiller sur les rochers de Porh Morvil. Tout ça pour dire que j'ai réalisé bien plus tard avoir attrapé un incontrôlable vertige lors d'un parcours préparatoire au stage, comme on attrape une fièvre récurrente, genre palu. C'est la faute à nos lorrains-assistants et professeurs qui ont occulté le fait que la marée soit une variable ! Il faut pourtant passer, tandis qu'en bas, les vagues se fracassent sur les rochers ! Nous sommes une poignée de retardataires, les trouillards et ceux qui ne les abandonnent pas, "courant" tant bien que mal après le groupe que nous rejoignons péniblement une fois les explications terminées : il ne faut pas perdre le temps de nous attendre la mer continuant sa montée !&lt;br /&gt;Le stage nous retient une dizaine de jours sur l'île. Notre propriétaire, une petite madame Bihan (ce qui est un pléonasme, car bihan veut dire petit !) a l'allure typiquement bretonne ; elle porte encore la modeste coiffe groisillo-lorientaise sur son chignon serré. Celle qu'elle porte le dimanche, juste agrémentée d'un peu de dentelle, est à peine moins humble : sur les îles, on ne fait pas de chichi ! Elle nous propose gracieusement une seconde chambre en mansarde : c'est qu'il y a un garçon ! Il fait beau mais il fait frisquet ! À notre départ, madame Bihan nous facture une bouteille de gaz ! Comment sait-elle que pour nous réchauffer, nous faisons fonctionner le four, porte ouverte…? Je brave le froid grâce au gros pull de laine encore plein de l'odeur de mon futur et au gros duvet de plumes d'oies du Périgord également confectionné par bientôt belle-maman pour son fils. Le tout jeune barrage de port Melin alimente le château d'eau à peine mis en service, nouvel amer blanc planté au centre de l'île, à deux pas des ruines du vieux moulin à vent.&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/TJzHl9JcXdI/AAAAAAAAF6Y/Qk2SrwpKgpg/s1600/Michel+puits.jpg"&gt;&lt;img style="float: right; margin: 0pt 0pt 10px 10px; cursor: pointer; width: 136px; height: 200px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/TJzHl9JcXdI/AAAAAAAAF6Y/Qk2SrwpKgpg/s200/Michel+puits.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5520506698132643282" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Pour nous, l'eau, c'est celle du puits que Michel puise chaque matin avec dextérité à l'aide d'un simple seau attaché au bout d'une corde. Il met en pratique les conseils de Thomas Bihan, vieux bonhomme un peu bourru, sec et voûté. Chaque fois que nous le croisons, il ne manque pas de vanter son puits, unique objet de ses conversations : "le puits, c'est moi qui l'ai creusé", "son eau, elle est bonne" et surtout "vous pouvez la boire" !&lt;br /&gt;Le stage s'avère difficile ! Nous avons un secteur particulièrement ardu : la tectonique des plaques, qui parviendra à expliquer les mystères de Groix une dizaine d'années plus tard, n'est alors qu'à l'état d'hypothèse et nous ne maitrisons pas encore les lois du métamorphisme de haute pression. Nous sommes assez perplexes, parfois découragés et réalisons notre prospection quelque peu en touristes ! L'assistant chargé de vérifier le moral des troupes à mi-séjour ne sera d'ailleurs pas très content de nous trouver tardivement encore à l'approvisionnement le jour de sa visite impromptue. Mécontentement qu'il ne laissera qu'à demi paraitre ; les assistants de géologie sont aussi solidaires et bons vivants !&lt;br /&gt;Nous ne nous en sortons néanmoins pas si mal, exploitons au mieux les échantillons rapportés dans nos bagages sérieusement alourdis. On ne nous demande pas la lune et nous sommes néophytes. Être pionniers (que la science a oubliés avec ingratitude !), cela aide à faire passer quelques approximations. Et si aujourd'hui, les secrets du méli-mélo de la croûte terrestre et de la croûte océanique sont élucidés, nous n'en sommes peut-être pas vraiment responsables ! Au final, nous gardons de Groix un souvenir inoubliable et merveilleux. L'amitié y est aussi pour beaucoup.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Charmée par l'île, je la fais découvrir l'été suivant au propriétaire du pull et du sac de couchage devenu entre temps mon conjoint. Le temps d'une journée particulièrement chaude et à la lumière blanche dont quelques diapositives dorment aujourd'hui dans un carton. Nous en faisons une description si élogieuse à la famille que Jean, mon beau-frère qui cherchait sans succès une maison pour les vacances de sa petite famille en Normandie, y acquière pour quelques francs une maison de pêcheur au lieu-dit Kerlo Bihan (qui se traduit donc par Kerlo le petit) : une poignée de maisons blotties les unes contre les autres, au bout d'une impasse. Hissé sur la pointe des pieds, on peut même voir la mer depuis la mansarde ! Nous sommes en 1975. Jean va y sacrifier toute une belle série de longues vacances pour en faire un gîte convenable, capable d'accueillir une famille nombreuse et des amis non moins nombreux ! Nous y passons quelques merveilleuses vacances, nos enfants bénéficiant de l'admiration et de la disponibilité de leurs cousins plus âgés, ainsi que de la patience de leur grand-mère ; et nous, par conséquent, un peu de liberté.&lt;br /&gt;De l'été 2001, je conserve le dernier souvenir de Jean ainsi que sa dernière photo. Un bel été aussi pourtant, mais après lequel Groix, sans Jean, ne sera plus pareil !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;2010. Une invitation de L. (la maison est occupée en discontinu cet été) ne nous fait pas hésiter une seconde. C'est ainsi que début juillet nous accostons sur la jetée de Port Tudy après une calme traversée d'à peine trois quarts d'heure sur un vilain gros bateau blanc au nom de Saint Tudy. Personne pour nous accueillir sur la jetée comme c'était autrefois la coutume. Les fournées gargantuesques de galettes et de crêpes que Jean ne manquait sous aucun prétexte de confectionner en l'honneur de chaque nouvel arrivant, sont remplacées par celles de la meilleure crêperie du bourg. Nous voici donc sur Groix, comme si nous l'avions quittée hier. Ses rochers seront cette fois la proie de mon appareil photo. L'utilisation du marteau y étant maintenant prohibée, le mien coule les jours paisibles d'une retraite méritée au milieu des autres outils. Quant aux minéraux, échantillons ou autres galets, ils sont dispersés ça et là dans la maison et dans le jardin… et j'espère bien qu'ils y seront une énigme insoluble aux géologues d'une éventuelle future ère "quinternaire" !&lt;br /&gt;Cet été, mon reflex et mon compact aiment les ébats de mes petits-enfants sur la plage, les voiliers dans le port, les goélands criards, les fleurs dans la lande. Je fais une moisson d'hortensias, traque les fenêtres, les enseignes, les jolies maisons, vêtues ou non d'une robe blanche et d'accessoires "bleu-Ouessant" très à la mode ! Mode à laquelle Locmaria n'a pas échappé. Le village a abandonné le gris de ses façades. Il est devenu particulièrement coquet et bien joli, peut-être un peu trop astiqué et trop méridional, mais charmant ! Dans la rue Breiz Izel (traduire par rue Basse-Bretagne) sinueuse et étroite, la maison de Thomas Bihan a conservé son aspect d'autrefois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/TJzGs3P2ItI/AAAAAAAAF6I/Po8E5QnW8To/s1600/Maison+Locmaria+2.jpg"&gt;&lt;img style="display: block; margin: 0px auto 10px; text-align: center; cursor: pointer; width: 200px; height: 150px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/TJzGs3P2ItI/AAAAAAAAF6I/Po8E5QnW8To/s200/Maison+Locmaria+2.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5520505717296341714" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Je m'y arrête avec un pincement au cœur, imaginant Michel sur la photo que je ne manque pas de prendre : Michel mal réveillé puisant l'eau du puits ! Les souvenirs m'envahissent et je dois avoir l'air bête, à contempler cette maison plutôt banale au fond de sa cour bétonnée ! Mais il me faut bien admettre que depuis bientôt 36 ans Michel est revenu sur sa terre natale, au cimetière de Dombasle… Ce n'est pas la vie qui n'a pas voulu de lui, mais lui qui n'a plus voulu de la vie, quittée en terre africaine où ses amis trop lointains ne pouvaient rien faire pour l'empêcher de commettre l'irréparable. Du sourire de mon vieil ami et de sa barbichette clairsemée, il ne me reste que les quelques photos en couleurs prises le jour du baptême de L. sa fillotte, mon premier enfant, mais surtout, celles en noir et blanc, que j'avais prises pendant le stage breton en avril 1969.&lt;br /&gt;Flonflons du 14 juillet, quelques moules sur le port, une dernière journée dans les falaises à contempler inlassablement les vagues. Puis on range les accessoires de plage et de barbecue dans la remise … qualifiée de hangar ou de garage qui a émergé au milieu du pré depuis notre précédent séjour. Jean en avait calculé le volume nécessaire… mesurant scrupuleusement chaque objet encombrant le "grenier", jusqu'au bateau qui n'a pas quitté, cet été 2001, la compagnie des hortensias. Jean a effectué comme une nécessité, chaque jour durant, cette tâche inutile avec une précision obsessionnelle destinée à lui faire oublier ses souffrances. Il savait très bien alors qu'il ne reviendrait plus jamais sur Groix !&lt;br /&gt;16 juillet. Le même navire obèse qu'à l'aller nous ramène à Lorient. La traversée est calme et fraîche. L'ile s'estompe bien vite à l'horizon laissant avec quelques regrets une dernière image de ses Grands Sables blancs. Aucun marsouin ne vient jouer dans le sillage du bateau. Dans la rade de Lorient, aucun cargo au port de commerce où les grues de déchargement attendent, inutiles sur les quais, la venue d'un éventuel navire russe ou grec au nom illisible. Il est vain d'essayer de voir un sous-marin sortir de Kéroman, dont l'immense masse de béton a été évacuée au profit de Brest et Toulon. Un minuscule voilier, un petit chalutier s'écartent devant notre bateau. A quai, les soutes du Saint Tudy dégueulent leur maigre flux de véhicules et de passagers, rapide chassé-croisé avec les quelques véhicules qui attendent l'embarquement, corbillard en tête ! Nous mettons pied à terre contents malgré tout de regagner la Lorraine mais avec cette incertitude : "quand reverrai-je Groix ?", et ce regret : "qui sera du séjour ?", car la famille a proliféré et essaimé. Il est donc vain d'espérer qu'un jour les cousins y seront à nouveau tous réunis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;(Photos : avril 1969 - juillet 2010)&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2067179504561435277-4424100710254441787?l=mam-o-graphie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/feeds/4424100710254441787/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/2010/09/croix-de-groix.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2067179504561435277/posts/default/4424100710254441787'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2067179504561435277/posts/default/4424100710254441787'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/2010/09/croix-de-groix.html' title='Croix de Groix'/><author><name>MamLéa</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02196433866169076329</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/SaAd3eDymRI/AAAAAAAABGo/0JbYP67Rv_0/S220/Moi+1951.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/TJzHba2nYQI/AAAAAAAAF6Q/48piKbjgycc/s72-c/Michel+moi.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2067179504561435277.post-4701070839153444772</id><published>2010-08-23T19:22:00.003+02:00</published><updated>2010-08-23T19:31:30.604+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='récit'/><title type='text'>Météo des vergers</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je rentrais du jardin plusieurs fois par jour, tenant dans les mains les quelques mirabelles tombées. Délicatement comme si c'était des œufs ou plus précisément des œufs de Pâques tombés du ciel.&lt;br /&gt;Je n'ai pas osé les prendre en photo : je n'aurais pas eu le cœur de faire une jolie mise en scène sur une nappe en couleur, accompagnées de quelques feuilles arrachées aux arbres !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dégoûtée !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les blondinettes avaient un peu tardé à mûrir, contrariées par un hiver qui n'en finissait pas de finir, et par un début d'été prétendu caniculaire, tout juste un peu plus sec et plus chaud que de normale.&lt;br /&gt;Finalement, certaines étaient à point à l'heure habituelle. Le 13 août qui tombait un vendredi, fut un jour de chance pour les ramasseurs qui purent commencer à œuvrer dans les vergers les plus précoces sous un beau soleil d'été. Les propriétaires souhaitant alimenter les premières ventes avec un bénéfice conséquent se frottaient déjà les mains !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puis est venu le week-end ; comme qui dirait un 15 août pourri ! Déjà que la malédiction avait fait tomber ce jour férié un dimanche, pour corser le tout il a plu ! La pluie s'est mise à tomber perfidement le samedi. Puis elle est tombée de façon soutenue et sans interruption le dimanche tandis que celle du lundi, un peu plus légère, a complété les méfaits du temps exécrable de la veille. Le thermomètre frisait les 14/15°C et par superstition, j'osais à peine ressortir quelque petite laine me souvenant pourtant avoir déjà fait une flambée dans la cheminée à pareille époque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le soleil est revenu, timidement. Les hirondelles aussi, qui avaient abandonné le ciel au dessus du village pour quérir au-dessus de la Moselle quelque maigre pitance. Chacun a tout doucement sorti le museau hors de chez lui, scrutant, évaluant, commentant …&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On ne put que constater çà et là les dégâts, les surestimant peut-être comme il se doit dans une première évaluation à 60% de perte ! Estimation vérifiée dans mon jardin où je ramassais les pauvrettes au fur et à mesure qu'elles s'écrasaient au sol. Les moins laides présentaient une fente indécente, mettant à nu leur chair dorée. D'autres moins pudiques laissaient entrevoir un noyau incongru ! J'envoyais avec rage sur le pourrissoir celles dont il ne restait que chair corrompue, brune ou violette, du jamais vu, que même les guêpes avaient renoncé à fréquenter. Ces dernières avaient en effet totalement disparu, laissant les fruits gâtés aux fourmis et aux limaces. À quelques mouches aussi !&lt;br /&gt;Un peu de confiture, une tarte, un clafoutis… on s'est régalés malgré tout ! Même laides, les rescapées étaient goûteuses et j'avais commencé à hocher quelques branches, récupérant de quoi satisfaire ma gourmandise mais pas suffisamment pour des conserves.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Partout on déplora les dégâts. Dans les vieux vergers, les branches avaient cédé sous le poids des mirabelles qui, déjà trop nombreuses, s'étaient à l'excès gorgées d'eau. Les jeunes vergers où les fruits étaient encore immatures laissaient espérer encore une possible récolte. Le soleil fit rapidement sont action et en quelques heures, la maturité fut atteinte mais il fallu bien se rendre à l'évidence : il y avait trop de fruits fendus, invendables à moins d'un tri particulièrement sévère et peu rentable. La majeure partie des fruits allaient devoir finir sur place ou en distillerie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quant à moi, j'ai pu faire de substantielles provisions grâce à une amie du Saintois que je remercie chaleureusement au passage.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/THKvpGQGMYI/AAAAAAAAFmM/3EOaDaVQbyk/s1600/Mirabelles+006.jpg"&gt;&lt;img style="display: block; margin: 0px auto 10px; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 267px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/THKvpGQGMYI/AAAAAAAAFmM/3EOaDaVQbyk/s400/Mirabelles+006.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5508658414815162754" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Mes réserves seront une première infidélité aux côtes de Toul. Lors du ramassage dominical du 22 août, nous avons dû nous rendre à l'évidence que le rendement était assez décourageant ! Très peu des fruits que nous avons récoltés auraient été dignes de satisfaire le commerce : souvent trop petites, tachées ou molles et tournant à vue d'œil sous le temps orageux. J'avais espéré garnir une dizaine de bocaux mais la trentaine que nous avons emplis dès le dimanche soir et stérilisés le lendemain matin est bien jolie à voir. Les quelques unes qui ont échappé à la cuisson devront être rapidement consommées et seront rejointes par les dernières du jardin que je collecte encore poignée par poignée au fur et à mesure que le vent les fait tomber.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne promets pas non plus ne point aller à la rapine sous les arbres de Bruley ou de Lucey dans quelques jours ! Chaudes et un peu molles, gisant dans l'herbe piétinée, elles sont parmi les meilleures à grappiller au cours d'une balade sur la côte, juste avant les vendanges.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2067179504561435277-4701070839153444772?l=mam-o-graphie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/feeds/4701070839153444772/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/2010/08/meteo-des-vergers.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2067179504561435277/posts/default/4701070839153444772'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2067179504561435277/posts/default/4701070839153444772'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/2010/08/meteo-des-vergers.html' title='Météo des vergers'/><author><name>MamLéa</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02196433866169076329</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/SaAd3eDymRI/AAAAAAAABGo/0JbYP67Rv_0/S220/Moi+1951.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/THKvpGQGMYI/AAAAAAAAFmM/3EOaDaVQbyk/s72-c/Mirabelles+006.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2067179504561435277.post-1095075879133575553</id><published>2010-05-02T22:28:00.000+02:00</published><updated>2010-05-02T22:30:11.311+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='poème'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='guerre'/><title type='text'>Le soldat inconnu</title><content type='html'>J'ai quitté enfants et femme&lt;br /&gt;Mon village&lt;br /&gt;La fleur au fusil&lt;br /&gt;Pour qu'un sang impur&lt;br /&gt;Abreuve nos sillons&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai vécu le grand drame&lt;br /&gt;Le mitraillage&lt;br /&gt;Dans une tranchée transi&lt;br /&gt;Poilu que torture&lt;br /&gt;La peur et le frisson&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans la boue et les flammes&lt;br /&gt;Avec courage&lt;br /&gt;J'ai tant frémi&lt;br /&gt;Quand dans la nuit obscure&lt;br /&gt;Tonnaient les canons&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voici venu le temps des larmes&lt;br /&gt;Du sang sur mon visage&lt;br /&gt;Quand au bout de la nuit&lt;br /&gt;Un vent triste murmure&lt;br /&gt;Ma funèbre oraison&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Inconnu sous la flamme&lt;br /&gt;Pour hommage&lt;br /&gt;Des fleurs épanouies&lt;br /&gt;Une tricolore parure&lt;br /&gt;Et le son du clairon.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2067179504561435277-1095075879133575553?l=mam-o-graphie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/feeds/1095075879133575553/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/2010/05/le-soldat-inconnu.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2067179504561435277/posts/default/1095075879133575553'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2067179504561435277/posts/default/1095075879133575553'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/2010/05/le-soldat-inconnu.html' title='Le soldat inconnu'/><author><name>MamLéa</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02196433866169076329</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/SaAd3eDymRI/AAAAAAAABGo/0JbYP67Rv_0/S220/Moi+1951.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2067179504561435277.post-4922643186664290752</id><published>2010-04-08T21:04:00.007+02:00</published><updated>2010-04-08T22:08:56.020+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='récit'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='famille'/><title type='text'>NN Renault</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Quand &lt;a href="http://notrelorraine.blogspot.com/2010/04/2010-nancy-vu-place-de-la-carriere.html"&gt;Gérard&lt;/a&gt;, qui "aime notre Lorraine", a publié sur son blog une série de vieilles voitures photographiées à Nancy, j'ai tout de suite reconnu la NN qui, parmi les divers modèles qui ont existé, ressemblait fort à la nôtre… et une foule de souvenirs plus ou moins précis ont refait surface.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;J'avais tout juste sept ans… &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce dont je me souviens avec précision, c'est Papa, commentant avec fierté l'engin avec mes deux oncles. La voiture dont j'appris bien plus tard qu'elle avait été rachetée à "Tonton Raymond" était garée juste devant le pavillon de mes grands-parents à Clamart. Elle était couleur café au lait, terne, avec un toit noir et elle était équipée d'un coffre étroit plaqué à l'arrière et capable d'accueillir une unique grande valise (que je possède encore). C'était une voiture haute, comme on les faisait avant guerre, avec des marchepieds le long des portières, un pare-soleil prolongeant le toit sur le pare-brise plat équipé d'un essuie-glace hésitant, un mince pare-choc cabossé et des phares saillants comme des yeux de crapauds. Son capot en pointe était orné sur sa tranche du logo tout simple de la marque emblématique de l'île Seguin où l'auto était vraisemblablement née entre 1924 et 1928. Déjà en 1955, cette NN Renault était un modèle obsolète et réformé. Dans les rues de Paris on voyait surtout des Traction et des 203. Comme nous habitions en ville, nous n'avions pas d'automobile, n'en ayant pas le besoin… sinon le métro ou le bus à plateforme arrière épargnait parfois mes guiboles juvéniles et maigrichonnes. Pour les vacances en Bretagne, c'était le train ; pour les sorties du dimanche du côté de Meudon ou sur les bords de la Seine, c'était, pour moi, assise à l'arrière du vélo de Maman, ma sœur sur celui de Papa. Papa avait une moto qu'il laissait à Ormesson où ma grand-mère avait hérité d'une toute petite maison avec un jardinet qui adoucit un peu les restrictions alimentaires pendant la guerre et où nous profitions de la "campagne" ! Quand par chance je pouvais monter dans la 203 de mon oncle, assise à côté du chauffeur sur les genoux de ma tante, j'étais fière comme Artaban, c'était le luxe suprême, un bonheur rare ! D'autant plus que mon oncle connaissait la ville comme sa poche. Les rues pavées m'apparaissaient avec enchantement au-delà du Lion qui ornait le capot et c'était de nuit que ces trajets avaient ma préférence car "Tonton Maurice" faisait volontiers un détour pour nous permettre de voir les lumières de la ville.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je n'ai pas oublié cette journée du printemps 1955 où la NN fit son apparition, mais je n'ai pas compris tout de suite que cette voiture devenait la nôtre et qu'en même temps, cela signifiait que nous allions quitter Paris pour aller vivre "en province". Ma santé était en partie responsable de ce départ inopiné. Notre vie allait changer du tout au tout avec cette Lorraine qui s'offrait à nous, là-bas, loin vers l'est ! Si la famille s'amusait de notre exil, mon grand-père, qui y avait fait la guerre et eu la chance de ne perdre que l'odorat à cause d'un gaz malencontreusement respiré en 1916 dans les Vosges, près de Charmes, n'admettait pas notre départ chez les "Boches". Il nous annonça clairement refuser de venir nous y rendre visite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le tacot nous permit de faire la tournée des adieux auprès des amis dispersés çà et là dans la banlieue parisienne, tout à fait comme si nous partions pour un voyage sans retour ! C'est ainsi que j'ai retrouvé l'unique photo de la Nénette (c'est ainsi que nous l'avions surnommée) prise à Savigny-sur-Orge, mais visiblement, le photographe, en l'occurrence Papa, s'était plus intéressé à garder un souvenir des enfants que de la titine ; même le chat fut invité à prendre la pose !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/S74v94rW7RI/AAAAAAAAECI/d6y_nmwCEZA/s1600/N%C3%A9nette.jpg"&gt;&lt;img style="display: block; margin: 0px auto 10px; text-align: center; cursor: pointer; width: 260px; height: 400px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/S74v94rW7RI/AAAAAAAAECI/d6y_nmwCEZA/s400/N%C3%A9nette.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5457852538652388626" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;(Savigny-sur-Orge, 1955)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Mais comme c'est loin, la Meuse, pour une vieille voiture poussive ! Jamais je n'oublierai le jour où nous avons quitté définitivement la capitale. Certes, l'auto était belle, mais elle était fatiguée ! Elle parvint péniblement à monter la côte pavée après le pont de Joinville sous le regard goguenard du tirailleur Sénégalais. Mes parents prirent alors conscience que la route serait longue ! Peu m'importait… je savourais ce voyage. Le contact du cuir rouge craquelé des sièges était raide et frais sous mes cuisses maigres. L'auto me paraissait immense et j'admirais que Papa sut conduire un tel engin. Je crois même me souvenir qu'il passait le bras par la portière pour signaler chaque changement de direction… l'auto étant exempte de "clignotant" !&lt;br /&gt;J'ai oublié une bonne partie du paysage ayant probablement dormi ou somnolé. Pourtant, la traversée de la Champagne alors "pouilleuse" me sembla interminable et monotone ; c'était la première fois que je voyais de si longues rues sans maisons et j'en étais stupéfaite. La chaleur se mit à nous faire souffrir quand le soleil de juillet au zénith tapait dur sur le toit noir du véhicule qui avançait au rythme d'une limace. Je demandais plus d'une fois si nous allions bientôt arriver.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand nous sommes arrivés à destination, un camion nous attendait devant notre nouvelle demeure, la poste d'un petit village, avec tous nos meubles et nos affaires. Je n'en revenais pas ! On avait éloigné les enfants pendant le chargement auquel je n'avais donc pas assisté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ma famille s'adapta de façon étonnante à la vie de village où le confort était loin de celui que nous avions laissé derrière nous ! Les villageois s'en étonnèrent, mais nous restâmes toujours "les parisiens" et mes impitoyables camarades d'école se moquèrent longtemps de mon accent que je métissai bien vite avec le parler local !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et la NN ? Elle fut vite revendue et remplacée par une petite 4CV neuve, couleur "coquille d'œuf", achetée ainsi que quelques meubles avec l'argent de la vente de l'appartement du 11ème arrondissement. Cette petite auto nous permis de découvrir la Lorraine au fil des dimanches, et même mon grand-père vint y faire l'incontournable tournée des champs de bataille autour de Verdun, dénonçant ainsi sa promesse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;center&gt;&lt;/center&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/S74v9tYpubI/AAAAAAAAECA/HUZcIICVJAI/s1600/4CV.jpg"&gt;&lt;img style="display: block; margin: 0px auto 10px; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 253px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/S74v9tYpubI/AAAAAAAAECA/HUZcIICVJAI/s400/4CV.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5457852535621138866" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;(Maxey-sur-Vaise, mai 1956)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La NN est partie chez un collectionneur contre une poignée de francs ; il fit une excellente affaire ! Je crois me souvenir que la tractation fut de l'ordre de 10 000 Francs, des anciens, ceux d'avant la dévaluation par le général De Gaulle. Ce montant dérisoire correspondait à ce que la plupart des tirelires enfantines pouvaient généralement contenir !&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2067179504561435277-4922643186664290752?l=mam-o-graphie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/feeds/4922643186664290752/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/2010/04/nn-renault.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2067179504561435277/posts/default/4922643186664290752'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2067179504561435277/posts/default/4922643186664290752'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/2010/04/nn-renault.html' title='NN Renault'/><author><name>MamLéa</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02196433866169076329</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/SaAd3eDymRI/AAAAAAAABGo/0JbYP67Rv_0/S220/Moi+1951.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/S74v94rW7RI/AAAAAAAAECI/d6y_nmwCEZA/s72-c/N%C3%A9nette.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2067179504561435277.post-7328185771447423466</id><published>2010-01-13T23:34:00.007+01:00</published><updated>2010-01-14T17:36:25.320+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='récit'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='famille'/><title type='text'>Février 1956</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: right;"&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le lecteur a le droit de considérer ce récit comme une fiction, moi, pas !&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/S05Lk_SM6GI/AAAAAAAADZ0/vPnM8Rz0Nxo/s1600-h/Hiver.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 400px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/S05Lk_SM6GI/AAAAAAAADZ0/vPnM8Rz0Nxo/s400/Hiver.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5426357699863177314" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Papa était loin de réaliser au petit matin de ce 31 janvier 1956 quand il découvrit avec effroi la chute étonnante du thermomètre, qu'en l'espace d'une nuit nous entamions un mémorable mois de février ! Les villageois l'avaient pourtant bien prévenu quand nous avions débarqué dans ce petit endroit perdu en Meuse l'été précédent que les hivers lorrains étaient rudes. Eux-mêmes furent néanmoins surpris par ce temps sibérien auquel ils n'étaient pas préparés.&lt;br /&gt;Le dimanche précédent, Maman s'était moquée de moi quand je lui avais demandé l'autorisation de me vêtir de la jolie jupe rouge que j'avais portée tout l'été, détail qui me sert encore aujourd'hui de point de repère car si les souvenirs d'une enfant de sept ans ne sont pas toujours fidèles, l'humiliation que j'en ressentis alors a gravé avec précision dans ma mémoire la date et les faits.&lt;br /&gt;Ce mercredi matin, qui était alors un jour d'école, le thermomètre affichait un vaillant -6°C qui s'aggrava de jour en jour bien en deçà du -25°C enregistré à Nancy. Je revois encore Papa se hisser chaque matin sur la pointe des pieds au-dessus de la pierre à eau, pour regarder l'instrument de mesure diabolique accroché à l'extérieur de la haute fenêtre de la cuisine. Je n'ai pas oublié son expression quand il nous annonçait le record battu, jour après jour. Nous étions logés dans une ancienne école où les enfants assis à leurs pupitres ne devaient pas pouvoir être distraits en regardant par les fenêtres. La pièce, haute de plafond, séparée de la cave humide par un mauvais plancher, était chauffée par une cuisinière à bois. La "Godin" aux parois émaillées blanches avait bien du mal à maintenir une température acceptable dans cette pièce qui faisait office de cuisine, de salon, de salle de jeux, de living-room et même de salle de bain. Sur le dessus astiqué au Zebracier, la vieille bouilloire en aluminium fournissait de l'eau chaude en permanence tout en se chargeant de calcaire. La maison s'imprégna bientôt d'une ambiance d'igloo. À l'étage, mes parents nous évacuèrent ma sœur et moi de notre chambre dont les fenêtres s'étaient ornées d'un magnifique feuillage de glace persistant. Nous dormions dès lors tous les quatre dans une vaste chambre qu'ils réchauffaient avec un petit appareil mobile au gaz qu'il n'était pas question de laisser fonctionner toute la nuit.&lt;br /&gt;Pour nous, les enfants, se fut une magnifique période insouciante de jeux dans la neige qui faisait probablement contraste avec les tracas auxquels les adultes durent faire face mais dont nous n'avions pas conscience.&lt;br /&gt;Quand la première neige eut tombée toute une nuit, nous en avions ressenti la présence avant même que de l'avoir vue. C'est qu'il régnait une ambiance anormale dans la maison, feutrée, cotonneuse. La place du village avec sa double ceinture de marronniers était notre terrain de jeux favori… du moins, celui qui nous était autorisé puisque mes parents gardaient ainsi sur nous un œil heureusement assez distant. Les vieux arbres servirent de refuge aux lâches qui fuyaient les boule de neiges, projectiles pas toujours pacifiques, parfois trop tassés ou truffés d'un traitre caillou en guise de fève. C'était en général l'armée des garçons contre celle des filles, la force des uns devant être compensée par la ruse des autres. Et si dans un clan ou dans un autre, un combattant envoyait traitreusement son projectile dans le cou de sa victime, il était sitôt vilipendé par une escouade de défenseurs qui vengeait la victime : les combats étaient pris très au sérieux, comme dans "La Guerre des Boutons". Les batailles les plus rudes avaient lieu le jeudi matin, sur le chemin du retour du catéchisme. Les autres jours nous sortions de la maison au dernier moment, les poches emplies des marrons saisis brûlants sur la cuisinière avant de nous enfuir en courant vers l'école. &lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/S05LezjxRWI/AAAAAAAADZs/440U_Uv45mg/s1600-h/Buzy+ecole.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer; width: 205px; height: 320px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/S05LezjxRWI/AAAAAAAADZs/440U_Uv45mg/s320/Buzy+ecole.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5426357593636423010" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Celle-ci, située sur la place, était visible de chez nous et j'attendais derrière les fenêtres le moment où les écoliers commençaient à se mettre en rangs pour sortir de chez moi. Un autre terrain de jeu favori de cette période fut le fossé gelé. On appelait "fossé" le ruisseau nauséabond en été qui séparait le village du "château", une vieille ferme qui eut probablement ses heures de gloire dans des temps lointains et historiques. On imaginait facilement ledit fossé autrefois franchi par un pont-levis à la place du pont boueux qui l'enjambait. Bien rempli par le début de l'hiver, le fossé s'était bien vite recouvert d'une couche de glace solide qui devint terrain de glissade amélioré par les débris de glace que les grands y pulvérisaient. Les plus audacieux s'y aventuraient même à vélo, semant la panique au milieu des gamins moins espiègles. Je garde de cette époque une petite cicatrice au menton : peu attirée par l'art du patinage, je regardais les évolutions des autres avec une telle concentration que je ne sentis pas venir l'ennemi derrière moi ! C'était un amoureux éconduit qui, voulant se venger, m'octroya un brusque croche-pied qui eut pour effet de me projeter vivement en avant sur la glace. La plaie béante fut réparée à coup d'agrafes que le docteur appelé en urgence me posa à vif, sans ménagement. J'en pleurai plus de chagrin que de douleur. J'eus en compensation la faveur de ne pas aller à l'école le lendemain lundi, et ma sœur me rapporta que le garnement (qui avait probablement sous-estimé les conséquences de son geste) fut admonesté par le maitre d'école avec une telle violence, pas seulement verbale, que tous les élèves en eurent pitié. Curieusement, si moi je ne lui tins pas rigueur pour la blessure, lui me considéra comme responsable de la sévère bastonnade dont il fut victime. J'espère que du haut du ciel où il se trouve maintenant, il m'a pardonnée… de mon "innocence" !&lt;br /&gt;Je n'ai pas souvenir d'avoir souffert du froid, mais je compatissais pour quelques uns de mes petits camarades qui passèrent l'hiver les genoux à l'air, garçons en culotte courtes, filles en jupes plissée et grandes chaussettes de laine. Quant à moi, mes pieds furent bien au chaud dans des chaussures en peau de phoque à la mode du moment, Brigitte Bardot ne s'était pas encore engagée dans la guerre contre la chasse de cet animal. Je ne dis pas que je ne fus pas victime d'engelures, et j'avais évité le pire, du moins, c'est ce que je croyais, le jour où je pris un bain de pied dans l'eau froide du fossé dont la glace était plus fragile sur le bord.&lt;br /&gt;L'hiver fit une unique victime au village, mais il n'y eut heureusement pas mort d'homme ! Un soir, je fus tirée de mon premier sommeil, par une ambiance insolite : le tocsin retentissait lugubrement au clocher tout proche et une agitation anormale régnait sous nos fenêtres. Maman arriva blême dans la chambre nous annonça qu'il se produisait un drame ! Je ressentis un soulagement confus quand elle nous dit qu'il y avait un incendie au village. J'avais imaginé encore pire, l'espace de quelques secondes ! Les pompiers volontaires, tous hommes du village, avaient eu tôt fait de sauter dans leur grosses bottes en cuir et d'installer la pompe à bras ainsi que les quelques 300 à 500 mètres de tuyaux qui devaient transporter l'eau depuis l'Orne jusqu'au lieu du sinistre. Le problème, c'est qu'avec la température polaire qui régnait à l'extérieur, l'eau se mit à geler rapidement dans les tuyaux avant d'avoir le temps d'arriver à destination. La maison fut totalement détruite et son vieil occupant, victime d'une cheminée mal ramonée, quitta le village en trouvant refuge dans de la famille. J'eus davantage de compassion pour ma copine dont la maison mitoyenne eut à subir les dégâts des pompiers. Elle passa avec sa famille la fin de l'hiver dans une autre maison du village où elle fut temporairement relogée. Une odeur âcre émanant des ruines fumantes s'attarda quelques jours dans l'atmosphère. Quant aux tuyaux, ils attendirent le dégel sur place, jusqu'à la fin du mois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout rentra dans l'ordre quand le calendrier indiqua que mars venait de commencer et, bientôt, le mercure fit dans le tube du thermomètre le chemin du retour à la "norme saisonnière" comme diraient aujourd'hui à la télévision les incompétents présentateurs de la météo. Quant à l'Orne, la jolie rivière vive qui contournait le village et venait parfois en visiter quelques maisons, elle se contenta de figer sur ses rives sans jamais geler totalement !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: right;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;14 janvier 2010&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lien : &lt;a href="http://www.meteolafleche.com/Climatologie/hiver1956.html"&gt;L'hiver 1956 : un des hivers les plus froids qu'ait connu l'Europe&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2067179504561435277-7328185771447423466?l=mam-o-graphie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/feeds/7328185771447423466/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/2010/01/fevrier-1956.html#comment-form' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2067179504561435277/posts/default/7328185771447423466'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2067179504561435277/posts/default/7328185771447423466'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/2010/01/fevrier-1956.html' title='Février 1956'/><author><name>MamLéa</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02196433866169076329</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/SaAd3eDymRI/AAAAAAAABGo/0JbYP67Rv_0/S220/Moi+1951.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/S05Lk_SM6GI/AAAAAAAADZ0/vPnM8Rz0Nxo/s72-c/Hiver.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2067179504561435277.post-6829473964332531820</id><published>2009-12-09T23:25:00.003+01:00</published><updated>2010-09-24T17:58:23.361+02:00</updated><title type='text'>Le denier du rêve (4/4)</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;À Toul, 10 ans plus tard, par un beau soir étoilé belle nuit étoilée de Saint-Jean, on pouvait voir dans le clair de lune, trois silhouettes assises sous un grand aulne au bord de l'Ingressin. Non loin, à la cathédrale, une cloche égrena lentement douze coups, suivie de peu par celle de saint Gengoult.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le plus petit des trois personnages était un dénommé Léon Martin, le fils ainé d'un honorable drapier de la ville. Il tenait dans ses mains celles de la Jeannette. C'est que celle-ci était devenue une bien belle demoiselle... Un grand gaillard très maigre était assis en face d'eux sur une grosse pierre. Dans le contre-jour de la pleine lune, ses grandes oreilles décollées ressemblaient à des ailes !&lt;br /&gt;- Je te l'avais bien dit, la Jeannette, que tu deviendrais une "dame" ! Alors, demain on fête à Toul les épousailles de Jeannette et de Léon ! Cela me réjouit le cœur. Mais raconte comment cela est devenu possible.&lt;br /&gt;- Ha, c'est une bien longue et triste histoire ! Le jour de votre passage au village, j'ai cru que ma dernière heure avait sonné ! Quand je suis arrivée devant l'église, tous les villageois  en colère y étaient massés et proféreraient des menaces à mon encontre. Ils voulaient aussi votre peau, disant que vous étiez un suppôt de Satan et que vous m'aviez déshonorée. Heureusement, le gros Collignon m'a protégée et j'ai pu m'échapper avec ma mère qui rentrait tout juste de La Rochotte. J'ai été sauvée par l'arrivée des archers du Duc à vos trousses, et l'orage qui a éclaté sur l'heure a été pris pour une intervention divine. La pièce, je ne sais ce qu'elle est devenue ! Je l'avais donnée au père. Elle ne lui a pas porté chance ! Le jour même, sa barque a chaviré dans la rivière en crue. On n'a pas même retrouvé son corps. Mère en est morte de chagrin. L'Évêque Pierre, lui aussi, est mort peu de temps après. Il m'avait fait entrer à Toul au service du Sieur Martin chez qui j'ai d'abord travaillé aux cuisines. Il m'a bien vite prise sous sa protection et m'a employée comme dame de compagnie pour sa fille. La pauvre Isabelle qui avait tout juste mon âge était déjà bien malade et nous sommes devenues amies. Elle m'a appris à déchiffrer les lettres dans son beau livre de prières, et moi, je lui parlais de la vie dans mon village. Je lui en ai conté toutes les légendes !&lt;br /&gt;- Maintenant, je sais lire !&lt;br /&gt;- Isabelle avait un frère, Léon. Dans l'obscurité, personne ne put voir le rouge monter à ses joues.&lt;br /&gt;- Et demain je serai dame Martin !&lt;br /&gt;- Mes deux petits frères ont dû se débrouiller seuls. Je leur donnais de temps à autre un peu de l'argent que je gagnais. Aujourd'hui, ils cultivent les terres, aux dessus du village et ils élèvent quelques moutons sur le Chanot. Ils vivent encore dans la petite maison sous les roches, craignant encore chaque année les crues de la rivière. Mais… vous, La Leuquoise ?&lt;br /&gt;Le bonhomme fit un grand geste, comme pour dire "qu'importe".&lt;br /&gt;- Bah, j'avais peu de chances de m'en sortir. J'étais recherché d'un côté par les hommes du Duc et de l'autre par l'Évêque à qui j'avais été calomnieusement dénoncé comme traitre. J'ai été jeté dans les cachots du Duc, à la Craffe, après y avoir été questionné sans ménagements. Je n'ai pas parlé : un ange ne trahit pas ! Dix ans dans une geôle obscure aux parois moisies et me voici de retour chez moi ! Demain je serai caché à Saint-Gengoult jusqu'au moment où l'hostie sera consacrée mais quand les cloches carillonneront joyeusement votre union, je m'en serai retourné au royaume des anges.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pendant ce temps, au village, deux jeunes garçons munis d'une lampe à huile, culotte retroussée, les pieds dans l'eau froide de la source Saint-Nicolas, soulevaient les pierres pour y dénicher des écrevisses.&lt;br /&gt;- Dis, Colin, tu te souviens de ce qui s'est passé au village le jour où le père s'est noyé ? Moi, j'étais trop petit. Mais le matin, quand il est sorti en trombe de la maison, je me suis levé et j'ai trouvé une petite pièce au pied de sa paillasse. Je l'ai cachée dans ma ceinture et je suis allé la planter dans le champ au dessus du village. Je croyais qu'elle allait pousser et que nous deviendrions riches ! J'y suis allé voir chaque année, mais rien, bien sûr ! Je ne sais même plus exactement l'endroit où je l'ai mise.&lt;br /&gt;- Quel idiot tu fais, croire que les pièces poussent ! Mais dépêche-toi : sinon on n'aura jamais assez d'écrevisses  pour le banquet de demain !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/SyAlg0bz8zI/AAAAAAAADMQ/qgA6uwJavPQ/s1600-h/MoselleRochotte.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 201px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/SyAlg0bz8zI/AAAAAAAADMQ/qgA6uwJavPQ/s400/MoselleRochotte.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5413367997860672306" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Ce que Jacques n'aurait pu imaginer, c'est qu'en 2009, un promeneur curieux retrouverait dans les terres fraichement labourées au-dessus du village le petit denier que Colin y avait semé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;oOo&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/SyAN2dEgx8I/AAAAAAAADLY/IGShzZ3unIM/s1600-h/Denier+couleur.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 197px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/SyAN2dEgx8I/AAAAAAAADLY/IGShzZ3unIM/s320/Denier+couleur.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5413341981266986946" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2067179504561435277-6829473964332531820?l=mam-o-graphie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/feeds/6829473964332531820/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/2009/12/le-denier-du-reve-44.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2067179504561435277/posts/default/6829473964332531820'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2067179504561435277/posts/default/6829473964332531820'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/2009/12/le-denier-du-reve-44.html' title='Le denier du rêve (4/4)'/><author><name>MamLéa</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02196433866169076329</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/SaAd3eDymRI/AAAAAAAABGo/0JbYP67Rv_0/S220/Moi+1951.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/SyAlg0bz8zI/AAAAAAAADMQ/qgA6uwJavPQ/s72-c/MoselleRochotte.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2067179504561435277.post-312213494255838263</id><published>2009-12-09T22:03:00.004+01:00</published><updated>2010-09-24T17:59:40.947+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Nouvelle'/><title type='text'>Le denier du rêve (3/4)</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/SyAekSPWzPI/AAAAAAAADLw/HW5Vh58M3BE/s1600-h/Moselle+%C3%A9vanescente.jpg"&gt;&lt;img style="float: left; margin: 0pt 10px 10px 0pt; cursor: pointer; width: 200px; height: 117px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/SyAekSPWzPI/AAAAAAAADLw/HW5Vh58M3BE/s200/Moselle+%C3%A9vanescente.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5413360360819707122" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Un jour pâle s'était levé. Jeannette rebroussa chemin, pressa le pas, contournant la place d’où s’élevait un murmure inhabituel… Elle sentit bien que ce tohu-bohu la concernait. Elle se cacha derrière un tas de bois qui encombrait l'usoir.&lt;br /&gt;-  …et il a enlevé la petite Jeannette !&lt;br /&gt;Collignon criait et gesticulait au milieu dune foule tout aussi agitée.&lt;br /&gt;- Le Collignon est bien simplet mais pas menteur, pensa le curé qui, alerté par le bruit, s'était joint à ses ouailles.&lt;br /&gt;- T'as vu un homme en noir toi ? &lt;br /&gt;- Comme je vous vois ! J'allais pour sonner l'angélus… et… et j'ai tout vu !&lt;br /&gt;- Ta Jeannette avec un homme ! Ta Jeannette ! Tu te rends compte ? Un grand homme tout en noir… dit une matrone au père qui arrivait en courant, ameuté par les cris des villageois.&lt;br /&gt;À peine rassurée pas l'arrivée du Didier Grandidier, Jeannette sortit furtivement de sa cachette et se réfugia dans le dos de Collignon.&lt;br /&gt;- C'est donc vrai ma Jeannette ? Tu as vu un homme en noir ? demanda Louison, la mère, qui rentrait tout juste de La Rochotte, son service terminé.&lt;br /&gt;Tremblante de peur, Jeannette expliqua timidement que l'inconnu lui avait offert une pièce du Duc qu'elle avait dû donner à son père et que l'homme s'était dirigé vers Toul par un chemin qu'elle lui avait indiqué…&lt;br /&gt;Le petit groupe continuait de s'ébrouer sur place quand soudain on entendit le martellement du galop d’une troupe à cheval, dévalant la grand-rue, et le cliquetis des armes s'entrechoquant.&lt;br /&gt;Un gamin morveux accourut, pieds-nus, et s’époumona :&lt;br /&gt;- Les gens d’armes ! Les gens d’armes !&lt;br /&gt;On se regarda, inquiets : angoisse de la soldatesque ! Trois archers déboulèrent et arrêtèrent avec peine leurs montures à la hauteur du petit groupe. Le gamin s’était blotti dans les jupes de sa mère.&lt;br /&gt;- Holà ! Manants ! Quelqu’un d’entre vous est-il le mayeur du bourg ?&lt;br /&gt;Regroupés et intimidés, tous nièrent de la tête, l'air un peu benêt…&lt;br /&gt;- Allez me chercher le mayeur ! s’écria sèchement celui qui paraissait être l’officier. Il y a affaire d’état !&lt;br /&gt;- Voilà, voilà… y’a pas le feu à la Moselle ! leur lança un homme ventru sortant de la plus grosse masure de la place, accourant vers eux en remontant ses chausses.&lt;br /&gt;- Dieu, les archers du Duc ! …&lt;br /&gt;- T’es le mayeur ?&lt;br /&gt;- Qu'est ce qu'il se passe ?... tu as mandat de qui ?&lt;br /&gt;- Écoute bien et ne m’interromps pas. Par ordonnance du bailli de Nancy, moi, Ferry de Bainville, sergent au service du Duc Charles, je te fais connaître qu’un cri public a été lancé pour mettre la main sur le dénommé "La Leuquoise". C’est un grand maigre avec de grandes oreilles, toujours vêtu de noir. C'est un traître et un dénonciateur ! On l'a vu plusieurs fois franchir le gué. Je promets 3 deniers de bon or à qui donnera tout renseignement sur l’individu et le lieu où on peut le trouver. Qu’on se le dise !…&lt;br /&gt;-  Je t’entends bien, sergent, mais tu sais que tu es ici en terre épiscopale ! La justice du Duc n'a pas loi par ici !&lt;br /&gt;- Sacrebleu, rétorqua haineusement le sergent, tu crois m’impressionner ! En tous cas, manants, sachez que notre bon Duc ne fait pas de différence en cas de lèse-majesté… les 3 deniers sont au premier qui aidera à mettre la main sur le dénommé "La Leuquoise". Tu peux rentrer chez toi, mayeur, je ferai mon rapport sur ton impertinence…&lt;br /&gt;Sur ce, il lança son cheval dans la direction de Toul en pointant du doigt le mayeur demeuré droit, les deux mains sur les hanches, en signe de défi.…&lt;br /&gt;- Hé vous autres ! Ne restez pas là ! Vous avez entendu... trois deniers or ! Et il accompagna ses paroles en brandissant trois doigts vers les villageois pétrifiés.&lt;br /&gt;Soudain, comme un avertissement céleste, une pluie torrentielle se mit à tomber dans un violent grondement de tonnerre. Le groupe effrayé se dispersa en courant, chacun se faufilant dans les venelles pour se réfugier dans sa chaumière.&lt;br /&gt;Et puis, après tout, n'avait-on point retrouvé la Jeannette !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;oOo&lt;/center&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2067179504561435277-312213494255838263?l=mam-o-graphie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/feeds/312213494255838263/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/2009/12/le-denier-du-reve-34.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2067179504561435277/posts/default/312213494255838263'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2067179504561435277/posts/default/312213494255838263'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/2009/12/le-denier-du-reve-34.html' title='Le denier du rêve (3/4)'/><author><name>MamLéa</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02196433866169076329</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/SaAd3eDymRI/AAAAAAAABGo/0JbYP67Rv_0/S220/Moi+1951.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/SyAekSPWzPI/AAAAAAAADLw/HW5Vh58M3BE/s72-c/Moselle+%C3%A9vanescente.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2067179504561435277.post-6167122344438076850</id><published>2009-12-09T22:02:00.003+01:00</published><updated>2010-09-24T17:59:58.059+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Nouvelle'/><title type='text'>Le denier du rêve (2/4)</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Toute à ses pensées et occupée aux tâches domestiques, c'est à peine si elle entendit le père rentrer de sa longue journée de pêche. Il était de fort mauvaise humeur comme l'indiquait sa brusquerie inhabituelle.&lt;br /&gt;- Quelle inconscience ! Un individu à l'allure diabolique voulait traverser la rivière ! Elle est si forte ce soir que j'ai refusé, mais il insistait, le bougre ! Déjà que je n'ai pas pêché dans les courants si dangereux ces temps-ci. Ça fait plusieurs jours que je n'ai pas sorti le moindre poisson des mortes où j'ai lancé mon filet. Qu'est-ce qui peut bien pousser ce grand diable noir à passer la Moselle à cette heure ? J'aimerais bien le savoir !&lt;br /&gt;Jeannette, désireuse de disculper La Leuquoise, lui conta sa rencontre…&lt;br /&gt;- Comment as-tu pu faire confiance à cet inconnu ?&lt;br /&gt;- Mais… c'est que… il avait l'air si gentil et… et il ma parlé si doucement ! Il avait l'air d'un ange ! Il m'a même donné une petite pièce du duché, disant qu'elle me porterait bonheur !&lt;br /&gt;- Donne-moi cette pièce, ma Jeannotte !&lt;br /&gt;Calmé et incrédule, il haussa le épaules.&lt;br /&gt;- Un ange…&lt;br /&gt;Jeannette, dépitée, se résigna à donner la piécette au père. C'est le cœur gros qu'elle se remit à la tâche. Mais au fond d'elle-même, elle restait convaincue que le mystérieux La Leuquoise ne pouvait être qu'une créature divine !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le soir venu, le père s'était endormi dans le vieux lit dont il n'avait pas même pris la peine de tirer le rideau, la piécette calée au creux de sa grosse main calleuse. Tandis qu'il ronflait bruyamment, Jeannette achevait de s'activer à la souillarde. Elle savait que la mère ne rentrerait pas encore ce soir. Ses petits frères dormaient d'un profond sommeil sur une paillasse, calée dans un coin de la pièce contre la roche humide.&lt;br /&gt;Sa tâche terminée, elle souffla la bougie vacillante et s'installa sur la petite chaise à côté de la porte. Elle écoutait la pluie qui s'était remise à tomber, ruisselant sur le toit de l'appentis et dégoulinant sur le sol détrempé. Elle n'avait pas sommeil et rêvait à la ville, enviant le sort de Ninon qui y travaillait. Elle s'était enfin assoupie dans un sommeil agité, entremêlé de rêves.&lt;br /&gt;Un bruit de pas sourds dans la boue l'éveilla autant que le froid du petit matin qui commençait à poindre. Quelqu'un gratta à la porte.&lt;br /&gt;- C'est moi… La Leuquoise. Ouvre, petite !&lt;br /&gt;Jeannette, apeurée, se calla sans bouger derrière la porte.&lt;br /&gt;- Ouvre, je sais que tu es là…&lt;br /&gt;- Que me voulez-vous ?&lt;br /&gt;- Si tu me guides pour aller à Toul, je ferai de toi une damoiselle. Il ne faut pas qu'on me voie. N'aie pas peur, je ne te veux aucun mal.&lt;br /&gt;La voix était douce et rassurante. Jeannette qui avait perdu la pièce porte-bonheur hésita, mais se dit qu'elle ne devait pas laisser passer cette seconde chance. Elle mit sur ses épaules son lourd mantel à capuche et ferma doucement la porte derrière elle pour ne réveiller personne dans la masure endormie.&lt;br /&gt;La pluie avait cessé de tomber et une brume légère montait dans la vallée encore engourdie. Du côté de Nancy, le ciel commençait à pâlir par dessus les collines.&lt;br /&gt;- Mais qui donc êtes-vous ?&lt;br /&gt;- Je suis au service de Monseigneur Pierre, notre bon Évêque. À Nancy, on me croit homme du Duc Charles. J'écoute, dans les tavernes, à l'affut des complots qui se trament. Je dois être à la ville avant ce soir, de crainte d'être démasqué. Je sais qu'à Toul, je pourrai franchir la rivière.&lt;br /&gt;Elle lui prit doucement la main.&lt;br /&gt;- Je connais un raccourci mais le chemin est mauvais. Il va falloir être prudents !&lt;br /&gt;Les dernières étoiles s’éteignaient une à une dans le bleu de l’aube naissante quand, arrivé devant l'église, l’homme en noir quitta la main de la fillette.&lt;br /&gt;- Attends-moi là sans bouger. Je reviens…&lt;br /&gt;- Où allez-vous ?&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/SyAeIfLQ4wI/AAAAAAAADLo/lS03rRUK35U/s1600-h/%C3%A9glise.jpg"&gt;&lt;img style="float: left; margin: 0pt 10px 10px 0pt; cursor: pointer; width: 200px; height: 200px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/SyAeIfLQ4wI/AAAAAAAADLo/lS03rRUK35U/s200/%C3%A9glise.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5413359883255866114" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;- Chut, un ange a aussi besoin de faire ses prières…&lt;br /&gt;Un coq s’égosilla là-bas dans le village, comme en répons au grincement de la grosse porte cloutée du saint lieu.&lt;br /&gt;Accroupi derrière une tombe du petit cimetière paroissial, Collignon n’avait rien raté de la scène. Le Gros Collignon, qui était un peu sacristain, un peu sonneur de cloches, traînait dès mâtines dans le coin de l’église. Le curé l'avait pris sous son aile et lui donnait sa soupe et son vin quotidiens contre de petits services ici et là.&lt;br /&gt;Il se demandait ce qui pouvait bien se tramer à cette heure entre la Jeannette, cadette du Didier Grandidier et cette mystérieuse silhouette noire.&lt;br /&gt;Une ombre furtive prit à nouveau la fillette par la main…. Déjà de gros nuages se profilaient sur l’horizon, préparant de nouvelles averses pour la journée. Un timide angélus dont les notes ondulaient par-dessus les toits se mit en branle au clocher tandis que deux silhouettes se déplaçaient d’un pas pressé.&lt;br /&gt;- C’est par là, tout droit... Juste après le grand saule, le sentier s’enfonce dans le bois. Le chemin mène à Toul…&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2067179504561435277-6167122344438076850?l=mam-o-graphie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/feeds/6167122344438076850/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/2009/12/le-denier-du-reve-24.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2067179504561435277/posts/default/6167122344438076850'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2067179504561435277/posts/default/6167122344438076850'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/2009/12/le-denier-du-reve-24.html' title='Le denier du rêve (2/4)'/><author><name>MamLéa</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02196433866169076329</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/SaAd3eDymRI/AAAAAAAABGo/0JbYP67Rv_0/S220/Moi+1951.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/SyAeIfLQ4wI/AAAAAAAADLo/lS03rRUK35U/s72-c/%C3%A9glise.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2067179504561435277.post-2805805673040455068</id><published>2009-12-09T22:00:00.005+01:00</published><updated>2010-09-24T18:00:13.928+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Nouvelle'/><title type='text'>Le denier de rêve (1/4)</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/SyAdxa5F3XI/AAAAAAAADLg/M_slrceDy5g/s1600-h/Moselle+Contre+jour2.jpg"&gt;&lt;img style="display: block; margin: 0px auto 10px; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 150px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/SyAdxa5F3XI/AAAAAAAADLg/M_slrceDy5g/s400/Moselle+Contre+jour2.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5413359486968913266" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;C'était une grise fin d'après-midi d'automne. Le village s'étirait sur la rive froide de la Moselle, à quelques tours de roue de charrette de Nancy. La Jeannette transportait un lourd seau d'eau claire qu'elle était allée remplir à la source Saint-Nicolas. Depuis que Ninon son aînée avait quitté le village, c'était à la frêle enfant qu'incombait cette rude tâche.&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/SyAhN5xAZpI/AAAAAAAADMI/fpoyy7l5Hqw/s1600-h/RochotteNB.jpg"&gt;&lt;img style="float: left; margin: 0pt 10px 10px 0pt; cursor: pointer; width: 200px; height: 129px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/SyAhN5xAZpI/AAAAAAAADMI/fpoyy7l5Hqw/s200/RochotteNB.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5413363274827720338" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Louison, sa mère, besognait au prieuré de la Rochotte, dans la belle bâtisse neuve fièrement campée à l'écart du village, au pied de la colline. L'Évêque Pierre de Châtelet venait régulièrement y chercher la fraîcheur en été. La pluie des jours passés avait fait monter dangereusement les eaux de la rivière dont les violents courants charriaient des arbres morts. On craignait les inondations et la fillette envisageait déjà l'inévitable arrivée de l'eau dans la petite maison troglodytique située dans le bas du village. Tandis que son père jetait ses filets dans les eaux poissonneuses de la Moselle, Jeannette devait s'occuper du Colinot et du Jacquot, ses deux petits frères. La vie était rude et le temps des jeux insouciants était révolu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jeannette sentit tout à coup que le seau ne pesait plus rien. Une main qui lui parut énorme venait de saisir l'anse et l'avait soulevé vigoureusement. En levant la tête, elle découvrit une forme noire, marchant à ses côtés. L'homme était arrivé par derrière. Elle ne l'avait pas entendu venir et c'est sans dire un mot qu'il avait empoigné l'anse du seau qu'elle portait avec peine. Il était très grand et vêtu tout en noir. Ce qui frappait le plus dans son apparence, c'était ses grandes oreilles décollées. Son regard très doux pouvait sembler être de la niaiserie. Il s'adressa à Jeannette avec une voix paternelle, à la fois douce et ferme.&lt;br /&gt;- Dis-moi, petite, tu n'a pas peur, seule, sur ces mauvais chemins ? Sais-tu que parfois les archers de Nancy franchissent le gué pour commettre quelques actes répréhensibles sur les gens de l'évêché, même quand Monseigneur est tout près d'ici, dans sa résidence d'été ?&lt;br /&gt;- Je ne suis pas peureuse et je sais me défendre. Mais… qui êtes-vous ? Je ne vous ai jamais vu au hameau !&lt;br /&gt;- On m'appelle La Leuquoise, pour se moquer de ma voix frêle.&lt;br /&gt;Il éclata d'un grand rire clair !&lt;br /&gt;- Mais si on te demande quoi que ce soit, tu diras que tu as vu un ange ! Conduis-moi jusqu'à ta maison !&lt;br /&gt;Silencieuse, elle précéda l'inconnu. Après l'église, le chemin était parsemé de flaques boueuses et creusé d'ornières profondes. C'était par là que passaient les attelages qui franchissaient le gué de Briffovau pour aller à Nancy. La petite maison du pêcheur était adossée à la falaise, à la sortie du village. Colinot et Jacquot jouaient devant la porte, lançant des cailloux en direction d'une grosse poule rousse qui piaillait en courant, éclaboussant les gamins d'une terre noire et grasse, ce qui les faisait bien rire.&lt;br /&gt;- Peux-tu me dire où je peux trouver un passeur pour traverser la rivière ? Elle est si haute que le gué est impraticable. Je dois être ce soir à Nancy…&lt;br /&gt;- Allez voir par là, un peu plus bas. Vous demanderez le Didier… Didier Grandidier. C'est mon père. Il vous passera sur sa barque, si c'est encore possible !&lt;br /&gt;- Merci, petite !&lt;br /&gt;Il sortit de sa maigre bourse de cuir râpé une toute petite pièce de bronze, marquée "Carolus" et la tendit à la fillette.&lt;br /&gt;- Tiens, prends cette piécette en remerciement. Elle ne te servira pas dans l'Évêché, car c'est un denier du Duc Charles. Mais si tu la conserves soigneusement sur toi, elle te portera bonheur. Surtout, prends bien garde à toi !&lt;br /&gt;Sur ces mots, le grand homme en noir s'éloigna, disparaissant bientôt dans la brume humide en direction de la rivière, vers l'endroit indiqué par Jeannette.&lt;br /&gt;Jeannette resta un moment immobile, les yeux fixés sur la pièce qu'elle tenait religieusement dans le creux de sa main, s'interrogeant sur ce qu'elle pourrait en faire. Un denier du Duc Charles ! Consciente qu'il lui permettrait à peine d'acheter quelque ruban futile au passage du prochain colporteur, elle décida qu'il était préférable de le conserver. L'homme en noir ne lui avait-il pas dit qu'il lui porterait bonheur ?&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2067179504561435277-2805805673040455068?l=mam-o-graphie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/feeds/2805805673040455068/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/2009/12/le-denier-de-reve-14.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2067179504561435277/posts/default/2805805673040455068'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2067179504561435277/posts/default/2805805673040455068'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/2009/12/le-denier-de-reve-14.html' title='Le denier de rêve (1/4)'/><author><name>MamLéa</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02196433866169076329</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/SaAd3eDymRI/AAAAAAAABGo/0JbYP67Rv_0/S220/Moi+1951.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/SyAdxa5F3XI/AAAAAAAADLg/M_slrceDy5g/s72-c/Moselle+Contre+jour2.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2067179504561435277.post-1722053453738372915</id><published>2009-06-08T18:10:00.004+02:00</published><updated>2010-09-24T18:00:38.358+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='guerre'/><title type='text'>Lettre d'un prisonnier en Allemagne</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/Si05e45bQII/AAAAAAAAB3k/g28rfQiYBTw/s1600-h/Prisonnier2.jpg"&gt;&lt;img style="display: block; margin: 0px auto 10px; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 309px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/Si05e45bQII/AAAAAAAAB3k/g28rfQiYBTw/s400/Prisonnier2.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5344991535590752386" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;"Ückeritz le 1 juin 1943. Ainsi que tu me l'as bien souvent demandé, je commence ce soir une longue lettre que j'arriverai ainsi que je l'espère à t'envoyer dans un colis."&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est ainsi que commence la longue lettre de Roger, prisonnier en Allemagne, à sa jeune épouse restée à Paris.&lt;br /&gt;Il avait réussi à la dissimuler dans la double paroi d'une caisse. La lettre qu'il joignait conseillait d'utiliser le bois pour se chauffer. C'est ainsi que Maman découvrit quelques temps après, un peu par hasard, les dix pages écrites au crayon d'une petite écriture fine et serrée que son Roger lui avait écrite avec passion.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;"J'espère que tu seras heureuse en recevant cet espèce de journal de ma vie de prisonnier, tu auras sans doute beaucoup de mal à me lire car j'écris affreusement mal et de plus au crayon."&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Maman en avait dactylographié, avec pudeur, quelques extraits.&lt;br /&gt;Soixante six ans plus tard, je découvre l'original, une lettre jaunie par les ans, et j'en déchiffre soigneusement la fine écriture familière de Papa. Ces pages sont émouvantes.&lt;br /&gt;Certains passages très intimes !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;"Comme je te l'ai dit, ta photo la plus belle se trouve dans un beau cadre à la tête de mon lit, ainsi chaque soir mes yeux avant de se fermer se reposent sur toi. Le matin mon premier regard est pour toi. Ce n'est que toi seule, ma chérie qui apporte par ton tendre souvenir une compensation à ma vie d'exilé dans l'oubli et sans joie."&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais d'autres appartiennent à l'Histoire…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour Roger, tout a basculé dans le château à Barst, en Moselle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;"J'ai été fait prisonnier le 14 juin 40 à 7 heures du soir. Nous nous trouvions depuis plusieurs semaines en toute première ligne, nous étions bombardés journellement et le baptême du feu eut lieu le lendemain de la Pentecôte. Nous eûmes ce jour là notre premier tué, je ne t'en parlais jamais dans mes lettres pour ne pas t'effrayer car tu avais assez de soucis causés par la situation désastreuse de notre pauvre pays. Nous fûmes attaqués le matin du 14 à 6 heures du matin. Cela commença par un violent tir d'artillerie et à la faveur du brouillard matinal (artificiel probablement), l'ennemi s'infiltra de partout. Notre front étant très étendu pour une compagnie comme la notre qui formait avant-poste. Lorsque le brouillard se dissipa vers les 8 heures nous nous aperçûmes que l'ennemi s'était infiltré, attaquait nos petits ouvrages par derrière, obligation donc de combattre à l'arrière des emplacements de tir.  Mes communications téléphoniques étaient toutes coupées je fis usage de la radio mais on ne me répondait qu'au début, ensuite plus rien. Obligation de faire usage d'agents de liaison qui risquaient mille fois leur vie sous le feu d'enfer. Les hommes font tout leur possible pour se défendre efficacement mais hélas nous avions de si pauvres moyens en face de ce que l'ennemi mettait en œuvre contre nous. Notre artillerie ne répondait pour ainsi dire plus, je continuais d'envoyer par radio des appels désespérés, hélas sans réponse (et pour cause, mes correspondants étant ou prisonniers ou déjà partis). A 11 heures le calme se fit, nous espérons l'impossible, une contre-attaque de l'aviation, que sais-je ? Puis plus tard, cela reprit, les canons que nous crûmes être les nôtres un moment, recommencèrent à tirer absolument sans arrêt, sans pause. Des blessés arrivaient chez nous au PC. Ensuite les avions allemands et italiens firent leur apparition, ils bombardent en piqué, lançant de lourdes bombes dans un fracas de moteur au paroxysme. Le sol de notre PC qui était pavé de grosses dalles, dansait comme le pont d'un navire en pleine mer. Quand nous vîmes plus tard que tout était perdu, que tout était sans espoir, nous voulûmes tenter une sortie afin de rejoindre l'arrière. Mais les Allemands étaient entrés dans la maison (notre PC était dans la cave), ils tiraient sur ceux qui tentaient de sortir, de la fenêtre du premier étage, et jetaient des grenades sur notre sortie, l'une d'elle éclata à moins de 2m de moi. Mais elles faisaient heureusement beaucoup de bruit et de fumée mais peu de dégâts. Vers 7 heures du soir, nous mîmes des drapeaux blancs aux issues puisque tout était perdu et nous craignions qu'ils n'emploient les lance-flammes contre lesquels nous ne pourrions rien étant donné la disparition des soupiraux de la cave. J'avais fait poster à chacun d'eux un homme ainsi prêt à tirer à la première alerte Tout cela ne servit à rien, nous étions anéantis, démoralisés. Les Allemands arrivèrent dans la maison, nous les entendions marcher au-dessus de nos têtes. Les Alsaciens leur signifièrent en Allemand que nous nous rendions. Ils firent sortir le capitaine en tête et nous ensuite les bras en l'air. J'avais eu le temps de me préparer une musette avec le linge et les objets indispensables. Le village que nous occupions n'était plus qu'un amas de ruines. Tout était haché et mitraillé, notre maison avait dans ses murs des trous béants, il n'en n'était pas besoin de chercher la porte pour sortir. Les Allemands nous entourèrent alors, prêts à tirer sur nous, mais sans brutalité. Et ce fut le chemin de la captivité, de l'exil. Je restai ensuite peu de temps en France, nous passâmes à Merlebach, Forbach, primes le train à Sarrebruck le 19 et nous arrivâmes à Ludwigsburg le 20 à 3h du matin. Ensuite le stalag avec inscription, photo, etc."&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis Roger va être balloté de kommando en kommando, terme qui désigne les missions de travail données aux prisonniers français pour remplacer les allemands sous l'uniforme !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;"Le 1er octobre 1941 je partis avec mes camarades chez Salamander, la fabrique de chaussures (...) c'était un assez bon kommando, le travail facile, (je poussais des chariots de chaussures à longueur de journée). Des journées de travail courtes, semaine anglaise. Nous avions du théâtre, cinéma, etc., bien couchés, bon lit (2 draps). Enfin, nous étions à l'abri des intempéries et l'hiver ne me sembla pas trop dur.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;(…)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Je fis la connaissance de Paulette(…). Elle eut le très grand mérite d'aider de nombreux camarades à s'évader, elle m'aida donc aussi.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;J'y pensais depuis longtemps, mais la surveillance était très serrée. Nous ne pouvions guère passer plus d'une demi-heure sans qu'on s'aperçoive de notre absence, or l'essentiel était de mettre au moins deux heures d'écart entre la garde et soi pour avoir le temps de s'éloigner sans risque d'être repéré. Nous décidâmes avec Michel de partir avant le réveil, à 5 heures, ainsi on ne s'apercevrait de notre absence qu'à 7 heures au moment du départ pour le travail. Nous réussîmes après mille péripéties pathétiques à sortir par la fenêtre de la rue ouverte à l'aide d'une fausse clef. Tout alla bien, nous rejoignîmes dans la nuit Stuttgart, éloigné d'une douzaine de kilomètres. Il nous survint une aventure dont nous nous tirâmes avec bonheur. Le train ne partait que le soir à 20h 30, nous avions donc une journée entière dans la ville. Nous marchâmes sans arrêt ou presque du matin au soir. Nous réussîmes à aller au café, boire un peu. Le soir nous allâmes à la gare prendre le train, mais là était un service de garde impressionnant qui filtrait tous les voyageurs, les fouillant, les interrogeant... Nous n'y passâmes pas, nous primes notre train par un autre quai, plus facile à pénétrer. Nous voulions aller à Strasbourg où nous avions une combinaison pour passer. Hélas, à Karlsruhe, la police visita le train, fouillant tout, demandant tous les papiers. Je fus pris derrière la porte de WC où je m'étais réfugié en désespoir de cause. De là, la police, prison pendant plusieurs jours. Il s'en fallu que de quelques heures pour que nous réussissons à nous évader à nouveau. De là, Baden-Baden, Offenburg, ensuite à nouveau Ludwigsburg. Quelles pérégrinations ma chérie, que de souffrances et de misères et pour couronner tout cela, direction Rawa Ruska. Nous fîmes en train à bestiaux un voyage infernal de 8 jours, véritable prison roulante. Entassés dans les wagons à 50, impossible de nous allonger, crevant de soif le jour, de froid la nuit, presque sans manger. Ce voyage fut un véritable supplice. Enfin nous arrivâmes là-bas à plus de 2000 km de la France, dans ce pays sinistré qui se nomme Rawa Ruska. Les débuts furent très durs, camp non organisé, tout à faire, mal logés, nourriture insuffisante (…). Nous revînmes en Allemagne le 24 octobre 1942 à Neu-Brandeburg d'où le 18 novembre je partis pour Uckeritz près de Demmim où je suis encore à l'heure actuelle.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;(…)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Depuis 6 mois que je suis dans ce kommando, je n'ai pas encore eu la moindre distraction, rien pour faire chasser nos tristes pensées. À 8 dans cette grande ferme où tout est hostile et inhospitalier, où seul le dur travail est la loi, constamment surveillé, ce n'est plus une vie. Voici plus de 5 fois que je demande ma relève, car d'après la Convention de Genève, les sous-officiers ne sont pas astreints au travail Mais vainement j'attends une réponse. Tu sais bien qu'ici, les signatures… En guise de nourriture, chaque jour pommes de terre. Comme pain, 2 kg par semaine. Heureusement, un seul avantage, un camarade reste ici et fait la cuisine alors, on s'arrange et avec les colis, cela va très bien et je n'ai pas faim. C'est malheureux à dire, mais ce sont nos familles qui déjà n'ont qu'à peine le nécessaire qui doivent nous entretenir et nous nourrir. Et avec cela par jour 10 heures de travail très dur. Un seul petit avantage, le soir nous ne sommes qu'enfermés à 9 heures et le dimanche nous sommes ouverts, &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Nous pouvons ainsi faire une petite promenade dans les bois environnants. Je vais souvent ramasser des fleurs, j'en fais des bouquets pour fleurir nos pièces où nous vivons. Mais le pays est tellement triste, un petit hameau de 10 maisons et la ferme au milieu d'une immense et morne plaine. Voici le cadre de ma vie. C'est ici depuis trois ans mon plus mauvais kommando.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;(…)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;A présent, nous ne sommes que des matricules, des espèces de morts-vivants auxquels les plus élémentaires bonheurs sont refusés. Ma chérie, crois-moi, la perte de la liberté, la vie sur terre étrangère est une chose atroce, inhumaine. C'est un véritable martyre que nous vivons depuis trois longues années et ce n'est pas encore terminé." &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et ce jugement assez désolant sur ses camarades de captivité :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;"(…) comme toi, j'ai découvert toutes ces tares dans une humanité différente de celle que tu côtoies chaque jour. Tu sais, la misère et les privations abaissent l'individu et l'avilissent, chacun agit de son côté, pour soi-même, de là, l'égoïsme qui empoisonne la vie collective. Quant à moi nous sommes obligés de vivre en collectivité, en contact permanent avec des camarades forcés, nous souffrons plus profondément encore de ces tristes sentiments. Crois bien que" l'esprit prisonnier" comme l'appellent pompeusement les journaux, il n'existe pas. Il n'y a qu'un esprit de débrouillardise qui fait que beaucoup n'hésiteront pas à sacrifier leurs camarades pour en tirer un profit personnel. Quand je pourrai te raconter plus tard ce qu'était la vie de camp, tu en seras effrayée. Parfois, j'en ai honte d'être Français en voyant ce que j'ai vu. Alors qu'on aurait dû se serrer les coudes, faire montre de cohésion, d'homogénéité, on a vécu en collectivité, exactement comme si chacun y serait seul. L'esprit individualiste français s'est révélé dans toute son horreur. Un groupement de Français ne forme pas une collectivité sociale mais seulement une réunion d'individualités, et tu peux en analyser les résultats, ce n'est pas beau. Ce dont j'ai peut-être le plus souffert en captivité, c'est de cette vie en commun, en contact permanent avec des individus avec qui l'on n'a aucune affinité, avec qui dans la vie normale, je voudrais avoir aucun contact. Et pourtant, il faut supporter cela."&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2067179504561435277-1722053453738372915?l=mam-o-graphie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/feeds/1722053453738372915/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/2009/06/lettre-dun-prisonnier-en-allemagne.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2067179504561435277/posts/default/1722053453738372915'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2067179504561435277/posts/default/1722053453738372915'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/2009/06/lettre-dun-prisonnier-en-allemagne.html' title='Lettre d&apos;un prisonnier en Allemagne'/><author><name>MamLéa</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02196433866169076329</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/SaAd3eDymRI/AAAAAAAABGo/0JbYP67Rv_0/S220/Moi+1951.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/Si05e45bQII/AAAAAAAAB3k/g28rfQiYBTw/s72-c/Prisonnier2.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2067179504561435277.post-175385246401058037</id><published>2009-04-26T09:20:00.000+02:00</published><updated>2009-04-26T09:21:27.647+02:00</updated><title type='text'>Avril</title><content type='html'>Le maïs est au semoir&lt;br /&gt;le blé en herbe&lt;br /&gt;le colza en fleurs…&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2067179504561435277-175385246401058037?l=mam-o-graphie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/feeds/175385246401058037/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/2009/04/avril.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2067179504561435277/posts/default/175385246401058037'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2067179504561435277/posts/default/175385246401058037'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/2009/04/avril.html' title='Avril'/><author><name>MamLéa</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02196433866169076329</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/SaAd3eDymRI/AAAAAAAABGo/0JbYP67Rv_0/S220/Moi+1951.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2067179504561435277.post-7570286501169593900</id><published>2009-04-07T18:20:00.005+02:00</published><updated>2010-09-24T18:01:31.531+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Humour'/><title type='text'>La véritable légende de Saint Nicolas</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;(Pourquoi le boucher aurait-il été un méchant homme ?)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a bien longtemps, au troisième ou quatrième siècle, vivait en notre bonne terre lorraine une famille d'éleveurs. Deux moutons, une vache, c'était peu pour faire vivre la famille, et le père, plus porté sur la piquette du coteau que sur le lait de sa vache, ne s'épuisait point à la tâche.&lt;br /&gt;Un jour, alors qu'il cuvait sa vinasse en se tordant sous les crampes de son estomac, il fut plus excédé que d'habitude par les cris de ses trois filles qui se chamaillaient comme de coutume !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Allez donc, leur hurla-t-il, chercher quelques épis dans les champs moissonnés à côté d'la forêt. Au moins vous serez utiles à quelque chose.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Réjouies par la perspective d'une belle équipée estivale, les niardes s'esbaudirent dans la campagne, cueillant fleurettes et se bâfrant de mûres et de framboises sauvages mais oubliant de glaner aux champs. L'heure tardive les surprit de l'autre côté de la colline. La plus petite se mit à trépigner, la seconde à pleurer, quand la plus grande aperçut une lueur dans un village inconnu.&lt;br /&gt;Frappèrent à la porte où apparut un gros boucher rougeaud et jovial.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Boucher, boucher, voudrais-tu bien nous loger ?&lt;br /&gt;- Entrez, entrez dit le boucher, j'ai de la place assurément !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tandis que les donzelles se réchauffaient avec une bonne soupe au chou agrémentée d'un morceau de lard comme elles n'en n'avaient jamais mangé, elles se confièrent :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Boucher, boucher, père boit plus qu'il ne faut, mère nous frappe de son gourdin : pourrais-tu bien nous loger ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Dans mon saloir, il y a de la place assurément. La pièce est grande. A votre faim serez nourries mais vous n'en sortirez… Votre père ne vous trouvera point ici.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sept ans plus tard, Saint Nicolas, égaré en Lorraine sur le retour vers Myre, s'en vint frapper chez le boucher.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Boucher, boucher, pourrais-tu bien me loger ?&lt;br /&gt;- Entrez, entrez, dit le boucher, y'a de la place assurément.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le boucher ouvrit la porte du grand saloir afin de quérir un morceau de choix pour son hôte. Saint Nicolas s'étonna du ronflement qui en sortait et reluqua, curieux, dans la pièce. Il y découvrit trois jeunes filles bien dodues et grassouillettes qui dormaient béatement dans un grand baquet de bois entre saucisses et jambons. Elles s'éveillèrent aussitôt s'étirant toutes trois comme des chattes alanguies.&lt;br /&gt;La première dit : "j'ai bien dormi !" La seconde "et moi aussi !". "Je me croyais encore au paradis", dit la plus jeunette.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Je suis le grand Saint Nicolas, sur chemin de l'Asie mineure.&lt;br /&gt;- Grand Saint Nicolas, s'exclama le trio ! Pouvons-nous vous suivre vers les terres lointaines, et échapper ainsi aux cris de notre père et aux bastons de notre mère ?&lt;br /&gt;- Venez, venez, à l'Orient, il y a de la place assurément !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est pour cette raison que Saint Nicolas est aussi patron des jeunes filles et des voyageurs !&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2067179504561435277-7570286501169593900?l=mam-o-graphie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/feeds/7570286501169593900/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/2009/04/la-veritable-legende-de-saint-nicolas.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2067179504561435277/posts/default/7570286501169593900'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2067179504561435277/posts/default/7570286501169593900'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/2009/04/la-veritable-legende-de-saint-nicolas.html' title='La véritable légende de Saint Nicolas'/><author><name>MamLéa</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02196433866169076329</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/SaAd3eDymRI/AAAAAAAABGo/0JbYP67Rv_0/S220/Moi+1951.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2067179504561435277.post-5555676609832558947</id><published>2009-03-19T15:23:00.007+01:00</published><updated>2010-09-24T17:56:42.894+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='famille'/><title type='text'>Hommage</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/ScJWaEdOTEI/AAAAAAAABXo/TOh1NfG_SrQ/s1600-h/Maman+11+mai+1943b.jpg"&gt;&lt;img style="float: left; margin: 0pt 10px 10px 0pt; cursor: pointer; width: 152px; height: 200px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/ScJWaEdOTEI/AAAAAAAABXo/TOh1NfG_SrQ/s200/Maman+11+mai+1943b.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5314905516123507778" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Roger P. - 3 mars 1943.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Sanguine réalisée à partir d'un cliché du studio Carlet qu'elle avait fait faire exprès pour lui, en 1942. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle s'appelait "Yvonne"… espiègle fille unique qui, devant l'herboristerie maternelle, assimilait la bouche d'égout à sa tirelire. Elle n'eut pas la vie très rose quand sa maman se sépara de la boutique pour s'occuper d'autres enfants qui avaient, eux, la chance de posséder des parents assez fortunés pour s'offrir une aide sage-femme à domicile ! Quand Maman Françoise s'occupait des bébés des autres, la petite Yvonne pleurait en secret dans son pensionnat.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On l'appelait "Vonnette", plus apte à faire rire ses copines du cours complémentaire qu'à étudier, plus encline à écouter Tino à la radio qu'à faire des gammes. Papa avait dit : "pas deux instruments de musique à la maison !". Entre le gros appareil TSF à lampes dernier cri et le vieux piano rébarbatif, le choix fut vite fait, au grand regret de Françoise qui aurait aimé que sa fille devienne une "dame" comme celles dont elle s'occupait des nourrissons. Les cours Pigier en firent une secrétaire sténodactylo dans un ministère, en ville.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On l'appela "Sa Vonnette", quand elle rencontra le beau Roger. Prête à le suivre en enfer ! Ce qu'elle fit en allant le rejoindre en Allemagne où, après quelques mois en camp de représailles, il était passé de la ligne Maginot à la ligne haricot vert puis à la ligne fil de fer. Ils ne se sont plus séparés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle devint "Madame P", ballottée çà et là au hasard des mutations de monsieur. Ce fut au tour de leurs enfants d'être pensionnaires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle était "Mamy" quand la mort lui enleva son Roger. Perdit alors tout désir de vivre, souhaita le rejoindre bientôt. Rêvait au temps passé dont elle entretenait le souvenir avec de vieilles photos, de vieilles lettres, pleurant sur le passé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je l'appelais "Man-man", à la parisienne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle aurait 90 ans aujourd'hui même, mais ce jeudi 19 mars, je ne lui enverrai pas les chocolats qu'elle aurait dévorés avec gourmandise. Je ne lui écrirai pas comme chaque année que mes crocus sont fleuris dans mon jardin, qu'on fête aujourd'hui même les noces des petits oiseaux, que le vilain hiver s'en est allé et que le gentil printemps est enfin de retour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Yvonne : Paris 12ème, 19 mars 1919 - Metz, 5 novembre 2008&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2067179504561435277-5555676609832558947?l=mam-o-graphie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/feeds/5555676609832558947/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/2009/03/hommage.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2067179504561435277/posts/default/5555676609832558947'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2067179504561435277/posts/default/5555676609832558947'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/2009/03/hommage.html' title='Hommage'/><author><name>MamLéa</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02196433866169076329</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/SaAd3eDymRI/AAAAAAAABGo/0JbYP67Rv_0/S220/Moi+1951.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/ScJWaEdOTEI/AAAAAAAABXo/TOh1NfG_SrQ/s72-c/Maman+11+mai+1943b.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2067179504561435277.post-8285832928119093161</id><published>2009-03-05T09:41:00.003+01:00</published><updated>2010-09-24T17:56:19.653+02:00</updated><title type='text'>Une photo, vieille photo…</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/Sa-RXnvla8I/AAAAAAAABNo/i4aTzqNP0o8/s1600-h/Anne+Am%C3%A9lie+Pat%C3%A9.jpg"&gt;&lt;img style="float: left; margin: 0pt 10px 10px 0pt; cursor: pointer; width: 200px; height: 133px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/Sa-RXnvla8I/AAAAAAAABNo/i4aTzqNP0o8/s200/Anne+Am%C3%A9lie+Pat%C3%A9.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5309622320684690370" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Marianne s'assoit devant la table où elle vient de poser une boîte à chaussures, un emballage de biscuits en carton ondulé défraîchi, un antique carton à dessin et une grosse boite en bois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par quoi commencer ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle sait bien que ces vieilles photos, héritage de quatre ou cinq générations, pratiquement depuis les origines de la photo, ne seront pas muettes. Elle ne les a pas encore triées depuis leur acquisition, après le décès de sa vieille maman. L'accumulation de génération en génération en a fait un melting pot géant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle ouvre doucement la boîte à chaussures. Pose distraitement le couvercle à côté, d'une main tranquille. Égrène comme un chapelet, petit paquet par petit paquet, des photos, en couleur pour beaucoup d'entre elles, pas très anciennes mais aux teintes délavées. Bleutées, violettes, jaunâtres. C'est fou ce que l'on peut prendre les enfants en photos !&lt;br /&gt;Elle y reconnaît des neveux, des cousins, toute la famille à une communion, à un baptême, sur une plage, au pied d'un sapin de Noël…. Instants précieux figés à jamais mais qui ne lui semblent pas si éloignés, sa mémoire en ayant conservé les mêmes clichés, tout aussi décolorés, édulcorés et pourtant si frais.&lt;br /&gt;Dans des pochettes en plastique fripé, des petites photos carrées  parfois récupérées de pièces d'identité, montrent la même personne à des âges différents. Grand-père et Grand-mère dans une pochette double, saisissant raccourci de leurs longues vies. Des photos d'elle dont elle ne se souvient même plus des circonstances dans quelles elles ont été prises. Des vacances… Une plage à Trégastel. Il y a du vent. Grand-père est coiffé de son inséparable casquette, qui cet été là, fut une casquette de toile bleue. Grand-mère affiche un fier sourire sous la coiffe locale revêtue spécialement pour être immortalisée. Des bateaux, des rochers... Maman tricote, sa soeur fait un château de sable. Quels drôles de maillots de bain tricotés on portait alors ! Les mêmes pour les fillettes et pour les garçons ! Cette année là, on roulait en 4CV, celle-ci en Dauphine, toit et coffre surchargés du matériel de camping nécessaire à 4 personnes : le strict minimum. Vacances à la montagne, pendant que Maman est en cure, papa promène les filles sur les petits chemins environnants. Quelques paysages de montagne.&lt;br /&gt;Quelques coins de Meuse quand on emmenait Grand-père sur les champs de bataille. Devant la Porte des Allemands, une froide journée d'hiver, avec l'autre grand-mère. Plongeant les mains dans une fontaine de la place de la Carrière, à côté de sa sœur, même robe courte en vichy, mêmes socquettes blanches. Premiers souvenirs de Metz et de Nancy.&lt;br /&gt;De rares photos de classe comme celle-ci, ridicule, où elle est seule avec sa sœur, en blouse écossaise volantée, devant une carte de géographie, qui ne réveille aucun souvenir, ne montre aucun camarade !&lt;br /&gt;Des inconnus. Des groupes où elle ne reconnaît que ses parents, lors de voyages de retraités, de repas d'anciens combattants.&lt;br /&gt;Finalement tous ces clichés émouvants sont malgré tout sans surprise. Elle tente un vague classement chronologique, facilité pas les informations écrites au dos d'une petite écriture fine et penchée qu'elle reconnaît comme étant celle de son père : Buzy, février1956 ; Buzy inondé, 1957 ; Allevard, juillet 1958 ; Verdun, Lycée Margueritte, septembre 1960 ; Amanvillers, fiançailles de D. et C., 1966 ; Montigny, jardin botanique, 1980…&lt;br /&gt;Puis elle les remet soigneusement dans leur boite. Les doubles sont mis de côtés pour les enfants, si ça les intéresse ! Il faudrait faire un album ! Voilà une occupation pour le prochain hiver.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Échange la boite à chaussures contre la boite en bois dont elle reconnaît la facture grand-paternelle, rustique et solide, à charnière ingénieuse !&lt;br /&gt;Ici, pas de photos en couleur. Toutes sortes de formats. Beaucoup de petites photos glacées à entourage blanc et bords crantés. Dans un désordre organisé. Certains clichés sont groupés dans de vieilles enveloppes beiges de récupération dont le timbre, écusson d'une province, Semeuse, Cérès, permet de dater l'archivage. Dans celle-ci des soldats, entre 1936 et 1940, photos non datées. Au sein des groupes, Marianne reconnaît son père en ce grand jeune homme si maigre sous son calot ! Sur d'autres, elle trouve le même, adolescent filiforme, en randonnée alpine chez ses cousins du Beaufortin. Il est à côté de gens qu'elle ne connaît pas. Quoi que… en regardant attentivement, cette petite dame pourrait être la Tante Marthe dont elle conserve un souvenir assez tendre. D'ailleurs, c'est bien elle, sur cette autre photo, à côté de sa belle-sœur. Une très vieille photos d'inconnus devant leur café à Colombes, quand les savoyards ont quitté leurs montagnes.&lt;br /&gt;Dans cette autre enveloppe, les soeurs Le Lay, copies conformes les unes des autres. Marianne reconnaît bien sa grand-mère à laquelle elle ressemble tant dans cette jeune dame en tenue d'infirmière tenant un nourrisson ou un autre dans ses bras. Ses bébés, comme elle les appelait ! L'oncle Louis, en fauteuil roulant (et quel fauteuil !) poussé par sa marraine de guerre qu'il vient juste d'épouser, après avoir perdu sa jambe quelque part sur les plateaux de Meuse, du côté des Éparges. Quelques rares photos de sa mère enfant ou adolescente. Des femmes devant la maison de meulière en banlieue, où elle naîtra quelques années plus tard. Catherine, ratatinée comme une vieille pomme, chaussée de sabots, est assise sur les marches entre deux de ses petits-fils à l'air filou de titis parisiens ! La chienne Cora, affublée de la casquette du grand-père, faisant "la belle" ! Dico, un autre chien !&lt;br /&gt;Un tout petit album fait maison, cousu avec une cordelette verte, contient les photos de ses parents. Leurs randonnées à vélo ou à moto. Leurs fiançailles : que de fleurs ! Puis leur mariage… que de fleurs encore ! Les femmes ont l'air si tristes sur celle-ci prise en 1942 pour le mari-fils-gendre prisonnier en Poméranie. Les marches de la maison de banlieue ont permis d'immortaliser bien des réunions de famille... Comme elle est émouvante, cette autre, prise au retour des prisonniers. Dans le jardin, l'autre grand-mère au port bien droit tient dans ses bras sa petite-fille déjà orpheline. La sœur de Marianne apparaît bientôt, puis Marianne. Le nid d'amour des parents s'est transformé en pouponnière. Quelques photos en ont immortalisé le souvenir.&lt;br /&gt;Dans le fond de la boite, reposent les clichés de studio de photographes d'une incomparable netteté, soigneusement protégés par un cellophane parfois défraîchi ou déchiré. Ce gamin maigre en premier communiant, au brassard brodé, c'est le père de Marianne. Des mariages où elle reconnaît seulement quelques personnes,  souvent sans mention de date ni de lieu. Un beau soldat le jour de ses noces, le 13 mars 1917, c'est le grand-père de Marianne et sa belle infirmière. Sur celle-là, elle situe très bien sa mère dans l'adolescente aux joues rondes et son grand-père grâce à sa petite moustache ! La grand-mère au doux sourire n'est pas loin. De l'une des plus vieilles et énigmatiques photos de mariages a été extrait un bel agrandissement de Catherine, robe noire et coiffe "tongdu". Si elle a 17 ou 18 ans tout au plus, le cliché un peu pâle doit dater de 1885 ou 1886 !&lt;br /&gt;L'oncle fleuriste de Marianne le jour de son mariage. Ses cousins, cheveux longs ondulés, en barboteuse brodée. Le baptême du plus jeune en 1954, "précipité" l'année de ses 4 ans parce que le parrain qui n'est autre que le père de Marianne est muté en "Province", tout là-bas en Lorraine ! Les enfants souriants sur le capot de l'antique NN Renault qui les conduira vers cet inconnu.&lt;br /&gt;Difficile de classer ces photos ! Finalement, Marianne les replace pratiquement comme elle les a trouvées et referme la boîte comme un précieux sarcophage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La vieille pendule d'argent égrène quelques sons clairs : Marianne se dit qu'elle a encore quelques heures disponibles pour remonter un peu le temps !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle replace les deux boîtes dans l'armoire vitrée dont la porte grince depuis toujours, personne dans la famille n'ayant jamais souhaité supprimer cette musique familière. Elle remet une bûche dans la cheminée où le feu s'éteint tristement, activant les flammes avec le buffon. Puis revient à la table et, sans s'asseoir, saisit le carton à dessin défraîchi dont elle défait les deux seuls cordons noirs restants, les autres, tant de fois noués et dénoués, ayant cédé aux années. Son père y avait remplacé dessins et aquarelles par ses agrandissements photos. Une passion avait chassé l'autre. Enfin, ce qu'il reste des photos de son père, car les petits-enfants se sont partagé les plus belles et les plus grandes.&lt;br /&gt;Paris nocturne, les escaliers de Montmartre, le Moulin Rouge, un café célèbre, des scènes de la foire du Trône, ses enfants déjeunant sous les ombrages d'une terrasse, une composition humoristique, un reflet dans une flaque d'eau… De grands formats dont les essais ont été développés par son père dans les cuves du laboratoire improvisé dans le cagibi de l'appartement familial. Tous avaient été exposés, certains primés. Ils portent encore au dos le cachet de l'exposition. Dans le carton, les vieux feuillets dactylographiés du programme du photo-club dont il faisait partie. Son nom est mentionné dans les lauréats et Marianne ne peut s'empêcher d'en éprouver quelque fierté !&lt;br /&gt;Le vieux carton à dessin est délicatement refermé et replacé soigneusement dans l'armoire à la porte chantante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les sonneries de la pendule se font nombreuses. Marianne n'a plus qu'un carton à explorer : je vais faire vite songe t'elle, un peu lasse !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Décroise les 4 pans du dessus. Examine rapidement le contenu.&lt;br /&gt;- Hum, ça risque de ne pas être si vite fait !&lt;br /&gt;Dans une grosse enveloppe kraft, la suite des photos de son père, les petits formats et quelques essais, sur d'étroites bandes de papiers de "dureté" différente, avec des temps d'exposition variés. En mat, en brillant…&lt;br /&gt;- Tout ça, je conserve, se dit elle. Les replaçant dans l'enveloppe.&lt;br /&gt;Soigneusement emballé dans un vieux journal, un daguerréotype. L'image est sombre, le cadre mal recollé avec un papier toilé noir. Aucune identification des personnages n'est possible. Marianne range soigneusement l'objet précieux dans son emballage de fortune, se promettant de l'offrir à son fils dont elle sait que le penchant pour la photo le lui fera apprécier à sa juste valeur. Ainsi, les personnages resteront dans la famille dont ils font peut-être partie.&lt;br /&gt;Dans une enveloppe blanche sont rangées trois photos de petit format. C'est Anne Amélie, la fameuse tante de Versailles, Lorraine de naissance, qui éleva la grand-mère de Marianne. Son nom est inscrit au cayon sur l'enveloppe. Sur l'une, on la voit très âgée. Comme elle est née en1848 et que la voiture de la photo semble dater d'entre les deux guerres, elle doit largement dépasser les 80 ans. Elle est vêtue d'une robe sombre qu'on croirait faite dans un vieux dessus de lit, d'un manteau noir orné de passementeries et pompons semblables à des double rideaux. Col de fourrure et petit chapeau noir ! Une autre photo d'elle entre deux âges dans son jardin, une troisième, sépia, la présente "en pied", robe à grands motifs, manches gigot et faux-cul… élégant petit chignon sur le dessus de la tête. Elle est jeune, belle, noble. &lt;br /&gt;- À conserver !&lt;br /&gt;Marianne remet les trois clichés dans l'enveloppe quelle pose sur le daguerréotype. Puis elle sort du carton un énorme album complètement désarticulé, à la couverture de velours rouge passé et effiloché, ornée de motifs en argent ou en étain ! Sur les épaisses pages cartonnées, toute une galerie de portraits. Il y a quatre photos par page, glissées entre deux feuillets, apparaissant par des fenêtres ornées d'arabesques, toutes identiques. Ce sont de vieilles femmes austères, de jeunes élégantes, des soldats, des hommes à moustache généreuse ou barbichette napoléonienne. Tous des inconnus. À l'intérieur, elle trouve une feuille volante avec des noms dont elle reconnaît quelques uns pour les avoir croisés dans la généalogie familiale. Ces gens seraient donc de la branche savoyarde !&lt;br /&gt;- À conserver !&lt;br /&gt;Et dans le fond du carton, tout un tas de clichés d'inconnus, en couple, parfois avec des enfants en robe blanche, en groupes à l'occasion d'un mariage. Elle les passe en revue rapidement, mais ne reconnaît personne. Aucun nom, aucun lieu. Beaucoup sont des gens très chics et élégants.&lt;br /&gt;- Que faire de cela ! Je ne vais quand même pas les mettre à la poubelle, ni à la déchèterie avec les journaux et les publicités !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La pendule, sonne d'un unique battement éraillé. Il se fait tard. Dans la cheminée, le feu se meurt.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Voila qui est terminé, se dit Marianne en déchirant ces derniers clichés et les jetant dans la cheminée, où le feu s'éveille brièvement, enveloppant les photos qui se tordent tristement, avant de se transformer en un mille-feuille noir qui finira par se consumer tout seul.&lt;br /&gt;Et c'est alors, seulement, que Marianne réalise qu'elle a probablement brûlé les photos des familles juives dont sa grand-mère s'était occupée des jeunes accouchées et de leurs nourrissons. Familles décimées par la déportation, ayant toutes été englouties par quelque crématoire sordide, du côté de Dachau ou de Buchenwald.&lt;br /&gt;- Je les ai jetés au feu, une seconde fois, se dit-elle avec remords ! Mais existe-t-il un cimetière pour les photos d'inconnus ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marianne ferme le carton dans lequel elle a ragé les dernières photos. Le replace dans l'armoire dont la porte chante : "Elie, Elie, la ma sabachtani… Dieu, Dieu pourquoi m'as tu abandonné ?"&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2067179504561435277-8285832928119093161?l=mam-o-graphie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/feeds/8285832928119093161/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/2009/03/une-photo-vieille-photo.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2067179504561435277/posts/default/8285832928119093161'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2067179504561435277/posts/default/8285832928119093161'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/2009/03/une-photo-vieille-photo.html' title='Une photo, vieille photo…'/><author><name>MamLéa</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02196433866169076329</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/SaAd3eDymRI/AAAAAAAABGo/0JbYP67Rv_0/S220/Moi+1951.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/Sa-RXnvla8I/AAAAAAAABNo/i4aTzqNP0o8/s72-c/Anne+Am%C3%A9lie+Pat%C3%A9.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2067179504561435277.post-339526932101656884</id><published>2009-03-01T17:08:00.007+01:00</published><updated>2010-09-24T17:55:58.719+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='guerre'/><title type='text'>Soldat !</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Heureux, mon fils, parmi les premiers à ne pas avoir fait ce service militaire qui, disait-on autrefois, faisait de nos garçons des hommes !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/SaqzaS6Ti4I/AAAAAAAABKo/S1UDWvWWLEg/s1600-h/Faye+Fran%C3%A7oise+1917.jpg"&gt;&lt;img style="float: left; margin: 0pt 10px 10px 0pt; cursor: pointer; width: 138px; height: 200px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/SaqzaS6Ti4I/AAAAAAAABKo/S1UDWvWWLEg/s200/Faye+Fran%C3%A7oise+1917.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5308252375143910274" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ton arrière grand-père qui s'engagea à 17 ans n'aurait pas compris. Être réformé était alors un déshonneur ! Jamais il ne s'est plaint des souffrances subies entre 1914 et 1918, lui qui fut gazé sur le front Vosgien ! Y perdit l'odorat mais sauva sa peau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/Saq1Fpt0HNI/AAAAAAAABKw/npUDy4nc0l8/s1600-h/1940+gare+de+l%27Est.jpg"&gt;&lt;img style="float: left; margin: 0pt 10px 10px 0pt; cursor: pointer; width: 141px; height: 200px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/Saq1Fpt0HNI/AAAAAAAABKw/npUDy4nc0l8/s200/1940+gare+de+l%27Est.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5308254219511536850" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Ton grand-père, incorporé en septembre 1936 a fait un long service militaire de 3 ans.  Après six semaines de classes à Forbach, il intègre une caserne à Morhange, en Moselle. Cette affectation lui permet de mettre ses pieds dans la terre lorraine de ses ancêtres, hélas oubliée, et de renouer quelques liens avec un cousinage resté à Vic sur Seille. Il ne pensait pas être soldat si longtemps mais après trois années sous les drapeaux suivies d'un bref retour à la vie civile, il fut rappelé pour un mois, suite à "Munich", en 1938.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un second rappel en mars1939 le fera soldat plus longtemps qu'il n'aurait pu l'imaginer. Et la photo prise devant la gare de l'Est en 1940 prouve qu'il pressentait un avenir difficile.&lt;br /&gt;Il ne sera définitivement démobilisé que le 10 août 1945 après le sacrifice de presque 9 ans de sa jeunesse.&lt;br /&gt;Entre temps, le 14 juin 1940, il est fait prisonnier à Barst en Moselle où, dans les caves d'une maison de maître, il tenait une radio dans une position indéfendable. Malgré quelques "Kommandos" tout juste supportables en Allemagne, l'attrait de la liberté l'incite à tenter une irréaliste évasion mais l'échec de l'opération le conduit en Poméranie, à Rawa-Ruska, dans un camp de représailles… Puis ce furent d'autres durs kommandos, d'autres statuts. C'est ainsi qu'en "prisonnier libre" (sic), il passe les derniers mois de captivité en compagnie de sa jeune épouse qui était allée le rejoindre. Ils en reviennent à 2 et demi, leur premier enfant ayant été conçu là-bas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Maman récemment décédée, je viens de récupérer quelques photos de cette époque, mais surtout un manuscrit légendaire. Papa avait écrit en juin 1943 une longue lettre à Maman : 10 pages d'une écriture très fine et serrée, au crayon, sur un papier jauni par les ans. Presque illisible. Ces feuillets avaient été dissimulés dans la double paroi d'un colis qu'il avait expédié en France. Seul indice dans l'officielle lettre jointe : "utilise le bois de la caisse pour faire du feu !"&lt;br /&gt;La lettre ne fut pas trouvée de suite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On en parla longtemps, je la découvre seulement.&lt;br /&gt;Plusieurs jours m'ont été nécessaires pour déchiffrer l'essentiel des pattes de mouches maladroites de Papa. Je m'imaginais y découvrir les détails sur la vie d'un prisonnier, sa vision de la guerre, de l'Allemagne, des copains, des Allemands. J'y découvre une pathétique lettre d'amour ! Avec le sentiment mitigé de m'immiscer dans l'intimité de deux êtres que l'Histoire avait trop vite propulsés dans la tourmente au lendemain de leur mariage, et de découvrir une réaction à la captivité à laquelle je ne m'attendais pas. Avec une idée fixe : l'omniprésent espoir de rejoindre bientôt celle qui seule à ses yeux de prisonnier représentait une raison de vivre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On peut espérer que cette guerre sera la dernière et que malgré une autre génération qui sacrifia encore trop de vies, en Indochine puis en Algérie, il n'y aura plus jamais ni prisonniers, ni morts au combat.&lt;br /&gt;Les femmes ne sont pas faites pour donner la vie à des soldats, à de la chair à canon ! La jeunesse n'est pas faite pour défendre quelques kilomètres de frontière, ou une liberté que des généraux ou des dirigeants n'ont pas su préserver !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Heureux, mon fils, si tu ne connais jamais que la vie civile.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2067179504561435277-339526932101656884?l=mam-o-graphie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/feeds/339526932101656884/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/2009/03/soldat.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2067179504561435277/posts/default/339526932101656884'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2067179504561435277/posts/default/339526932101656884'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/2009/03/soldat.html' title='Soldat !'/><author><name>MamLéa</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02196433866169076329</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/SaAd3eDymRI/AAAAAAAABGo/0JbYP67Rv_0/S220/Moi+1951.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/SaqzaS6Ti4I/AAAAAAAABKo/S1UDWvWWLEg/s72-c/Faye+Fran%C3%A7oise+1917.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2067179504561435277.post-8665855626848098870</id><published>2009-02-23T19:05:00.008+01:00</published><updated>2010-09-24T17:55:36.909+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='guerre'/><title type='text'>"Artisanat de tranchées"</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Dimanche 22 février 2009 : Exposition au Musée Lorrain à Nancy...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Actuellement, une petite exposition temporaire présente dans des vitrines du second étage du Palais ducal, quelques objets réalisés par les poilus durant la guerre de 1914-1918. Artisanat dit "de tranchée", mais en réalité, ces objets ont été fabriqués à l'arrière pendant le repos car au front, il n'est pas question d'interrompre une vigilance vitale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On peut y voir des cannes de tranchées, réalisées pour ne pas glisser dans la boue. Elles sont généralement sculptées de serpents et de têtes d'animaux. Il y a surtout des douilles, en majorité d'obus de 75, transformées artistiquement en vases, sculptées, découpées, torsadées… D'autres objets plus élaborés sont fabriqués avec les bagues décollées des obus, avec les têtes, avec des balles de fusil. Ce sont des crucifix, des boites, des coquetiers, des cadres, des coupe-papier, des bracelets… Il y a aussi des os peints ou sculptés, des éclats d'obus soudés…&lt;br /&gt;C'est avec une certaine tendresse que j'imagine ces hommes ornant soigneusement des morceaux de bois, de cuivre ou d'aluminium, appliqués à transformer en œuvre d'art des objets de mort récoltés çà et là sur les champs de bataille. Fussent-ils français ou allemands !&lt;br /&gt;Une vidéo présente la rêverie émue d'une jeune femme lors d'une vente aux enchères d'objets fabriqués par son aïeul.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Milou, mon grand-père n'était pas à proprement parlé un poilu. Ordonnance d'un gradé pour cause de pieds plats, ses fonctions de popotte et d'astique-pompes lui épargnèrent le front. En effet, ce handicap qui ne l'avait jamais perturbé le moins du monde, lui sauva la vie en lui fermant l'accès à l'infanterie. Il serait mort à coup sûr dès les premiers combats comme en témoigne l'hécatombe qui décima son groupe de copains auprès desquels il avait souhaité s'engager. Il n'en fut pas moins victime des gaz, ce qui lui valut la perte définitive de l'odorat mais en compensation, il trouva l'amour de sa belle infirmière qui devint ma grand-mère. Comme il est fier, mon grand-père, dans son costume militaire, à côté de sa Françoise en robe blanche et voile de tulle, le 13 mars 1917, jour de leurs épousailles !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hélas, que ne lui ai-je davantage demandé de raconter sa guerre, lui qui des années après l'armistice ironisait encore sur l'accent du Nord de quelques camarades d'infortune et dont, cinquante ans plus tard, il était encore capable de citer tous les noms ! Les souvenirs sont partis irrémédiablement avec lui. Je sais simplement qu'il navigua de Craonne à Charmes où il fut blessé. En chemin, il avait pris goût, par ironie du sort, aux pieds de porc de Sainte Menehould !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Fabriqua t-il lui-même ce type d'objets ? J'ignore si les trésors en cuivre qu'il avait fièrement extraits un jour de son grenier étaient ses propres œuvres, mais il nous donna deux douilles d'obus de 75 finement décorées, une douille beaucoup plus grande métamorphosée en porte-parapluie, un coupe papier et d'autres menus objets. Nous ne fûmes pas dignes de sa confiance. Jugés encombrants et inutiles à la veille d'un nième déménagement, ces objets naïfs dont nous sous-estimâmes la valeur et que nous dédaignions furent condamnés à ne pas être du voyage et vendus au poids du cuivre !  Une once de remords dut envahir mes parents qui dissimulèrent ce troc à mon grand-père. J'étais trop jeune alors pour m'en être émue.&lt;br /&gt;Seule, une assiette au décor martelé d'une touchante sobriété a échappé au désastre. Je la conserve précieusement telle une relique, avec l'immense regret qu'elle soit l'unique vestige d'un précieux butin. C'est sans doute sa rusticité qui l'a sauvée. Mon grand-père dissimula mal son émotion le jour où il devina le peu de cas que nous avions fait de ses souvenirs. Mais je puis affirmer que j'ai alors compris qu'il en avait éprouvé un réel grand chagrin.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2067179504561435277-8665855626848098870?l=mam-o-graphie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/feeds/8665855626848098870/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/2009/02/artisanat-de-tranchees.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2067179504561435277/posts/default/8665855626848098870'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2067179504561435277/posts/default/8665855626848098870'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/2009/02/artisanat-de-tranchees.html' title='&quot;Artisanat de tranchées&quot;'/><author><name>MamLéa</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02196433866169076329</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/SaAd3eDymRI/AAAAAAAABGo/0JbYP67Rv_0/S220/Moi+1951.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2067179504561435277.post-6152052787413014967</id><published>2009-02-21T15:48:00.003+01:00</published><updated>2009-02-23T19:24:08.304+01:00</updated><title type='text'>Lire...</title><content type='html'>&lt;br align=justify&gt;Lire ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lire !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ça commence un peu avant cinq ans par "PA-PA A UN A-MI PI-PO ! Puis on accroche très vite… le goût de la lecture fut cultivé par mes parents qui, à la veillée, m'émerveillaient avec les contes de Perrault ou d'Andersen.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ça continue à la lueur d'une lampe de poche, sous les couvertures, ou quand la lampe de chevet peut être rallumée discrètement, la lumière du pallier ne filtrant plus sous la porte de la chambre et le silence régnant enfin dans la maison. Bécassine ou Tintin ce n'est pas facile à manier, sous les draps !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Club des Cinq m'a très tôt fait rêver aux trésors que je n'avais pas la chance de trouver en vrai. Bientôt remplacé par Jane Eyre ou par les 4 filles du Docteur March, Sophie et ses malheurs, Camille et Madeleine, si bonnes, le petit Diable, si turbulent. Perdus au fil des déménagements, mes vieux "bibliothèque rose" à la tranche dorée, illustrés de lithographies prestigieuses, ont été petit à petit retrouvés sur les quais de Seine ou à Fontenoy la Joute, mais ce ne sont pas les miens !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ensuite, lire ce que la bibliothèque familiale recelait comme trésors. Je n'ai pas épuisé tout Dumas en Nelson, ni Pierre Benoît dans une édition populaire des années 40 dont il fallait découper les pages au coupe-papier, et si Colette était jugée scabreuse, c'est en cachette que j'allais avec Claudine "à l'école" puis "à Paris", prenant soin de remettre le volume à la bonne place sans faire grincer les portes du veux meuble.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'adolescence me laissa, grâce au temps passé dans les transports en commun et à quelques "études" courtes en demi-pension, des loisirs que je meublais dans les livres, négligeant trop souvent la leçon d'histoire ou de géographie. Je ne disposais pas alors de médiathèque et me procurais au kiosque de la gare ce que le "Livre de Poche" mettait à portée de ma bourse alimentée par quelques maigres revenus insuffisants à ma gourmandise littéraire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le livre sera toujours un fidèle compagnon. Pas de soirée qui ne se termine sans un bon roman que je ferme à regrets lorsque je réalise que mes yeux papillotent sur des phrases relues deux ou trois fois. Pas de valise sans un ou deux livres. &lt;br /&gt;Pas de Noël sans en offrir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lire partout. Lovée sur le canapé, enroulée dans un châle douillet, pendant la sieste des enfants. À l'ombre d'un grand saule, à plat ventre sur une couverture, à côté d'une rivière où monsieur trempe sa ligne.&lt;br /&gt;Lire aussi pour oublier, quand les aléas de la vie vous font souffrir. "Je n'ai jamais eu de chagrin qu'une heure de lecture n'ait dissipé." Montesquieu. Il m'a fallu parfois des heures !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mes moyens et la médiathèque de ma ville me donnent aujourd'hui un choix plus vaste de lectures. J'ai peu d'a priori. Une couverture classique ou attirante, un bandeau rouge, une recommandation par une revue, une quelconque newsletter ou un forum. Tout est envisageable. Je suis parfois déçue par quelque ouvrage reconnu, parfois agréablement surprise par quelque découverte. Je ne donnerai pas de titres, (cela me disqualifiera peut-être), car je ne saurais être que dépendante de mes choix récents : Éric Emmanuel Schmitt, Marie Nimier, Annie Ernaux et bien d'autres ! &lt;br /&gt;Depuis toute petite, je note soigneusement sur un vieux carnet jauni que m'avait donné mon grand-père, les titres et les auteurs au fur et à mesure de mes lectures. Statistiquement parlant, cela fait sur une cinquantaine d'année une moyenne d'un livre par quinzaine. Non, ce n'est pas énorme, mais il y eut des années plus creuses et des "pavés" meublant plusieurs semaines. Mais le n'ai pratiquement jamais fermé définitivement un ouvrage sans l'avoir terminé !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfin, écrire : un peu... Et se rendre ainsi compte qu'il est difficile d'écrire sans dévoiler une partie de soi-même. Je ne serais pas capable de raconter quoi que ce soit qui ne soit pas vécu ! Cela permet de mieux comprendre les autres et peut-être aussi de rester modeste vis-à-vis de soi-même.&lt;/br align=justify&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2067179504561435277-6152052787413014967?l=mam-o-graphie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/feeds/6152052787413014967/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/2009/02/lire.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2067179504561435277/posts/default/6152052787413014967'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2067179504561435277/posts/default/6152052787413014967'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mam-o-graphie.blogspot.com/2009/02/lire.html' title='Lire...'/><author><name>MamLéa</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02196433866169076329</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_88Fv9uRaR68/SaAd3eDymRI/AAAAAAAABGo/0JbYP67Rv_0/S220/Moi+1951.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry></feed>
