dimanche 13 mars 2011

Verdun (3/3 - Back home)

Retour à la réalité et à l'air frais après une rapide visite à la bibliothèque du mémorial. Nous y avons retrouvé nos amis avec qui nous avons un peu bavardé devant les canons. Ils étaient étudiants à Paris I (Sorbonne) en relations internationales. Ils venaient de Shanghai et étaient donc chinois. Le garçon était en France depuis 3 ans et préparait un master et la fille, qui maitrisait à peine moins bien le français que lui, n'était en France que depuis 2 ans. Elle avait d'abord passé un an à Clermont-Ferrand, "ville au calme propice à se concentrer sur ses études" !
Le jeune homme a souhaité immortaliser notre rencontre par une dernière photo prise sur le parvis… Lorsqu'ensuite ils nous ont demandé ce qu'il y avait à voir d'intéressant dans le coin, nous avons été assez embarrassés ! Que conseiller aux alentours de Verdun à deux étrangers à pied voulant prolonger leur séjour d'une journée ? J'ai pensé à l'Argonne, mais la forêt, en cette saison… au musée de la faïencerie de Rarécourt et au village de Beaulieu... Nous n'étions pas plus convaincus qu'eux.
- Pourquoi pas Metz, juste un peu plus loin…
- mais comment y aller depuis Verdun ?...
- Sommes-nous bêtes : pourquoi pas Nancy ? Toul où l'on va n'est pas très loin, on peut vous y conduire ! Proposition acceptée. Nous ferons la route en leur compagnie, témoins de leurs étonnements tout au long du trajet. La nuit épaisse n'est éclairée que par les pâles lumières de quelques villages dispersés en Woëvre.
- C'est très rural ! De quoi vit-on ici ? Qu'y cultive-t-on ? Y a-t-il des commerces ? Comment les habitants s'approvisionnent-ils ? Y a-t-il des écoles ?
En échange, nous avons un peu parlé de leur pays, dont le revenu moyen de quelques 300 euros mensuels (à Shangaï) ne suffit pas à un loyer d'étudiant à Paris… Ils ne paraissaient pas être issus de milieu trop défavorisé, mais ils devaient travailler pour compenser l'absence de bourse d'études. Le garçon avait enseigné en banlieue parisienne, trouvé l'accueil de ses collègues français pas très cordial, les parisiens pas toujours très sympathiques, le métro à peine moins désagréable qu'en Chine avec les mêmes bousculades, les mêmes gens pressés, indifférents les uns aux autres.

Il était un peu plus de 19 heures quand nous les avons déposés devant la gare de Nancy où ils souhaitaient échanger leur billet de train. Nous leur avons simplement indiqué la place Stanislas et les quartiers à visiter, les endroits où se restaurer, du plus gastronomique au plus modeste et ils ont ri sur mon évocation du restau U. Les spécialités lorraines semblaient les intéresser et ils ont pu vérifier sur leur mini ordinateur à quoi ressemblait une quiche Lorraine ! Sur la possibilité éventuelle de visiter un musée, nous leur avons conseillé le musée Lorrain : ce qui a valu leur approbation. J'ai supposé que pendant le trajet, ils avaient fait quelques recherches sur leur iPhone car ils ne nous ont pas posé plus de questions. Il faut reconnaitre qu'avec la technologie actuelle, ce genre d'expédition est bien moins hasardeuse qu'elle ne l'aurait été il y a quelques années. Je me demande s'ils n'ont pas diné à l'Excelsior : leur admiration bien que discrète lorsque nous avons fait le tour de la place Thiers pouvant le laisser supposer !

Peut-être que si notre séjour à Paris avait été prévu moins bref, nous aurions eu l'occasion de les y revoir ! Nous nous sommes excusés, ils n'ont pas insisté !

Dawei et Xiaolei ont inscrit leurs noms et signé la page de garde de "Orages d'Acier" acheté à l'ossuaire…


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